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Voir la version complète : Les pro-Kadhafi reprennent le contrôle de Bani Walid


nacer-eddine06
23/01/2012, 20h37
Les forces gouvernementales sont décidées à reprendre la ville tombée aux mains des nostalgiques de l'ancien régime.

Des forces du gouvernement libyen sont déjà en route pour Bani Walid, ex-bastion de Kadhafi retombé lundi aux mains de partisans de l'ancien «Guide». Un responsable de Bani Walid, à 170 km au sud de Tripoli, craint un «bain de sang» après la reprise de la ville par des partisans de l'ancien «Guide» libyen. M'barek al-Fotmani a confirmé que le drapeau vert flottait sur la ville pour la première fois depuis sa chute aux mains des révolutionnaires le 17 octobre. La base de la «Brigade du 28-Mai, la plus importante à Bani Walid et la seule qui dépende du ministère de la Défense» selon le responsable, a été attaquée en plein jour. Cinq ex-rebelles, dont le commandant de la brigade, ont été tués et une trentaine ont été blessés.

Un ancien slogan, celui des derniers jours du régime Kadhafi, a retenti lui aussi pour la première fois depuis la victoire finale de Tripoli, en août dernier. «Les assaillants crient Allah, Mouammar, la Libye et c'est tout. La veille, ils avaient distribué des tracts disant: Nous reviendrons bientôt, nous allons mettre les rats dehors», a affirmé M. al-Fotmani. «J'appelle les révolutionnaires de Libye à sauver d'urgence les révolutionnaires de Bani Walid, a-t-il ajouté. Leurs munitions sont bientôt épuisées», a-t-il dit.

D'après lui, les blessés n'ont pas pu être évacués car les ambulances n'ont pas été en mesure de les approcher, «des snipers étant positionnés sur l'école et la mosquée». Selon un membre du Conseil national de transition (CNT), au pouvoir en Libye, les autorités «discutent de la question de Bani Walid.»

Le porte-parole du conseil local de Bani Walid Mahmoud el-Werfelli, a dit craindre «un massacre». «Nous avons demandé l'intervention de l'armée mais le ministère de la Défense et le Conseil national de transition nous ont trahis, ils nous ont laissés entre le marteau et l'enclume. Cela fait deux mois que nous leur demandons de trouver une solution».

L'apparition de poches de résistance longtemps après la fin du régime était l'une des hypothèses envisagées par les spécialistes. Bani Walid, bourgade de quelques dizaines de milliers d'habitants, perdue au milieu du désert, figurait en tête de ce scénario. Le «Guide» avait donné à ses habitants, membres de la tribu Warfalla, de nombreux avantages, et ils lui en étaient reconnaissants.

Cette grande tribu, forte d'un million et demi de membres, avait ensuite fait allégeance au nouveau pouvoir, par pragmatisme. Mais certains parmi eux n'ont sans doute pas digéré le long siège de leur ville par les rebelles d'alors, ni les violences qui avaient entouré sa chute. Ils ont apparemment décidé de se venger, espérant peut-être reprendre la main dans un pays sans armée et doté d'un gouvernement transitoire faible, dont le vice-président a du démissionner lundi après avoir été malmené par des étudiants à Benghazi. L'histoire semble aujourd'hui se répéter: tous les ex-combattants désoeuvrés, et ils sont nombreux, vont trouver là l'occasion de retrouver l'odeur de la poudre et de la vengeance.

Par le Figaro.fr

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