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Voir la version complète : L'Allemagne va-t-elle euthanasier l'Europe ?


gdesmon
13/11/2011, 09h32
Source Atlantico Jean-Luc Schaffhauser

Les Allemands ont-ils fait un hold-up sur la zone Euro avec leur modèle du tout à l'export ? La France n'aurait peut-être pas tant à envier au modèle économique allemand.

Quelle est la différence entre une jeune fille et l’Allemagne ? Une jeune fille ne restera pas toujours une jeune fille, mais l’Allemagne restera l’Allemagne, un peuple reste un peuple.

Je suis Alsacien, Germain et Français. Cette appartenance me permet de dire : si la France continue de suivre l’Allemagne, en voulant ainsi sauver l’Europe, nous porterons la lourde responsabilité de la fin du projet européen. Il revient à la France, avec l’appui de l’Espagne et l’Italie, et d’autres pays de l’Europe du Sud, de contenir l'Allemagne. A défaut, l’Europe n’aura aucune chance de survie.

Nous sommes, en effet, en train d’aller vers une Europe allemande, c’est-à-dire vers plus d’Europe du tout !

Le refus de tout achat direct de la dette ou le refus statutaire de la monétisation par la BCE, voulu par l’Allemagne, est suicidaire pour l’Europe, car ils ne tient pas compte du contexte mondial de guerre monétaire et de la pratique des autres Banques centrales.

L’Europe ne peut enfin aboutir à une dictature au nom de l’impératif économique, lui-même résultat de la guerre économique imposée par un libéralisme libertaire devenu fou. L’Europe, c’est la main tendue d’une famille, ça ne peut être le bras tendu d’une Nation sur les autres.
Le modèle économique allemand est un passager clandestin à l'export

Le modèle économique allemand n’est pas viable pour l’Europe, car il est un modèle de passager clandestin à l’export : les excédents allemands dans les pays européens font les déficits européens. Si toute l’Europe pratiquait ce modèle, en diminuant sa consommation intérieure pour augmenter son exportation vers ses voisins européens, l’Europe aurait une croissance encore plus faible, alors qu’elle a déjà une croissance faible, plus faible que les autres pays de l’OCDE, en raison notamment de cette politique de la fausse locomotive allemande. L’Allemagne serait d’ailleurs la première à en souffrir. Elle ne ferait plus d’excédents commerciaux en Europe et serait confronté à ses déficits face aux pays émergents.

Le modèle allemand du tout à l’export est récent. Il a changé en quinze ans, d’une moyenne européenne autour de 25 à 30% à l’export, il dépasse désormais largement 40%. Mais l'Allemagne fait 85% de ses excédents commerciaux en Europe ; nos déficits, à commencer, par celui colossal de la France, font ses excédents. L’Allemagne fait deux fois moins d’excédents commerciaux aux États-Unis qu'en France (près de 14 milliards pour les États-Unis pour un peu plus de 27 milliards en France), ce qui est quand même étrange pour un compétiteur qui se prétend global. Enfin, l'Allemagne enregistre 19 milliards de déficit commercial avec la Chine en 2009, soit un niveau proche du déficit français avec les Chinois, plafonnant à 22 milliards.
Le modèle salarial et social allemand est surestimé

Si l’Allemagne est si compétitive, c’est parce qu’elle a su maintenir une croissance de ses salaires en dessous de ses gains de compétitivité, par une politique de déflation salariale, même si cette tendance tend, aujourd’hui, à s’infléchir. L’Allemagne achète en Europe centrale et en Chine plus de productions intermédiaires qu’elle assemble sur son sol, sous des marques de qualité ; elle est ainsi compétitive, mais en Europe uniquement et particulièrement dans la zone Euro.

L’Allemagne, contrairement aux idées reçues sur les 35 heures, ne travaille pas plus que la France. Une étude fouillée de Natixis ’’Flash Economie 401’’ montre que la durée moyenne du travail y est de 1 390 heures, alors qu’elle est de 1 554 heures en France. Par ailleurs, si on prend une base 100 en 1995 pour l’emploi industriel, l’Allemagne perd, comme tous les pays occidentaux et la France, ses emplois industriels face aux pays émergents. Elle part certes d’un niveau plus élevé, mais sa dégradation de l’emploi industriel suit les mêmes tendances.

Face au chômage et aux nouveaux défis de la mondialisation, sous un chancelier socialiste, le peuple allemand sut faire corps pour survivre face aux émergents, mais contre les autres pays européens, sans doute sans le vouloir vraiment. En effet, le Germain sait faire corps face à l’adversité, alors que le Gaulois et le Latin se divisent toujours selon leurs intérêts individualistes. César en faisait déjà la remarque ! Mais cette unité germanique, qui fait sa force et sa compétitivité, l’empêche quand même de tenir face aux émergents : ceci doit nous servir de leçon et de réflexion pour tous ceux qui refusent un protectionnisme rétablissant la concurrence européenne face aux émergents… l’Allemagne est déficitaire par rapport à la Chine, et si son modèle à l’export veut subsister, il doit se faire par des excédents en Europe et dans les pays occidentaux.
Le modèle économique allemand a bénéficié d'une fiscalité favorable et de la monnaie unique

En pure théorie économique libérale, et compte tenu des manipulations monétaires de la Chine, l’Europe serait en droit de mettre 70% de taxe douanière sur tous les produits chinois. Ces 70% correspondent à la différence du PIB nominal avec le PIB en parité de pouvoir d’achat, et ceci sans tenir compte de la différence de salaires et de charges sociales. Mais l’Europe ne pratique pas la réciprocité des droits de douane que pratique la Chine, par pure idéologie ou religion libérale ! Si on veut comprendre le modèle allemand de passager clandestin européen, il faut se situer dans ce contexte d'une mondialisation de la concurrence inique.

Un chiffre doit cependant nous faire réfléchir dans le débat interne européen : près de 8 points de PIB pèsent en moins sur les entreprises allemandes que sur les entreprises françaises ; les impôts allemands pèsent beaucoup plus sur les ménages que sur les entreprises ; le Danemark a également pratiqué une telle politique avec succès et sans déflation salariale. L’Allemagne a certes pu pratiquer cette politique de limitation de la consommation par une démographie faible, car un peuple vieillissant consomme moins, mais à terme, la compétitivité des entreprises dans un cadre mondial reste un facteur capital.

Cependant, c’est grâce à l’Euro que cette politique allemande put prendre toute son ampleur. Sans l’Euro, les pays du Sud n’auraient pu s’endetter aussi facilement pour consommer allemand. Enfin, l’Euro empêche les dévaluations compétitives, et sans la monnaie unique, le pseudo-compétiteur global n’aurait pu faire ses excédents en Europe pour combler ses déficits vers les pays émergents. Les pays du Sud auraient dévalué, et l’expansion allemande aurait été contenue par sa monnaie forte.

zek
13/11/2011, 10h04
On a oublié qu'au début un mark égale un franc et qu'il a fini à 3.50 franc. :mrgreen:

mohoo
13/11/2011, 10h59
Le franc Français valait plus le double que le franc Suisse vers la fin des années 197O.
Il a fini par un Franc Suisse pour 4,50 francs Français avant l'intoduction de l'euro.

gdesmon
13/11/2011, 12h39
Vous êtes obsédés par la monnaie forte, peut être parce que vous vivez dans un pays ou la monnaie est "trop" faible.
La monnaie forte est aujourd'hui pour nombre de pays un "problème" cf Japon, USA, Europe, Chine, Suisse...

overclocker
13/11/2011, 13h38
les journalistes français commencent à préparer la faillite de la France :):)


en attaquant l'un des pays qui s'en sort bien et son modèle économique aussi.

même la qualité allemande est mise en doute :lol::lol:


si les produits français ne sont pas compétitifs, c'est pas la faute aux autres tout de même.

Absent
13/11/2011, 14h16
La force d'une monnaie ne se mesure pas aux nombres d'unités monétaires qu'elle peut acheter mais à deux facteurs:
- Stabilité
- Solidité de la garantie qu'elle propose (or avant et maintenant la force de l'économie)

Mounir.
13/11/2011, 18h45
ptit journaleurx qui commence son article debile par je suis alsacien germain machin za3ma j ai des origines allemandes 9diima cette methode, c pas a cause de l economie allemande que l economie francaise souffre donc cherche toi autre chose , sache mr le journaleux que l allemagne est la premiere puissance economique en union europeene et en europe grace du boulot du boulot de la qualité et du savoir faire, le blabla c est pour les francais ,et c est tout a fait normal qu elle impose son model , c est a prendre ou a laisser et crois moi la majorité du peuple allemand ne veulent plus de cette union vivement le retour du deutsche Mark .

GLP
13/11/2011, 20h03
l'Allemagne enregistre 19 milliards de déficit commercial avec la Chine en 2009, soit un niveau proche du déficit français avec les Chinois, plafonnant à 22 milliards. Et alors?! on oublie (ou on passe sous silence) qu'il était 24m$ deux ans plutôt, en 5 mois de 2007 (Janvier à Mai) le déficit européen avec la chine a augment%u

absent
13/11/2011, 20h44
il est évident que seuls l'Allemagne et quelques pays tels que la Grèce l’Irlande, l'Espagne ont réellement tiré profit de la zone Euro ces dernières années. à défaut d’être compétitive sur le marché mondial l'Allemagne s'est contenté du marché européen, dopé par des dettes à coûts faibles grace à la croissance allemande, mais maintenant que ces pays sont en faillite ou du moins ils ont plus les moyens d'acheter allemand, on va voir quelle sera la réaction des allemands ...

Sioux foughali
13/11/2011, 20h56
ce journaliste exagere et deforme

Comme Alsacien il a pas dû trop resté en Alsace et voir ce qui se passait de l'autre côté , ne serait ce qu'à Stutgart


L'Allemagne exporte notamment en raison de l'ingeniosité industrielle des PME et cette ingeniosité industrielle provient des modes d'acces à l'ingeniorat et aux savoirs et metiers techniciens

Il y a pas que la voie des grandes ecoles genre Arts et Metiers acccessibles par le Bac le plus dur et le plsu lourd ( 40 h) puis par math sup puis maths spé

En un mot , l'Allemagne, moins conservatrice où on a pas attendu le 3° millenaire comme dans d'autres pays pour faire les equivalences, les formations , generaliser les ingenieurs maisons ....du coup elle a liberé l'innovation et les talents en generalisant la diversifaction des acces ..le pari du goût personnel et de l'intelligence. Ce faisant elle ne pouvait voir les meilleurs intrinsequement lui echapper si je puis dire. Un secteur qui veut des passionnés

resultat : déjà en 1920 Allemagne etait industrialisée , elle n'a cessé de l'être et a formé des dirigeants ingenieurs de PME qui ont fait l'innovation
Le systeme allemand a d'ailleurs sauvé l'avenir , les perspectives de quelques français germanophones qui ne pouvaient pas devenir Ingenieurs en France car barrés pour les grandes ecoles

Le pays où des trentenaires retournent à l'ecole , université dans des branches sciences et techniques ..c'est l'Allemagne aussi

Aujourd'hui l'Allemagne est aussi denommée ''l'usine des Usines'' de Chine, d'Inde, de Turquie , du Bresil et d'ailleurs etc etc. Leader de l' Ingénierie industrielle
Rien que pour l'ingenierie :
Quand l'Inde ou la Turquie produit plus, connaît un boum, le secteur de l'ingénierie allemande fait des bonds

Sans parler de ce que l'Allemagne produit directement .

La France qui reste un pays puissant s'est handicapée par trop de cadenassages ....un malthusianisme et un elitisme inapproprié qui lui revient dans la face d''ailleurs tant au plan industriel qu'au plan medical

Evidemment si ça peut consoler ce journaliste , la France fait mieux que l'Irlande , le Portugal, l'Algerie, la Moldavie ou le Chili ou le kirgizistan

gdesmon
14/11/2011, 13h24
Marianne par Gilbert Casasus - La Tribune | Lundi 14 Novembre 2011 à 05:01 |

En s'appuyant sur la baisse de 4,2% que le salaire moyen des Allemands aurait subi depuis une décennie, le journal Spiegel du 9 novembre dernier s'interrogeait sur la réussite économique du pays. Une exception au sein du paysage médiatique germanique qui s'acharne depuis des mois sur l'Europe du Sud, remarque Gilbert Casasus.

C’est le genre de nouvelles que l’on découvre au hasard d’une lecture des journaux Internet. Rien qui ne fasse absolument la une de l’actualité, d’autant que l’on aimerait passer sous silence une telle information. Sur son site du 9 novembre dernier, le Spiegel n’hésite pas en effet pas à déclarer que : « Les Allemands peuvent se payer de moins en moins des choses ».

Sous la plume du journaliste David Böckling, « Spiegel online » se réfère à une étude du très sérieux et réputé « Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung » (L’Institut allemand de recherche économique), selon laquelle le salaire moyen des Allemands aurait baissé de 4,2% au cours de la dernière décennie.

Présentée par Böckling comme « la face cachée » du succès économique allemand, cette baisse des revenus est de fait beaucoup plus structurelle que conjoncturelle. Phénomène enregistré sur le moyen et long terme, elle concerne presque tous les salariés, à l’exception des plus dotés d’entre eux. Alors que les personnes gagnant l’équivalent de 1290 euros en l’an 2000 auraient perdu 242 € de revenu mensuel dix ans plus tard, celles qui touchaient 5368 € en 2000 se félicitent d’une augmentation de 113 € en 2010. Cette inégalité salariale n’est d’ailleurs pas prête à s’arrêter, les performances de la florissante économie de la RFA n’étant pas destinées à accroître le pouvoir d’achat de ses habitants.

Ayant subi de 2000 à 2010 une perte moyenne de 93 € par mois de leur salaire, les Allemands ne peuvent guère espérer une amélioration de leurs revenus. Car, et on a peine à le lire : « Le patronat s’est montré trop avare et les employés trop modestes ». C’est là une explication pseudo morale qui ne convainc personne, à l’exception de quelques naïfs qui lui accorderaient encore une quelconque crédibilité. Les raisons de cette évolution sont bien plus profondes et tiennent en priorité à la politique économique allemande. Celle-ci a concentré tous ses efforts sur le commerce extérieur et plus spécialement sur les exportations de produits made in Germany dont un grand nombre de composantes n’a d’ailleurs de germanique que le nom. Par conséquent, les différents gouvernements ont volontairement négligé la consommation intérieure qui, en comparaison avec celle d’autres voisins européens, demeure trop faible en RFA pour assurer le maintien d’un taux de croissance fort. Celui-ci vient en outre d’être révisé à la baisse : de 3% pour l’année 2011, il devrait retombé à 0,9% en 2012, suivant ainsi la tendance enregistrée au sein de l’Europe et, plus spécialement, à l’intérieur de la zone euro.

Critique à souhait, le journaliste du Spiegel ne craint pas de terminer son article par cette réflexion qui devrait inspirer plus d’un de ses lecteurs. A contre-courant d’une pensée unique qui monte l’Allemagne au pinacle de la réussite économique, David Böckling pointe du doigt « la faible consommation intérieure allemande qui est l’une des raisons pour lesquelles l’Europe est confrontée à de grands déséquilibres économiques », avant de conclure que « autrement dit : si les Allemands avaient acheté un peu plus de produits en provenance des autres pays, la Grèce, le Portugal et Co. seraient dans une situation au moins meilleure qu’ils ne le sont aujourd’hui ».

Cet article constitue une exception au sein du paysage médiatique allemand qui depuis plusieurs mois s’est véritablement acharné sur le sort de l’Europe du sud. Mais plus encore, il a le courage de s’interroger sur un modèle économique que trop d’Européens, et plus particulièrement trop de Français, regardent avec des yeux de Chimène. Bien que leader incontesté de l’économie européenne, la RFA ne doit pas nécessairement servir d’exemple. Un pays qui volontairement baisse ses salaires, et notamment ceux de ses ressortissants les plus défavorisés, ne mérite pas les égards qu’on lui prête encore trop facilement. De plus, il ne montre pas la ligne à suivre au sein d’une Union européenne qui se conforme trop souvent à son modèle. Car qu’on le veuille ou non, si l’Europe veut redevenir ce qu’elle était, à savoir un espace de progrès et de réussite, elle devra renouer aussi avec « l’économie sociale de marché ». Naguère portée et défendue par une République fédérale chrétienne- ou social-démocrate, elle fut d’abord répudiée par Gerhard Schröder et, aujourd’hui plus que jamais, par la chancelière Angela Merkel qui a même oublié ses fondements philosophiques et politiques. En effet, qui baisse les salaires, créent les inégalités. Et qui créent les inégalités met également l’Europe et l’euro en péril.

Gilbert Casasus est professeur en études européennes à l'Université de Fribourg (Suisse).

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