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Voir la version complète : L'US Navy se renforce dans le détroit d'Ormuz


soufiane-oujda
01/02/2012, 18h09
INFOGRAPHIE - Les principaux acteurs de la région se préparent à une éventuelle confrontation avec l'Iran dans le golfe Persique.

Après quarante et un ans de service et une dernière mission, la guerre en Libye, particulièrement fatigante, il devait prendre sa retraite fin mars et partir à la casse. Mais le Pentagone a subitement décidé de lui donner une nouvelle vie au Moyen-Orient, où les tensions avec l'Iran ne cessent de s'aggraver. À la demande du Centcom, le Centre de commandement stratégique américain, la Navy s'apprête à transformer le Ponce, un vieux bateau de guerre, en une base flottante pour les commandos, destinée à accueillir les hélicoptères et les vedettes rapides utilisées par les Navy Seals, l'élite des forces spéciales de la marine. Le Washington Post croit savoir que le Ponce , une fois désarmé, sera envoyé dans le golfe Persique au début de l'été. Après avoir passé une grande partie de la dernière décennie sur terre, en Irak et en Afghanistan, et avoir capturé Ben Laden au Pakistan, les Navy Seals devraient ainsi renouer avec les missions maritimes et jouer un rôle de premier plan dans cette zone de crise.


Le Ponce n'y resterait d'ailleurs pas longtemps seul. Selon le site Defense News, la Navy a aussi décidé de construire le plus rapidement possible un ou deux nouveaux vaisseaux de guerre AFSB capables de transporter des hélicoptères Dragon des mers et d'agir dans les zones dénuées d'accès terrestre, notamment pour aider au déminage des eaux dans le golfe Persique.

Un plan d'urgence mis au point

Les pays du Golfe - Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Émirats arabes unis et Koweït - ont par ailleurs annoncé cette semaine que leurs forces navales et leurs garde-côtes avaient mis au point un plan d'urgence pour réagir à une éventuelle fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran.

Depuis que Téhéran, pour répondre aux nouvelles sanctions de la communauté internationale, a menacé de fermer cette route stratégique par où transitent 40 % du pétrole mondial, les principaux acteurs de la région se préparent activement à une éventuelle confrontation. Voire à un embrasement de la région, au cas où l'armée israélienne déciderait de lancer des frappes militaires contre les installations nucléaires clandestines iraniennes.

D'abord les États-Unis, avec leur Ve flotte à Bahreïn, leur base militaire à Djibouti et toujours un ou deux porte-avions qui mouillent dans les eaux de la région. Les autorités américaines ont prévenu Téhéran au début du mois qu'ils considéraient la fermeture du détroit d'Ormuz comme une ligne rouge et utiliseraient la force, en cas de besoin, pour le débloquer. Dans leur sillage, la Grande-Bretagne. Mais aussi la France, qui a renforcé sa présence dans la région avec l'implantation d'une base militaire équipée de bateaux de guerre et d'avions de chasse Rafale aux Émirats arabes unis, en 2009.

Différents scénarios

À Paris, comme à Washington et à Londres, les stratèges planchent donc sur les différents scénarios qui pourraient être appliqués dans les semaines ou dans les mois qui viennent à Ormuz. Premier cas, le plus simple: l'Iran pourrait lâcher des mines, la nuit, dans le détroit, comme il l'avait déjà fait en 1986. À l'époque, Paris avait dû escorter pendant deux ans, avec des chasseurs de mines, des frégates et des hélicoptères, les bateaux à pavillon français. Cette menace, affirme un expert, est parfaitement «identifiée» et maîtrisable par les marines occidentales, même si elle n'est «pas exempte de coût politique et économique». Surtout si les engins explosifs sont si nombreux qu'il faut organiser une véritable opération de déminage.

Le deuxième niveau, plus difficile à contrer, verrait l'Iran envoyer des bateaux suicides et tirer des missiles contre les bâtiments internationaux. Mais les responsables et les stratèges militaires redoutent également que l'Iran utilise ses alliés dans la région, notamment le Hamas à Gaza et le Hezbollah libanais, pour déstabiliser, en utilisant notamment des missiles antinavires, la Corne de l'Afrique via le Yémen et le très sensible canal de Suez. «Certes, plus les Iraniens agiront loin de chez eux, plus difficile ce sera pour eux. Mais il faut se préparer à toutes les options», commente un officier français.

figaro

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