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Voir la version complète : Qatar project : entre regain de dynamisme et désillusion


zek
01/11/2011, 07h57
Du 2 au 5 mai s’est tenu le Salon Qatar Project à Doha. Compte-rendu de notre correspondant dépêché sur place.

Depuis que le Qatar a remporté l’organisation du Mondial 2022, les yeux des entreprises étrangères sont rivés sur le petit territoire du Golfe qui prévoit d’investir plus de 100 milliards de dollars dans le développement de son pays et dans la construction de stades.

A cette occasion, le salon Qatar Project qui a lieu chaque année a battu des records de participations lors de cette édition 2011, en comptant plus de 1200 exposants. Parmi ces derniers, on pouvait rencontrer les plus grands groupes qataris.

Lorsque l’on s’entretient avec les entreprises locales, on comprend rapidement que bon nombre de projets ont été mis en sommeil après la crise de 2008. La situation actuelle est toujours difficile mais toutes sont unanimes sur une reprise d’ici un an. La raison à cela est que les projets liés à la coupe du monde de football sont en cours de conception et que les premiers appels d’offres devraient être lancés dans 6 mois, voire un an.

Les projets d’infrastructure ont déjà été entamés et devraient tous être terminé dans 3 à 5 ans. Les principaux projets d’infrastructure prévus sont : la construction d’une ligne de métro et de trame (démarrage de la construction dans un an), développement du réseau routier, création d’un nouveau port (démarrage des travaux dans 2 mois par une société chinoise et fin des travaux prévue dans 24 mois), création d’une nouvelle centrale de traitement des eaux, mise en place du tout-à-l’égout, nouvelle centrale de désalinisation), élargissement de l’aéroport (construction d’un nouveau terminal, livraison prévue dans deux ans).

Les projets immobiliers ne sont pas en reste : certaines chaînes hôtelières ont déjà livré de nouveaux établissements. D’autres projets verront le jour dans 3 à 5 ans. Outre les 3 grands centres commerciaux déjà existant dans Doha, trois autres verront le jour à court terme.

Le visiteur du Qatar project fait rapidement un constat : le marché de la construction est complètement saturé et monopolisé par l’entourage de la famille royale et par la famille souveraine elle-même, présidé par Cheikh Al Thani.

Ces groupes familiaux possèdent de nombreuses entreprises qui couvrent les marchés de la construction, de la fabrication en passant par la distribution ; elles sont de surcroît spécialisées dans un grand nombre de secteurs d’activité, telle que la décoration d’intérieur, la santé, le matériel de construction, la logistique, le matériel informatique, les biens de consommations, le textile, etc.

Le but recherché de ces grandes familles est de pouvoir investir dans un projet immobilier et de faire appel à leurs propres entreprises pour réaliser le projet.

De fait, une rude concurrence est perceptible entre les grandes familles régnantes qui finalement se partagent les projets bien avant le lancement des appels d’offres ou le lancement officiel.

Les grandes entreprises étrangères ont compris le fonctionnement en signant des partenariats avec ces familles pour remporter indirectement les grands projets, ou en se faisant distribuer par elles, par le biais de contrat d’agent ou de distributeur.

Le Qatar sera, à n’en pas douter, un moteur économique incontournable dans la région ces prochaines années. Cependant, seules les entreprises étrangères qui parviendront rapidement à placer leurs pions, pourront se partager une part du gâteau.

Nicolas Desvaux de Marigny
source L'Orientale.

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