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Voir la version complète : Le prix Nobel Joseph Stiglitz pessimiste sur les choix des pays industrialisés face à la crise


nacer-eddine06
26/10/2011, 00h05
WASHINGTON - Le Prix Nobel d’économie 2001 Joseph Stiglitz s’est dit "pessimiste" sur les orientations prises par les pays industrialisés pour faire face à leurs déséquilibres financiers, à savoir des politiques d’austérité, car elles font courir le risque d’un "suicide économique et social au niveau mondial".

M. Stiglitz s’exprimait lors d’un débat organisé par la Commission économique et financière et le Conseil économique et social (ECOSOC) de l’ONU sur la situation économique mondiale et de la crise de la dette souveraine.

Dans son analyse, M. Stiglitz, qui est également professeur responsable du programme d’études en affaires internationales à l’Université Columbia (New York), a expliqué que la crise actuelle, sur fond d’interdépendance entre les pays du monde entier, est une continuité de la crise immobilière qui a démarré en 2007 aux Etats-unis et a été "exportée au reste du monde" pour revenir aux Etats-Unis.

Selon le lauréat du prix Nobel 2001, "nous faisons face aujourd’hui à un enchevêtrement de crises différentes et qui vont en s’aggravant, car les décisions prises par différents pays ne sont pas les bonnes sur le long terme".

En l’occurrence, M. Stiglitz a critiqué la réponse apportée à la crise, qui s’est faite par des politiques monétaires, qui n’apportent en réalité pas de remèdes aux maux de l’économie réelle concernant la dégradation du marché de l’emploi et la hausse des inégalités sociales et des revenus.

C’est, concrètement, la politique de taux d’intérêts faibles aux Etats-Unis et le renflouement sans conditions du secteur bancaire, sans remettre en cause le modèle de consommation.

En Europe, a-t-il poursuivi, "on a cru trouver une réponse à la crise de la dette souveraine en imposant des politiques d’austérité". L’idée d’un retour à une économie saine par l’éradication de la dette souveraine est une fausse piste, a prévenu M. Stiglitz, ajoutant qu’à l’heure actuelle, réduire les déficits ne fera au contraire qu’affaiblir l’économie, en citant le cas de l’Espagne.

Dans ce contexte, l’économiste a plaidé pour l’adoption de politiques centrées sur le retour à l’emploi au niveau mondial, ce qui passe par une augmentation des déficits. "Si nous nous lançons dans l’austérité, les problèmes vont s’aggraver", a-t-il mis en garde.

Abordant la zone euro et la crise actuelle de la dette souveraine, M. Stiglitz a estimé que "l’euro est un système monétaire qui pose problème, en raison notamment de l’absence de taux de change en interne, créant un manque de flexibilité important, et d’une politique monétaire historiquement centrée sur le contrôle de l’inflation, un objectif qui remonte aux années 1970 et n’est plus adapté aux priorités de notre décennie".

Lors de son intervention, il a exprimé un point de vue pessimiste à plusieurs reprises concernant l’orientation que prend l’économie mondiale. Il a, ainsi, estimé que les gouvernements s’attellent à régler d’autres questions purement politiques au travers de la crise, et qu’en l’occurrence nombreux sont ceux qui en profitent pour réduire les dépenses publiques.

M. Stiglitz s’est aussi dit inquiet que les problèmes de fond viendraient à s’aggraver si aucune mesure n’est prise à travers le monde. "La seule solution, dans un monde aussi interdépendant que le nôtre, est donc d’oeuvrer à une concertation économique à un niveau supranational, qui aille plus loin que des institutions comme le G-20, qui ne sont pas assez représentatives’’, a-t-il affirmé.

Dans ce sens, il a plaidé pour une coordination des politiques économiques au niveau mondial pour pouvoir sortir durablement de la crise. Il a, alors, préconisé qu’une forme de Conseil économique mondial semble la seule option possible pour mettre en oeuvre des orientations saines et de long terme pour l’ensemble de la planète : "c’est une idée extrêmement difficile à mettre en place, mais qu’un manque de coordination serait encore pire".

Il a aussi souligné l’urgence de repenser l’architecture économique mondiale et a suggéré des pistes de réflexion au niveau des Nations Unies, qui offrent une meilleure représentativité à tous les pays. Toutefois, a-t-il ajouté, il faudra plutôt disposer d’un petit groupe pour pouvoir discuter efficacement de ces questions complexes, à condition qu’il soit représentatif.

Il a aussi fait remarquer que si les pays les moins avancés (PMA) doivent s’aider eux-mêmes pour se restructurer, ce genre de réforme de fond n’est pas possible sans une ouverture réelle au commerce international et sans une volonté politique de la part des Etats-Unis et de l’Europe, qui doivent ouvrir et libéraliser leurs marchés à ces pays.
aps

Gandhi
26/10/2011, 10h01
Des replâtrages peuvent être fait et ça peut se calmer pendant quelques un petit temps.

Stiglitz ne fera pas mieux que ces replâtrages. C'est un économiste du système, il participe à la construction du seul projet décidé par les élites, celui de la pyramide de la domination et de la soumission. Ce qu'il propose n'est rien d'autre que d'autres outils à utiliser pour construire le nouvelle étage de la pyramide.

En fait, la question sera soit résolue de manière réellement démocratique (pas la démocratie à laquelle ils nous ont habitué jusqu'ici ) ou soit ne sera jamais.

De manière réellement démocratique, elle a beaucoup plus de chance d’être résolue pacifiquement et intelligemment.

Mais si c'est la pseudo-démocratie actuelle, alors elle ne sera résolue qu'avec la guerre, la misère et la mort.

Gandhi
26/10/2011, 10h05
Alain Minc n'étant qu'un pseudo-démocrate, conseillé privilégié dans la nouvelle civilisation, nous le dit dans la vidéo suivante : http://www.algerie-dz.com/forums/showthread.php?t=201126

Il exclu le recourt à la démocratie réelle. Elle est l'ennemie de son idéologie.

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