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Voir la version complète : et si l'Algérie se lançait dans une politique d'auto-suffisance alimentaire?


mouwatan
29/10/2011, 18h48
ce serait un assurance-vie pour l'Algérie et si l'initiative venait de l'Algérie, en qualité de propriétaire légitime et inaliénable des terres, d'offrir un partenariat pour une agriculture performante, en abandonnant définitivement les tabous du genre "el syada el watania", cette souveraineté nationale qui a quitté le pays depuis que nous importons de la pomme de terre et des tomates et surtout depuis que chaque hausse des prix - à l'internationale - du sucre, de l'huile et du blé risque de transformer notre bled en un immense brasier...??

sous la forme d’une « location » à moyen et/ou long terme de terres arables à un État-Partenaire stratégique, pour une production agricole et un élevage qualitatifs et quantitatifs.
En vue, bien sûr, et dans une première phase, de passer progressivement à une auto-suffisance alimentaire.
Et dans une seconde phase, de passer à l'exportation; et là, il est permis de penser au marché des agrumes, des céréales, des fruits exotiques et autres produits dérivés. Tout est dans le choix du partenaire, de ses ambitions, de son agressivité sur le marché mondial etc.
Un partenariat gagnant-gagnant est largement envisageable.

En effet, l’Algérie aurait tout à gagner en optant pour un partenariat stratégique, surtout si, à fortiori, cet État-Partenaire est membre du Conseil de Sécurité, avec droit de véto: ce serait un judicieux placement sur le long terme, pour ne pas dire UNE ASSURANCE-VIE pour l’Algérie.
Parce que, dans une telle constellation, celui qui « touchera » à l’Algérie, touchera à la sécurité alimentaire de cet État-Partenaire.
il suffit juste de signaler que 2 Chinois sur 3 sont agriculteurs, soit près d’1 Milliard d’agriculteurs qui s’échinent, chaque jour que Dieu fait, à nourrir 1,4 Milliards de personnes. Le défi est immense et il y arrivent quand même!!

je pense qu’il y a vraiment matière à entreprendre, dès à présent, une sérieuse réflexion sur ce sujet.
car, sans se voiler la face, il faut bien admettre que notre agriculture, quoi que puissent avancer les officiels gouvernementaux, est, globalement, sinistrée depuis pratiquement des décennies.
il faut également admettre que dans les pays avancés en matière d'agriculture, des rendements, inimaginables chez nous, y sont réalisés, an après an… ce qui représente, vu sous notre angle, un immense manque à gagner, an après an. nous en sommes réduits à pratiquement tout importer, ce qui est à la limite immoral

il est clair qu'un tel projet doit être pensé et mûri avec toute la minutie nécessitée par une telle entreprise, aussi bien au niveau État à État, qu’au niveau privé à privé car les potentialités sont immenses, pour peu que les lignes directrices soient clairement définies, comme par exemple :

- l’intérêt primordial de l’Algérie pour assurer la nourriture de qualité - entre autres, sans OGM - des Algériens d'aujourd'hui et de demain
- la réhabilitation des immenses terres abandonnées depuis belle lurette afin d'y récolter des produits de qualité, destinés au marché local, à celui du partenaire et, pourquoi pas à l'exportation
- la création de nouveaux espaces agricoles, vu l'immense gisement que recèle notre pays, compte tenu que les terres arables représentent seulement 3,2% de la superficie de l’Algérie. Autrement dit, seulement 8 Millions d’hectares sur les 250 du pays dont 80% sont en zone désertique.
- la nature structurante de cette entreprise, comme le développement et même la création de nouvelles ressources hydriques, les emplois directs et indirects, le conditionnement et la transformation des produits agricoles aux normes internationales, les immenses espaces de conservation à la hauteur des rendements et bien sûr les emplois dans tous les secteurs concernés.
- la mise à niveau graduelle des agriculteurs algériens, pour peu qu'ils soient formés, sur le terrain, par le partenaire et les amener à des niveaux de rendements plus profitables.
- et surtout pour casser, enfin, cette spirale inflationniste, basée sur l’informel et la spéculation, qui se répercute sur les pauvres bourses.

ce sera également le point final à cette politique de subvention qui a ruiné notre économie - PNDA, effacement de la dette dans le secteur agricole, moult fois concédée - pour les résultats que l'on connait trop bien

il serait intéressant de connaître l’opinion des uns et des autres

Galaad
29/10/2011, 19h01
Il vaut mieux travailler avec les voisins et les pays d'Afrique. La Chine n'est pas entièrement digne de confiance. Que peut faire l'Algérie face à un géant pareil en cas de problèmes ?

Les Maliens par exemple qui ont de l'eau (fleuve Niger) nous "supplient" de venir investir dans le secteur de l’agriculture, le Soudan aussi. Ils sont prêts à accorder les facilités nécessaires et il n'y a pas que ces deux pays.

mouwatan
29/10/2011, 20h09
il est vrai que l'Algérie s'évertue à réussir cette auto-suffisance alimentaire, depuis 1962, mais hélas, en vain
bien sûr qu'il serait souhaitable que la coopération Afrique-Afrique devienne réalité, mais, encore une fois hélas - à part le Rwanda, qui exploite 45% de ses terres par une population constituée à 90% d'agriculteurs - le savoir-faire et le transfert de technologie en agriculture sont à chercher ailleurs.

l'Algérie a bien "importé" des Chinois pour des projets liés au développement des infrastructures du pays, notamment pour le transfert d'eau, sur 750km de In Salah vers Tamanrasset, et c'est réussi.

le complexe relatif à la main d'oeuvre importée s'est quelque peu banalisé, ce qui peut être interprété selon la fameuse formule du verre à moitié plein ou à moitié vide, comme une bonne ou mauvaise chose.

mais une chose reste est sûre et certaine: les Chinois sont des bosseurs.

appliquée dans le domaine de l'agriculture, pour peu que les accords soient solides, garantis et favorables aux 2 parties, une coopération voire un partenariat stratégique pourraient déboucher sur une embellie très profitable.

les faits étant là et bien établis, il faut reconnaitre que l'Algérie, pour tenter de combler son retard et freiner l'hémorragie des dépenses alimentaires, doit ACQUÉRIR ET MAITRISER LA PERFORMANCE. l'ère des tâtonnements est révolu.

le pétrole et ses rentes ne nous resteront pas éternellement et le temps nous est compté

arazigh
29/10/2011, 21h33
les faits étant là et bien établis, il faut reconnaitre que l'Algérie, pour tenter de combler son retard et freiner l'hémorragie des dépenses alimentaires, doit ACQUÉRIR ET MAITRISER LA PERFORMANCE. l'ère des tâtonnements est révolu.
Il me semble que des techniciens algero-marocans ont parlé récemment de ce problème, transcendant ainsi la question des frontières.
L' Algerie a les moyens financers et humains. Le Maroc, l'expérience.
Certains essaient d'en faire une histoire de "dignité". Je pense que c'est dérisoire.

snake78
29/10/2011, 21h41
mais une chose reste est sûre et certaine: les Chinois sont des bosseurs.


POurquoi ne pas remettre les algeriens au travail au lieu de toujours importer de la main d'oeuvre etrangere ?
Arretez l'assistanat qui a habitué les gens a considerer que tout leur est du et tout le monde se mettra au travail pour vivre.

mouwatan
29/10/2011, 22h04
@ snake 78: ce serait tellement beau, de remettre les Algériens au travail.
@ arazigh: où est-ce que cette réflexion bute? du coté algérien ou du coté marocain. c'est bien dommage que cette fierté mal placée s'en mêle

les intérêts des peuples devraient prévaloir

jawzia
30/10/2011, 11h56
sous la forme d’une « location » à moyen et/ou long terme de terres arables à un État-Partenaire stratégique,Quelques pays, donnent à des opérateurs étrangers l'accès aux terres agricoles. Mais un pays qui sollicite un autre pays ... je n'en connais pas !
nous importons de la pomme de terre et des tomatesAucune importation de pomme de terre depuis plusieurs années et depuis belle lurette pour la tomate.
il faut bien admettre que notre agriculture, quoi que puissent avancer les officiels gouvernementaux, est, globalement, sinistrée depuis pratiquement des décennies.Pas si sinistrée que cela du moment qu'elle produit 70% des besoins nationaux !
cet État-Partenaire est membre du Conseil de Sécurité, avec droit de véto: ce serait un judicieux placement sur le long terme, pour ne pas dire UNE ASSURANCE-VIE pour l’Algérie.Dis moi que tu plaisantes !!!

Pour ce qui est de l'exportation, il ne suffit pas de produire (certaines filières agricoles étant excédentaires) mais maitriser les exigences de la chaine d'exportation. Et c'est là que le partenariat (que vous évoquez) devient intéressant.

Aloha
30/10/2011, 12h25
L'Algérie produit mais pas assez pour exporter ... elle essaye de nourrir son peuple d'abord !

Il est clair aussi qu'il y des clowns qui ont détruit de vastes terres arables ... (plaine de la Mitidja, ...) c'est tout construit ... un gâchis que seuls des décérébrés sans instinct de conservation (probablement sans le savoir) ont réalisé ... ne savent-ils pas qu'un sol est fragile et qu'il est à la base de questions humanitaires graves qui secouent un bon nombre de pays (somalie, ...et bien d'autre encore ...)

Personnellement je ne crois plus aux dirigeants ... Il appartient maintenant aux citoyens de prendre la parole et s'indignent ...

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