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Voir la version complète : UE:«Un accord trop court, peu détaillé, plein d'effets d'annonce»


nacer-eddine06
27/10/2011, 11h17
Recueilli par DOMINIQUE ALBERTINI


Le compromis européen trouvé hier soir représente-t-il une réponse efficace à la crise? Pour l'économiste Alexandre Delaigue (professeur à Saint-Cyr Coëtquidan, co-animateur du blog Econoclaste), les chefs d'Etats et de gouvernement n'ont fait que «gagner du temps».



L'accord obtenu hier soir est-il la réponse-choc attendue, ou est-il encore insuffisant pour mettre un terme à la crise des dettes?

Réponse B: c'est un accord trop court, pas assez détaillé, plein d'effets d'annonce. Par exemple, pour la réduction de la dette grecque détenue par les banques, les 50% annoncés nécessitent encore des négociations avec celles-ci. De même, pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et ses 1000 milliards, reste à savoir comment on va atteindre cette somme. Enfin, le rôle de la Banque centrale européenne n'est toujours pas pris en compte.

S'ils sont insuffisants, ces résultats n'en représentent-ils pas moins une vraie avancée par rapport aux sommets précédents?

Une négociation, c'est l'art du possible. Comme dans les 14 derniers sommets, on a repoussé un peu la canette dans le caniveau, en attendant que quelque chose se passe. On a simplement gagné du temps. Il est vrai qu'une absence d'accord aurait été bien pire.

Gagné du temps avant quoi?

Avant des choix très grands et difficiles pour l'Europe, de nature institutionnelle. Va-t-on se diriger vers une véritable structure fédérale démocratique, ou aller vers un délitement plus ou moins rapide?

Revenons sur les mesures annoncées. 50% de réduction de la dette grecque détenue par les banques, c'est le bon chiffre?

Déjà faut-il que les banques acceptent de subir une perte de cette ampleur. L'International swaps and derivatives association (ISDA) va devoir décider si cette coupe représente ou non un défaut de paiement de la part de la Grèce. [Dans l'affirmative, cela déclencherait les CDS, assurances anti-défaut, avec des effets désastreux sur les marchés, ndlr.] C'est peu probable, car l'ISDA a tendance à être plutôt coulante. Par contre, il est possible qu'une agence de notation considère cette solution comme un défaut.

Et l'indispensable renforcement du FESF, n'y sommes-nous pas – grâce, notamment, à la participation des pays émergents, dont la Chine?

Ca ne coûte rien de se dire que quelques pays émergents achèteront des titres du FESF. Mais ce sont des annonces. En pratique, il n'est pas certain qu'ils le fassent. Il faudrait pour cela que la capacité d'endettement du FESF soit solidement garantie par les Etats. Hors, elle ne peut pas l'être, car plus le FESF emprunte, plus les Etats devront garantir, alors qu'ils sont en situation précaire. D'ailleurs, il est inquiétant de remarquer que la note du FESF est exactement corrélée à celle de la France. Preuve que notre pays est le dernier domino avant la débâcle générale.

Faut-il craindre de voir un jour une grande partie de la dette européenne détenue par la Chine, à l'image de la dette américaine?

La dépendance entre la Chine et l'Europe, comme entre la Chine et les Etats-Unis, serait de toute façon réciproque. Car, en cas de défaut européen, ce seraient les épargnants chinois qui en subiraient les conséquences. De la même façon que c'est pour protéger l'un de ses principaux marchés à l'exportation que la Chine vient aujourd'hui en aide à l'Europe.

Aurait-il été indispensable de permettre à la BCE de faire tourner la planche à billet pour renflouer les Etats?

Le problème de fonds est très simple: ce sont les traités, qui lui interdisent d'être prêteur en dernier ressort pour les Etats. Pourtant, une annonce en ce sens résoudrait le cas grec. Il suffirait à la BCE de dire: Je ne laisserai pas les taux sur les dettes des grands pays européens s'élever de manière inconsidérée. Alors le problème serait réglé avant même que la BCE ait eu besoin d'agir. Mais les traités ne le permettent pas. De plus, les décisions à la BCE sont prises par un conseil dont une bonne partie des membres sont persuadés que son rôle n'est pas d'être ce préteur en dernier ressort.

L'Europe a-t-elle encore les moyens de ses ambitions?

Non, et le problème est que l'on se cherche des expédients pour cacher ce fait. Et si vous annoncez d'énormes moyens sans pouvoir assurer ensuite, le remède peut être pire que le mal. C'est comme si vous arriviez dans un bar pour arrêter une bagarre avec un pistolet, et quand vous appuyez sur la gachette, c'est un petit drapeau qui sort...

Finalement, quel aurait été l'accord idéal?

Il n'y a pas d'accord idéal. Tous les jours, des dizaines d'articles prétendent expliquer comment sauver la zone euro, en se contredisant les uns les autres. On peut imaginer plein de solutions virtuelles: que demain l'UE et l'eurozone se transforment en Etats-Unis avec un Etat central démocratique, des Etats locaux sans souveraineté et une BCE calquée sur la Banque centrale européenne.

Mais la question n'est pas de savoir où on veut aller, mais comment on y va, dans un environnement contraint par des logiques de souveraineté divergentes. Chaque dirigeant veut que le système n'explose pas, mais aussi que ce ne soit pas son pays qui subissent les principales contraintes. Il faut trouver un nouveau mécanisme institutionnel. L'idéal serait un système dans lequel les Etats s'engagent de manière crédible à ne pas être surendettés, et où la BCE s'engage de manière crédible à être prêteur en dernier ressort.

Gandhi
27/10/2011, 12h20
Il est claire que les capacités (marges de manœuvres) de la France sont complétement diminuées et même inexistantes.

Et c'est la cas de la plupart des pays européens. En dehors de la France et de l'Allemagne, la majorité des pays européens sont incapables d'assurer qui que ce soit. La France en est aujourd'hui aussi incapable.

Les dirigeants politiques sont des loosers. Ils sont entre le marteau (les financiers et agences de notations) et l'enclume, càd le peuple qui ne supportera pas la misère qui s'annonce pendant au moins une décennie et même plus. C'est le déclin.

La Libye, le monde musulman et leurs réservoirs de pétrole et de dollars ne changeront rien à la donne. Les milliards que peuvent engranger les entreprises multinationales françaises là-bas ne viendront jamais dans les poches des états !

L'état chinois représente pour les financiers du monde (la bourgeoisie mondiale) l'un des derniers remparts, avec certains pays insoumis comme l'Iran, le Venezuela, et d'autres états à forte intervention dans l'économie, y compris un peu l'Algérie, ... etc.

Ils voudront à tout prix impliquer d'une manière ou d'une autre la Chine dans le jeu pour la faire tomber dans le piège mondialiste. L'Europe et la soit disant crise est le piège.

Gandhi
27/10/2011, 13h47
Les dirigeants politiques sont des loosers.

Je suis trop indulgent quand même. En vérité, ce sont des gros corrompus et des vendus. Pour la plupart, c'est des agents du mondialisme.


càd le peuple qui ne supportera pas la misère qui s'annonce pendant au moins une décennie et même plus.

Cet énoncé sonne trop optimiste puisqu'il y a en arrière plan une supposition qui frôle, tout même, le rêve; elle pose comme postulat l'existence de l'état tel qu'on le connait. Or, d'ici quelques mois et quelques années, ils braderont tous les services publiques, à voir ce que vont advenir les retraites ? les prestations sociales existeront t-elle encore ? l'assurance maladie vivra t-elle ? Que vont devenir les chômeurs sans prestations et allocations (des terroristes, des gangs) ? Que deviendront l’école, les universités et la recherche ? Que deviendra la police et la sécurité ? Privatiseront t-ils jusqu'à l'armée et la police ? Vendront t-ils tous les espaces au plus offrants ?

Beaucoup de choses me laissent penser que les états, à cause de leur dette impossible à rembourser, iront jusqu'à obliger les peuples à l'esclavage au sens propre du terme. Les gens mourront de fatigue, de maladies et d'épuisement comme c'était la cas il y a quelques siècles, et comme c'est le cas encore dans beaucoup d'endroits du monde. Chose qui ne sera pas acceptée par les peuples, c'est pour ça que mon nez me dit qu'ils opteront plutôt pour la guerre comme en 14-18 et 39-45.

L'Europe et la soit disant crise est le piège.

On peut aisément remplacer dans cette phrase Europe par France, plus précisément par Sarko & co.

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