far_solitaire
06/06/2006, 17h11
L'homme de Néandertal, ce lointain cousin
nouvelobs.com
AP | 06.06.06 | 06:03
PARIS (AP) -- L'homme de Néandertal était notre lointain cousin et non notre aïeul direct, bien qu'il ait cohabité avec l'homme moderne en Europe il y a environ 35.000 ans, estiment des chercheurs français qui ont déchiffré la plus vieille séquence d'ADN néandertalien jamais analysée, selon une étude publiée dans la revue "Current Biology" du 6 juin.
http://sciences.nouvelobs.com/photos/20060606.OBS1156.jpg
"Ce sont deux espèces différentes, c'est clair (...) Si jamais il y a eu un peu de métissage, il n'y en a pas de trace dans l'ADN mitochondrial actuel", l'héritage génétique uniquement transmis par la mère, a estimé Catherine Hanni, interrogée par téléphone vendredi par l'Associated Press. Le professeur Hanni dirige l'équipe du laboratoire de Paléogénétique et Evolution moléculaire du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et de l'Ecole normale supérieure de Lyon qui a réalisé ces travaux.
Déjà, depuis 1997, le déchiffrage d'une petite partie de l'information génétique de neuf spécimens de Néandertaliens datant de 42.000 à 29.000 ans avant Jésus-Christ avait permis de constater qu'il ne semblait y avoir "aucun équivalent" aux séquences obtenues pour l'ADN mitochondrial "parmi nos contemporains, qu'ils soient européens, africains, amérindiens ou asiatiques". Ces études montraient donc qu'il n'y a "guère de trace d'un supposé métissage" entre Néandertal et Sapiens.
La présence de l'homme moderne en Europe avant -35.000 ans et la survie de Néandertal après 30.000 av.JC restent sujettes à controverse, mais l'équipe de Catherine Hanni a étudié un échantillon incontestablement antérieur à la cohabitation, afin d'en savoir plus sur la diversité génétique des hommes de Néandertal (-150.000 ans, -30.000 ans environ) et sur les relations qu'ils auraient pu entretenir avec les hommes modernes sur le Vieux continent.
Les scientifiques ont ainsi étudié une séquence d'ADN mitochondrial datant de 100.000 ans, époque à laquelle les Néandertaliens vivaient seuls en Europe, avant tout contact avec l'homme moderne. Ils ont examiné une courte région de 123 nucléotides prélevée sur une molaire d'enfant provenant de la grotte de Scladina, en Belgique, pour la comparer à l'ADN fossile des neuf Néandertaliens et estimer l'impact qu'a eu le contact avec les hommes modernes sur le génome des Néandertaliens.
Cette analyse a confirmé que "du point de vue de leur ADN mitochondrial, les Néandertaliens sont plus proches entre eux qu'ils ne le sont de nous, et ce, indépendamment de leur cohabitation avec l'homme moderne": "ils sont donc bien nos lointains cousins et non nos aïeux directs".
D'autre part, si les séquences néandertaliennes déjà connues se ressemblaient beaucoup, celle de Scladina a montré plus de différences: une partie de la diversité génétique des hommes de Néandertal n'avait donc pas été observée à partir des échantillons plus récents. Les scientifiques en déduisent qu"'il est probable que la chute démographique qui a accompagné les Néandertaliens jusqu'à leur extinction ait contribué à éroder toute une part de leur diversité". "La diversité génétique des Néandertaliens a été sous-estimée", souligne Catherine Hanni. AP
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AP | 06.06.06 | 06:03
PARIS (AP) -- L'homme de Néandertal était notre lointain cousin et non notre aïeul direct, bien qu'il ait cohabité avec l'homme moderne en Europe il y a environ 35.000 ans, estiment des chercheurs français qui ont déchiffré la plus vieille séquence d'ADN néandertalien jamais analysée, selon une étude publiée dans la revue "Current Biology" du 6 juin.
http://sciences.nouvelobs.com/photos/20060606.OBS1156.jpg
"Ce sont deux espèces différentes, c'est clair (...) Si jamais il y a eu un peu de métissage, il n'y en a pas de trace dans l'ADN mitochondrial actuel", l'héritage génétique uniquement transmis par la mère, a estimé Catherine Hanni, interrogée par téléphone vendredi par l'Associated Press. Le professeur Hanni dirige l'équipe du laboratoire de Paléogénétique et Evolution moléculaire du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et de l'Ecole normale supérieure de Lyon qui a réalisé ces travaux.
Déjà, depuis 1997, le déchiffrage d'une petite partie de l'information génétique de neuf spécimens de Néandertaliens datant de 42.000 à 29.000 ans avant Jésus-Christ avait permis de constater qu'il ne semblait y avoir "aucun équivalent" aux séquences obtenues pour l'ADN mitochondrial "parmi nos contemporains, qu'ils soient européens, africains, amérindiens ou asiatiques". Ces études montraient donc qu'il n'y a "guère de trace d'un supposé métissage" entre Néandertal et Sapiens.
La présence de l'homme moderne en Europe avant -35.000 ans et la survie de Néandertal après 30.000 av.JC restent sujettes à controverse, mais l'équipe de Catherine Hanni a étudié un échantillon incontestablement antérieur à la cohabitation, afin d'en savoir plus sur la diversité génétique des hommes de Néandertal (-150.000 ans, -30.000 ans environ) et sur les relations qu'ils auraient pu entretenir avec les hommes modernes sur le Vieux continent.
Les scientifiques ont ainsi étudié une séquence d'ADN mitochondrial datant de 100.000 ans, époque à laquelle les Néandertaliens vivaient seuls en Europe, avant tout contact avec l'homme moderne. Ils ont examiné une courte région de 123 nucléotides prélevée sur une molaire d'enfant provenant de la grotte de Scladina, en Belgique, pour la comparer à l'ADN fossile des neuf Néandertaliens et estimer l'impact qu'a eu le contact avec les hommes modernes sur le génome des Néandertaliens.
Cette analyse a confirmé que "du point de vue de leur ADN mitochondrial, les Néandertaliens sont plus proches entre eux qu'ils ne le sont de nous, et ce, indépendamment de leur cohabitation avec l'homme moderne": "ils sont donc bien nos lointains cousins et non nos aïeux directs".
D'autre part, si les séquences néandertaliennes déjà connues se ressemblaient beaucoup, celle de Scladina a montré plus de différences: une partie de la diversité génétique des hommes de Néandertal n'avait donc pas été observée à partir des échantillons plus récents. Les scientifiques en déduisent qu"'il est probable que la chute démographique qui a accompagné les Néandertaliens jusqu'à leur extinction ait contribué à éroder toute une part de leur diversité". "La diversité génétique des Néandertaliens a été sous-estimée", souligne Catherine Hanni. AP