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Voir la version complète : L'aéronautique doit compter avec Abu Dhabi


zek
13/11/2011, 09h05
Gros acheteurs d'appareils, les Émirats arabes unis développent une filière industrielle.

Ce sera l'événement du salon aéronautique de Dubaï qui ouvre ses portes dimanche pour quatre jours. Quest Helicopter, filiale du fonds émiratien Quest Invest, doit dévoiler ce samedi un projet d'hélicoptère civil. L'engin dont le nom de code est «Projet Q», sera développé à partir d'une technologie ukrainienne et mobilisera également des ressources en ingénierie britannique et émiratienne. Il sera assemblé aux Émirats arabes unis (EAU). Et, assurent ses promoteurs, il répondra aux standards de certification européens, émiratiens et ukrainiens. Quest Helicopter promet une mise en service fin 2013.

Le «Projet Q» est le tout premier programme aéronautique lancé par les EAU, et plus largement par un pays arabe. Pour plusieurs exposants occidentaux, l'édition 2011 du salon de Dubaï marque le passage à une «ère nouvelle» dans cette région du monde. Après l'éclatement de la bulle immobilière de Dubaï et la bourrasque du printemps arabe, tout a changé. «On observe un retour à une certaine sagesse dans les investissements et à la nécessité de bien préparer l'après-pétrole en industrialisant le pays», développe un bon connaisseur du Moyen-Orient. Dans la région, Abu Dhabi joue un rôle de locomotive. La capitale des EAU prend le virage des technologies et parmi elles, de l'aéronautique. L'avion reste un symbole puissant et un outil de souveraineté.

Pour l'heure, l'ambition aéronautique du pays se concentre sur les hélicoptères et la sous-traitance. «Leur objectif de devenir fournisseur de tout premier rang des grands avionneurs, pas un concurrent», assure un expert. À cet effet, Mubadala, le fonds souverain des EAU, a signé un accord de partenariat mondial avec EADS en 2008 dans la foulée d'une commande de Etihad Airways, la compagnie d'Abu Dhabi, pour 55 Airbus. Cet accord s'est concrétisé par la création de Strata, une usine de pièces de fuselage en composite, la première du genre dans le Golfe, à al-Ain, la deuxième plus grande ville de l'Emirat. Strata livre Airbus depuis un an et participe ainsi à la fabrication du futur long-courrier A 350 XWB.
Un marché clé

Mubadala a fait d'EADS son partenaire privilégié pour bâtir «un hub aéronautique» - il a également démarré une activité de maintenance - mais non exclusif. D'autres accords ont été passés avec Boeing et Finmeccanica via l'autrichien FACC, sous-traitant commun aux groupes américain et italien.

«EADS accompagne ce mouvement d'industrialisation qui se développe au gré des off-sets (NDLR : contreparties locales) négociés dans le cadre des contrats commerciaux», explique-t-on au sein du groupe. Airbus, tout comme Boeing, doivent s'engager sur un retour industriel rentable dans le pays. L'accès à ce marché est important pour les deux avionneurs. Les compagnies du Golfe, et Emirates en tête (90 A 380 commandés dont 12 livrés) sont les premières clientes du superjumbo européen avec un total de 110 commandes sur les 236 cumulés par l'appareil à ce jour.

Le Moyen-Orient figure parmi les régions les plus dynamiques du monde: les compagnies locales devraient commander 2520 nouveaux appareils entre 2011 et 2030, pour une valeur de 450 milliards de dollars, selon Boeing. Le salon de Dubaï sera l'occasion pour les compagnies d'annoncer de nouvelles commandes. Airbus anticipe entre 50 et 100 nouveaux contrats.

Véronique Guillermard
Le Figaro

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