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Voir la version complète : Les nouveaux pétrodollars restent dans le monde arabe


Stanislas
30/09/2004, 15h24
L'actuelle flambée des prix pétroliers a gonflé les avoirs des pays producteurs, en particulier de l'Arabie saoudite et des pays du Golfe persique. Mais à l'inverse de ce qui s'était passé lors des précédents chocs marqués par le boom des pétrodollars, cette nouvelle vague de liquidités est investie sur place, en Europe et au Japon, plutôt qu'aux Etats-Unis.
L'envolée des prix de l'immobilier à Dubaï, où rien n'est trop beau ou trop cher, la formidable grimpée des indices des Bourses d'Arabie saoudite, du Qatar, des Emirats arabes unis et d'Egypte, ainsi que les taux de croissance exponentiels du PIB, ont multiplié les opportunités de placement dans la région. Les réformes économiques visant à libéraliser la vie des affaires, une meilleure transparence des structures économiques, la réduction progressive du rôle de l'Etat via les privatisations et des barrières douanières permettent d'absorber l'argent fraîchement acquis.
"A l'exception de l'Irak, le Proche-Orient est aujourd'hui inondé de liquidités. L'assurance, l'immobilier, le transport aérien, l'automobile et la banque profitent de ce retour au pays" : à écouter Arif Naqvi, directeur général de la banque Abraaj, le montant des fonds rapatriés, surtout, des Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001 se situerait entre 10 et 15 milliards de dollars. En ces temps de lutte contre le blanchiment à New York, Londres ou Paris, les centres financiers locaux, en particulier Dubaï et Beyrouth, ne s'interrogent guère sur la provenance des fonds. Enfin, les banques islamiques, en plein essor, tirent avantage de cet engouement.

Selon les experts de la City, ces nouveaux mouvements financiers en cours auraient contribué à l'affaiblissement du dollar face aux autres monnaies, en particulier l'euro.

Les cours du pétrole sont libellés en dollars, monnaie de référence de toute la chaîne de production, raffinage et distribution. Cependant, la monnaie unique européenne est l'une des principales bénéficiaires de la réorientation des mouvements de capitaux arabes. La zone euro est le premier acheteur de pétrole du Moyen-Orient, près de la moitié des exportations des pays du Golfe étant absorbées par les Quinze. C'est pourquoi l'Iran et l'Arabie saoudite "jouent" également l'euro, dans un souci de diversification de leur matelas de devises. Par ailleurs, les organismes d'investissement public du Koweït ou d'Abou Dhabi multiplient les prises de participation dans des compagnies du Vieux Continent, cotées comme privées.

Au Japon, la reprise économique attire également les pétrofunds. En revanche, le sterling et le franc suisse, monnaies refuges traditionnelles des émirs, sont pénalisées.

PAS D'EXODE DE MASSE

Certes, les possesseurs de capitaux arabes à la recherche d'un placement sûr continuent d'investir aux Etats-Unis, pays dont ils sont convaincus qu'il restera longtemps encore le bastion de la libre entreprise et dont la stabilité politique paraît assurée à long terme. Les milliardaires saoudiens, à commencer par le prince entrepreneur Al-Walid, assurent conserver leurs avoirs outre-Atlantique.

Mais sur un plan purement financier, institutions et grosses fortunes arabes se détournent du marché américain des actions, déprimé depuis la fin de la bulle technologique, au profit des bons du Trésor et de l'immobilier, placements à long terme. Alors que dans les années 1970, les investissements avaient soutenu le billet vert, les bas taux d'intérêt de nos jours handicapent le dollar.

Sur le plan politique, les détenteurs arabes de fonds ont l'impression d'être "diabolisés" par l'administration Bush. Cette méfiance a été accentuée par les attaques des milieux néoconservateurs contre les pétro-monarchies depuis la destruction du World Trade Center, et notamment aux appels à geler les fonds déposés dans les banques des Etats-Unis. Cependant, contrairement aux affirmations controversées, à l'été 2002, d'un chercheur au Council of Foreign Relations, Youssef Ibrahim, il ne s'agit pas d'un exode de masse.

S'il est difficile à évaluer, le volume des fonds rapatriés ou réinvestis en Europe et en Asie est jugé "substantiel" par les spécialistes

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3210,36-381179,0.html


@ Pour lés modérateurs : j'ai mis le texte en entier car les articles sur certains journaux aprés 24 ou 48 h deviennent des archives et donc payants

:redface: désolé pour la pollution du forum

zek
02/10/2004, 23h19
Je ne comprends pas ces monarchies arabes qui soutiennent la machine de guerre américaine et leurs intérêts expansionniste en rachetant leurs dettes matérialisées par les bons du trésor

Le montant des fonds rapatriés, surtout, des Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001 se situerait entre 10 et 15 milliards de dollars comme le dit Marc Roche dans le journal le monde

Mais cette somme est insignifiante par rapport au 900 milliards de $ investi en occident. Et comme le dit Yasser Hawary les Etats-Unis se cherchent des vassaux, pas des alliés.
Alors vous les Arabes continuez d’entretenir la bête !


Les vraies visées de l’Amérique
Les Etats-Unis n’ont pas pour objectif ultime, dans le monde arabo-musulmans, de se faire de véritable alliés, dont elle soutiendrait le développement économique, le progrès social et l’épanouissement démocratique. L’Amérique s’emploie plutôt à affaiblir et à vassaliser les pays arabes. En les dressant les uns contre les autres (comme en témoigne le double jeu américain tout au long de la guerre Irak-Iran) Ou en cassant durablement tout Etat susceptible de s’ériger en pôle militaro-industriel régional.

En dernière analyse, d’hier à demain, Washington poursuit invariablement les deux ambitions ingénument révélées par le président Roosevelt, i y a plus d’un demi-siècle, contrôler le pétrole, qui demeure le fondement de la puissance et assurer la domination d’Israël.
Yasser Hawary
Source Arabies Avril 2003

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