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Voir la version complète : Les compagnies africaines veulent reconquérir leur ciel


oujdi
31/05/2006, 11h09
Les dirigeants des compagnies aériennes et des institutions régionales africaines ont exprimé mardi à Tunis leur volonté de reconquérir le marché du ciel africain, aujourd'hui très largement dominé par l'Europe.

"Il est inconcevable aujourd'hui de devoir transiter par l'Europe pour voyager dans un pays voisin", a déploré le secrétaire général de l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), Christian Folly-Kossi.

Soulignant l'insuffisance des dessertes "à travers le continent", M. Folly-Kossi a appelé les compagnies africaines "à s'entendre pour former des alliances pouvant couvrir le continent", lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion sur le transport aérien organisée par l'Union africaine (UA), la Banque africaine de développement (BAD) et l'AFRAA.

Selon l'AFRAA, 42 compagnies membres de cette association ont transporté 36 millions de passagers en 2004 en Afrique, contre 72 millions en direction de pays africains pour les compagnies européennes (Air France/KLM, British Airways, Alitalia, Iberia, Lufthansa, SN Brussels et Swiss).

Les difficultés de création d'un réseau intra-africain et le recours au financement ont été au centre des préoccupations de la vingtaine de compagnies qui ont participé à la réunion.

Elles ont déploré notamment "une infrastructure inadéquate", une "rareté des ressources de financement privé", "une flotte vieillissante et peu sûre", ainsi que la faiblesse du trafic touristique entre les pays africains.

M. Folly-Kossi a fait état de désaccords entre les compagnies et la BAD sur le financement. "Nous avons poussé la BAD à ses limites, a-t-il dit, mais il faut reconnaître que les priorités de cette banque ne se focalisent pas sur nos préoccupations".

Le communiqué final de la réunion souligne la nécessité de "développer au niveau de la BAD une stratégie novatrice de financement du transport aérien africain".




La BAD, appelée à augmenter ses financements en faveur du transport aérien africain, a simplement affirmé avoir "pris note des besoins exprimés". "Une grande réorganisation est en train de s'opérer à la BAD pour essayer de rattraper l'énorme retard dans l'infrastructure africaine", a déclaré un représentant de la BAD, André Rakotobe.


Les participants ont appelé à la multiplication des accords commerciaux et des alliances bilatérales et multilatérales entre les compagnies africaines pour permettre "le maillage du réseau africain".

Le développement d'une "stratégie commune pour les négociations avec les pays tiers, incluant l'Union européenne", a été aussi recommandée dans le communiqué final publié à l'issue de la réunion.

Une "Agence d'exécution" de la Déclaration de Yamoussoukro (Côte d'Ivoire) de 1988 sur une nouvelle politique aéronautique africaine doit être mise en place d'ici la fin de l'année et un plan d'action a été adopté pour l'application de cette "feuille de route".

Les participants ont plaidé pour la création d'un fonds alimenté par les redevances aéronautiques pour financer des infrastructures et ont demandé aux pays africains producteurs du pétrole d'accorder des tarifs préférentiels aux compagnies des pays de l'UA.

Pour "éviter la multiplication" des compagnies sur le continent, la réunion de Tunis "propose aux gouvernements des pays n'ayant pas de compagnie aérienne de prendre des participations dans d'autres compagnies" et appelle à promouvoir la création de compagnies régionales.

Les participants ont enfin mis en cause la sécurité, M. Folly-Kossi estimant que seulement dix compagnies en Afrique sont "dignes de ce nom" (cinq au Nord, deux à l'Est, deux en Afrique australe et une à l'Ouest).
AFP

zek
31/05/2006, 12h11
Sur les 92 compagnies aériennes interdites de voler dans l'UE, selon la liste publiée mercredi par Bruxelles, 85 sont africaines.
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP25116lalisaarfae0

Ca va paraître trés difficile, vu les moyens financiers et techniques, à moins d'avoir le cash, pour faire réviser les avions en Asie ou au Maroc, dans des centres de maintenances aux normes. Leur aviation est à l'image de leur économie, elle a du mal à décoller.

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