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Voir la version complète : Le salaire minimum en Algérie est plus faible par rapport aux pays voisins


Thirga.ounevdhou
29/05/2006, 10h39
La politique nationale des revenus est a revoir, notament en terme de productivité....
Et pourquoi la productivité n'est pas tenue en compte dans l'elaboration des salaires?

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Le Salaire national minimum garanti (SNMG) algérien demeure, indique Mustapha Mékidèche, économiste et vice-président du Conseil national économique et social, faible comparativement aux pays voisins, en l’occurrence la Tunisie et le Maroc.

M. Mékidèche a indiqué à Liberté que “le volume de la productivité au Maroc et en Tunisie n’est pas assez élevé par rapport à l’Algérie”, en affirmant : “On ne peut afficher un taux de croissance important et laisser le niveau des salaires très bas.” Pour Mustapha Mékidèche, “l’économie nationale a enregistré une croissance réelle hors hydrocarbures”. Il a déclaré, par ailleurs, que “l’on doit d’abord trancher la question du relèvement du SNMG en précisant si cette hausse inclut les différentes primes perçues par les travailleurs ou ne les inclut pas”.

Et pour cause, la dernière revalorisation du SNMG initiée en 2003 n’a pas eu un effet important sur les salaires des travailleurs. L’augmentation en question a suscité beaucoup de remous sur le front social.

Concernant les salaires des travailleurs du secteur public économique, il a soutenu que “les salaires de ce secteur doivent être déterminés en fonction de la valeur ajoutée de chaque branche d’activité”. Et d’ajouter : “Il y a beaucoup d’entreprises publiques économiques qui sont actuellement en difficulté financière.” Ce qui nécessite, a-t-il expliqué, une étude approfondie de leur situation avant d’accélérer leur processus de restructuration car “elles souffrent, notamment d’un problème structurel”.

En évoquant les salaires de la Fonction publique, il a plaidé en faveur de la réalisation d’études comparatives avec les pays voisins pour mieux cerner cette question. Le vice-président du Cnes reste favorable au maintien des postes d’emploi au niveau des entreprises publiques privatisables.
Il a estimé que “la hausse des salaires ne pourra influer sur les grands équilibres macro-économiques du pays, notamment l’inflation”. M. Mékidèche a relevé que “la hausse de 30% des importations algériennes n’a pas eu d’incidence sur le taux d’inflation”. Autrement dit, la hausse des salaires n’aura pas d’effet négatif sur l’inflation.

Pour d’autres experts, la politique des salaires en Algérie n’est pas liée à la productivité. Elle est dictée plutôt par des impératifs beaucoup plus politiques.

Quant à la position officielle, la réticence affichée par le gouvernement algérien quant à l’augmentation des salaires est liée essentiellement au risque pesant sur les équilibres macroéconomiques et à la santé financière des entreprises publiques. Elle est de ce fait attentive aux recommandations du FMI.
Pour les experts du Fonds monétaire international (FMI), “les autorités sont d’accord avec le fait qu’il est nécessaire de limiter toute augmentation des salaires réels au taux de croissance réel du PIB hors hydrocarbures afin de préserver la compétitivité, alors que l’économie de l’Algérie s’ouvre vers l’extérieur”. Ils ont relevé, dans un rapport sur l’Algérie élaboré en mars dernier, qu’“en dépit des coûts de main-d’œuvre absolus peu élevés de l’Algérie, les entreprises ne jouissent pas d’un avantage en matière de coût en raison de la faible productivité de la main-d’œuvre”, en ajoutant : “Le salaire brut en Algérie correspond à environ 40% du salaire brut de certains pays comme la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovénie et est légèrement supérieur à celui de la Chine.”

Ces experts ont relevé que “le PIB par heure ne correspond qu’à environ 25% de celui des pays nommés plus haut”. Ils ont estimé qu’“il est important que les futures augmentations de salaires soient accompagnées d’une hausse de la productivité”. Le FMI soutient, par ailleurs, que les autorités auront besoin de réduire les coûts de main-d’œuvre en réduisant les taxes et prélèvements obligatoires sur la main-d’œuvre, tout en poursuivant des réformes structurelles qui permettront de diminuer les autres coûts liés à la pratique des affaires en Algérie.

- Liberté

nassim
30/05/2006, 00h13
“On ne peut afficher un taux de croissance important et laisser le niveau des salaires très bas.”
Je ne partage pas l'analyse de Mékidèche. C'est bien beau de verser dans le populisme et dire qu'on doit à tout prix augmenter les salaires, mais si l'on veut construire un pays moderne à économie solide, on doit suivre les règles de l'économie de moderne. L'augmentation des salaires doit être liée à la hausse de la productivité. La croissance économique de l'Algérie, qui est d'ailleurs plus faible qu'elle ne devrait l'être -elle devrait dépasser les 7%-, n'est pas un facteur suffisant pour augmenter les salaires.

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