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Voir la version complète : L’étau européen se resserre sur l’Iran


nacer-eddine06
23/01/2012, 16h50
Richard Werly, Bruxelles
Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept prévoient de durcir les sanctions contre Téhéran, au moment où les attentats contre des scientifiques iraniens se multiplient, et où des rumeurs de frappes préventives contre les installations atomiques du pays perdurent

L’Union européenne ne veut plus être taxée de laxisme face à l’Iran et aux menaces que constitue son programme nucléaire. Réunis ce lundi à Bruxelles, les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept doivent discuter d’un nouveau train de sanctions éco*nomiques sans précédent, incluant un éventuel embargo pétrolier.

L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) basée à Vienne a jugé que le dossier iranien était, «de loin», sa première priorité pour 2012, au moment où les attentats contre des scientifiques iraniens se multiplient, et où des rumeurs de frappes préventives contre les installations atomiques du pays perdurent.

Selon des sources diplomatiques, le durcissement des sanctions, assuré d’accroître les tensions avec Téhéran, devrait être assorti d’un délai de transition jusqu’à début juillet, le temps d’honorer les contrats de livraison en cours et de laisser la place à une possible reprise des négociations. La Grèce, le pays le plus dépendant vis-à-vis des importations iraniennes d’hydrocarbures – pour lesquelles elle bénéficie de facilités de paiement importantes –, ne devrait pas opposer son veto.

La Banque centrale visée

La haute représentante de l’UE Catherine Ash*ton a répondu le 20 janvier, dans un communiqué, à la proposition de Téhéran de reprendre le dialogue en réitérant les conditions contenues dans sa lettre envoyée fin octobre au secrétaire national du Conseil de sécurité, Saeed Jalili. Celle-ci exigeait de l’Iran, avant tout nouveau pourparler, des actions concrètes pour «rétablir la confiance». La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a renchéri ce week-end en affirmant que les Occidentaux attendaient «des signes de sincérité et de sérieux» alors que les durs du régime iranien font peser la menace d’une paralysie du très stratégique détroit d’Ormuz.

Aujourd’hui, 433 sociétés iraniennes font l’objet de sanctions européennes et 113 responsables du régime, ou membres de leur famille, sont interdits de visa.

Les nouvelles mesures à l’agenda de Bruxelles devraient inclure un gel des avoirs de la Banque centrale iranienne, une interdiction des investissements communautaires dans le secteur pétrochimique, une interdiction de produire des pièces et billets pour l’Iran et de vendre or, métaux précieux ou diamants à la République islamique.
Les experts y voient *surtout la volonté de mettre un maximum de pression sur les intermédiaires internationaux qui continuent de permettre à Téhéran de se financer, et donc de poursuivre son programme d’enrichissement d’uranium.

L’objectif est aussi, pour l’UE et pour les Etats-Unis, d’amener à modifier les positions de la Chine et de la Russie, toujours opposées à une aggravation des sanctions onusiennes décidées en juin 2010 par la résolution 1929 du Conseil de sécurité. Celles-ci portent avant tout sur la prohibition du commerce de matériel nucléaire avec Téhéran, et la mise sous surveillance des individus, sociétés, administrations et unités militaires impliqués dans ce secteur.

Contexte peu favorable

La décision attendue à Bruxelles est importante à titre personnel pour Catherine Ash*ton, dont la capacité à s’imposer sur ce dossier stratégique reste très discutée. Alors que son prédécesseur, Javier Solana, avait réussi à nouer un lien de confiance avec Téhéran, la haute représentante britannique donne l’impression d’être marginalisée, dans un contexte de crise économique et financière peu favorable à une posture communautaire offensive.

A la conférence annuelle sur la sécurité de Munich, les 4 et 5 février, une entrevue pourrait avoir lieu entre Hillary Clinton et le négociateur iranien.

xenon
23/01/2012, 17h45
L'Europe représente 20 % des exportations iraniennes d'hydrocarbures.

Nazim85
23/01/2012, 17h55
L'Europe représente 20 % des exportations iraniennes d'hydrocarbures.
ça sera autant de plus pour les chinois qui doivent déjà se frotter les mains.
L’Europe ne pèse plus rien (ou presque) dans le monde.

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