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Voir la version complète : Le Developpement Algerien, 40 ans apres, toujours au pied du mur.


Alforza
29/05/2006, 05h38
La croissance dans ce pays est artificielle elle est tirée des exportations des hydrocarbures. La fiscalité pétrolière est la ressource principale du budget de l’Etat ". L’Algérie est peut être le seul pays mono-exportateur de pétrole a avoir une dépendance pareille.


Une dépendance dangereuse, d’autant plus que même si le secteur est le premier à bénéficier de cette croissance, il n’en demeure pas moins qu’avec l’ouverture du secteur des hydrocarbures aux multinationales, le poids de la Sonatrach, lorsqu’il y aura à entrer dans des partages (30 pour la Sonatrach et 70 pour les partenaires étrangers) pour définir une stratégie de pompage des ressources en hydrocarbures. Sans y répondre, Sonatrach a t-elle la capacite pour continuer à définir une stratégie en fonction des intérêts du pays producteur qu’est l’Algérie, ou est-ce que de plus en plus, les compagnies étrangères développeraient des stratégies pétrolières en fonction des intérêts des pays consommateurs notamment les Etats Unies d’Amérique. Atteignant aujourd’hui près de 46 milliards de dollars de recettes, les hydrocarbures représentent désormais plus de 45% du PIB. Et c’est là où réside tout le problème. Le secteur des hydrocarbures voit sa croissance, exploser à plus de 39% " mais son fleuron, Sonatrach doit se résoudre à partager les revenus correspondants avec les concurrents étrangers prospectant et produisant dans le Sahara ". Cette année, 4 à 5 milliards de dollars sont transférés hors d’Algérie par ces compagnies et la tendance devrait s’accélérer avec l’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Un transfert de bénéfices qui n’est pas sans incidences sur l’économie nationale. Hamid Ait-Amara, économiste, enseignant chercheur à l’Université d’Alger, estime que " les profits exportés peuvent à terme menacer l’équilibre des comptes extérieurs ". Il citera à ce sujet un rapport 2005 de l’ONU sur les investissements directs étrangers (IDE) qui met en garde en indiquant que " les entrées de capitaux peuvent procurer des avantages, mais l’ampleur des sorties ultérieures des bénéfices dégagés par l’investissement peut être considérable ". Dans bien des pays, fait remarquer M. Ait Amara, l’ampleur des transferts de profits dépasse l’entrée des capitaux au point même où l’IDE a remplacé la dette. D’où l’intérêt des pays comme l’Algérie, recommande-t-il, " de sélectionner les IDE qu’ils souhaitent recevoir, d’en mesurer les effets attendus, de déterminer les critères de choix de ces investissements". Trois secteurs profitent conjoncturellement de la croissance pétrolière, souligne M. Goumeziane.

En dehors des hydrocarbures, note l’ancien ministre du gouvernement Hamrouche, le secteur du BTP et de transports est le deuxième à bénéficier de cette croissance, avec des niveaux d’importations importantes de biens d’équipements. Or ce développement du BTP notamment se fait, selon ses dires au détriment de la surface agricole, puisque note-il, " la surface agricole a été réduite de moitié depuis l’indépendance. De 0,75 hectares par habitant, on est aujourd’hui à moins de 0,3% par habitant. Les programmes de BTP notamment ceux du logement sont en train de rogner cette surface agricole. La logique du béton et de l’immobilier risque de l’emporter sur la logique agricole ". Et face à un pays qui peine à assurer une sécurité alimentaire puisque, relève t-il, " la facture alimentaire s’est élevée cette année à 3,6 milliards de dollars ", l’Algérie développe aujourd’hui et par la grâce de la rente pétrolière, un modèle de développement " par des infrastructures industrialisantes

L’Algérie, traditionnellement terre d’émigration, deviendra ainsi, prévoit M. Goumeziane, un pays d’immigration et on accueillera de plus en plus de travailleurs étrangers à faible qualification professionnelle et à faible rémunération mais on perdra de plus en plus de cadres et chercheurs algériens. L’inflation que les chiffres officiels situent au deçà de 3%, il suffit, indique l’économiste, " d’aller dans le détail du panier de la ménagère et demander à celle-ci ce qu’elle pense des prix des produits alimentaires, de celui des transports, et plus encore du prix du logement pour avoir une idée plus précise de l’inflation subie par nos concitoyens/

Le modèle de spécialisation primaire sectorielle de l’économie nationale, impose à celle-ci de marcher, et pour longtemps encore, sur un seul pied, celui des hydrocarbures ". Le modèle induit par ailleurs un processus de " production/substitution ", autrement dit un processus progressif de remplacement de la production nationale par les importations. En conclusion, le chercheur estime qu’il est aujourd’hui urgent " d’engager, au niveau national et international, une réflexion sur ce que peut être une croissance algérienne porteuse de développement. Pour cela, il préconise de " partir de plusieurs constats, s’ouvrir sans complexe aux expériences et succès obtenus de par le monde, tracer les lignes forces d’une stratégie de développement alternative et la soumettre au débat libre et public dans le pays ".

El watan

zek
29/05/2006, 08h13
C'est vrai qu'il n'y avait pas le feu, ces 4 ou 5 milliards de dollars, auraient dû être garder en tant que réserve stratégique dans notre sol, et Sonatrach avec le libéralisme aurait pu exploiter elle même ces ressources, je crois que sur ce coup là on s'est beaucoup précipité. Faut faire comme la Chine qui a stropper ou freiner certains IDE dans des secteurs particulier, il faut freiner les investissements des compagnies étrangéres dans le secteur pétrolier.

Avucic
29/05/2006, 08h42
De créer une Banque de Développement SÉRIEUSE qui mettre à la disposition des algérieux SÉRIEUX de lancer des entreprises:
-dans le domaine de l'Agriculture et toutes les industries connexes (machines, transformation...)
-dans la recherche
-dans l'industrie légère
-le bâtiment
-la Chimie

Surtout éviter de prêter de l'ARGENT
- pour faire du commerce d'IMPORTATION
- du commerce tout court.

L'ALgérie possède le CAPITAL (qui manque cruellement à d'autres pays
Et surtout elle possède un CAPITAL HUMAIN bien formé.

Ce qui manque, c'est soit le MANQUE de volonté POLITIQUE, soit que les dirigeants "ne veulent pas inconsciemment" que le PAYS avance.

zek
29/05/2006, 09h12
Le recul industriel a atteint, chez nous, un seuil critique. La part de la production industrielle dans la valeur ajoutée totale (PIB) a été divisée par trois entre 1983 (18,2%) et 2005 (6,7%). Elle est au tiers de celle de la Tunisie (17,4%) ou du Maroc (18,2%). Si l’on admet que les ressources en hydrocarbures ont une fin, le développement industriel apparaît incontournable pour créer de nouvelles richesses et des emplois.

Parfaitement, il y a un probléme en Algérie, il est plus facile d'importer que de monter une usine, à cause d'une administration publique défaillante. La meilleure preuve c'est de faire une comparaison avec nos voisins sur le plan industriel, on est loin du compte.

Pihman
29/05/2006, 21h16
ALFORZA

" les entrées de capitaux peuvent procurer des avantages, mais l’ampleur des sorties ultérieures des bénéfices dégagés par l’investissement peut être considérable ".

Mais les sorties de bénéfices ne sont qu'une partie des richesses CREEES et n'aurait pas existée s'il n'y avait pas eu d'IDE. En plus dans le même temps, l'Etat à pris sa part, et les salariés aussi.

On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

Ce qu'il faut faire par contre c'est de vérifier , si les bénéfices réalisé ne se font pas au détriment de ressources non comptabilisées, notamment l'environnement.

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