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Voir la version complète : Le scandale des écoutes britanniques s'étend au Sun


soufiane-oujda
30/01/2012, 19h34
Quatre journalistes du tabloïd de Rupert Murdoch et un policier ont été arrêtés samedi, soupçonnés de corruption.

Après News of the World, l'enquête sur les méthodes de la presse à scandale britannique rattrape le Sun. Le journal dominical News of the World avait été fermé en juillet dernier par son propriétaire, News International, le groupe de Rupert Murdoch, après des révélations sur le piratage de messageries téléphoniques de centaines de personnalités -en particulier celle d'une jeune fille kidnappée et assassinée. Également propriété de l'empire du magnat australien, le Sun, plus gros tirage de la presse anglaise avec 2,8 millions d'exemplaires quotidiens, se retrouve à son tour sur la sellette. Deux journalistes et deux anciens membres de la rédaction ont été interpellés samedi matin et interrogés toute la journée, avant d'être libérés sous caution. Un policier en activité a également été arrêté dans un commissariat londonien.

L'enquête porte sur des soupçons de corruption de policiers en échange d'informations. En marge du scandale des écoutes, elle relève d'une investigation tentaculaire sur les méthodes illégales des tabloïds. Écoutes téléphoniques, piratage d'e-mails et de courrier, chantage, menaces, surveillance de domicile, filatures… ces pratiques font l'objet d'un déballage quotidien devant la commission parlementaire chargée d'instruire le procès de cette presse.

Parallèlement, la police mène diverses enquêtes criminelles qui ont conduit à trente-deux arrestations de journalistes ou responsables du groupe Murdoch. Parmi eux, Rebekah Brooks, ex-directrice générale de News International, remerciée l'été dernier, qui fut auparavant directrice de la rédaction du Sun entre 2003 et 2009, à l'époque des faits qui ont conduit aux arrestations du week-end.

Opération «mains propres»

La police a perquisitionné aux domiciles des journalistes et dans les locaux du Sun. Ce raid résulte de la coopération du groupe avec la police. Depuis l'été dernier, une opération «mains propres» a été lancée au siège de News International -qui possède aussi le Times, le Sunday Times et le
réseau de télévision par satellite Sky-, à Wapping, dans l'est de Londres.

Des armées d'avocats épluchent les e-mails et les dossiers des journalistes à la recherche de toute pratique illicite. «News International fait face à ses erreurs passées et a entrepris des changements fondamentaux dans sa façon de travailler, essentiels pour notre activité», a justifié samedi le directeur général, Tom Mockridge, dans un e-mail à ses salariés.

Ce n'est pas la première fois que le Sun est mis en cause. En novembre, un de ses journalistes avait déjà été arrêté pour corruption de policiers.

L'été dernier, l'acteur Jude Law avait poursuivi le titre, pour avoir été écouté en 2005 et 2006. Il vient de recevoir une indemnité de 130.000 livres (154.000 euros) de News International, ainsi que 36 autres personnalités. L'affaire pourrait s'étendre à d'autres tabloïds. L'acteur Hugh Grant affirme avoir été espionné par le Daily Mail et le Daily Mirror.

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