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Voir la version complète : L’icône Mandela : en fait-on trop ?


soufiane-oujda
14/02/2012, 20h11
Passons tout de suite sur l'évidence : oui, Nelson Mandela est un grand homme. L'un des plus grands de ce monde. Infatigable combattant pour la dignité des Noirs sud-africains, capable de mettre de côté ses souffrances personnelles au nom de l'intérêt général de la réconciliation.

Mais le culte du héros (inter)national ne vire-t-il pas aujourd'hui à l'excès ?
Âgé de 93 ans, l'homme de retour à Johannesburg est frêle (revoyez cette vidéo avec la chanteuse Zahara) et passe l'essentiel de ses journées à dormir. Il a toutefois reçu la visite ces derniers jours d'une petite délégation venue lui montrer de nouveaux billets de banque.

Le secret a été bien gardé. Trop bien diront des observateurs critiques. Le rand, la monnaie sud-africaine, a ainsi perdu 2% de sa valeur vendredi dernier lorsqu'on a appris qu'une "annonce d'importance nationale" allait être faite le lendemain par le Président, le ministre des Finances, et la gouverneure de la Banque centrale. Qu'y avait-il de si grave pour réunir ce trio un jour de fermeture des marchés financiers ?


L'Afrique du Sud rebaptisée "Mandelaland" ?

Les plus malins ont commencé à faire le rapprochement. Samedi dernier était aussi le vingt-deuxième anniversaire du jour de la libération de Nelson Mandela.

Bien vu. A partir de la fin de l'année, le visage de Nelson Mandela apparaîtra bien sur les nouveaux billets sud-africains. Exit les Big Five (ils resteront tout de même présents au verso) dont les rhinos qui ont pourtant bien besoin de ce soutien en ce moment.

Largement saluée, l'annonce a tout de même fait grincer quelques dents, notamment sur le réseau social Twitter : "on va me détruire pour ce que je vais dire, mais n'est-ce pas trop pour un seul homme ? pourquoi n'y aurait-il pas les visages d'autres fidèles ?" On évoque alors Walter Sisulu, Steve Biko, Beyers Naude, Charlotte Maxeke, Oliver Tambo. On ironise aussi sur l'Afrique du Sud bientôt rebaptisée "Mandelaland".

Les plus cyniques diront que le Président Zuma et l'ANC ont tout intérêt à rappeler le souvenir de Mandela pour cultiver le mythe d'un parti libérateur pourtant soumis de plus en plus aux critiques, notamment de la part des plus pauvres.

Dans le pays, la Mandelamania n'est pas nouvelle. L'homme est encore de ce monde, mais est déjà "muséifié de son vivant". Son ancien cabinet d'avocats, son ancienne cachette à Johannesburg, son école primaire, etc., tout est bon pour créer un lieu touristique.

Dans les magasins, on décline aussi les produits et autres bibelots qui lui font référence. Au début du mois, c'est même la cuisinière de Nelson Mandela qui a fait son apparition pour vendre son livre de recettes. Une mini-série télé sur la vie de "Madiba" (son nom de clan) est aussi en préparation.

L'indispensable devoir d'inventaire

La Fondation Mandela est chargée de limiter les abus, mais survit aussi grâce à cette "marque", la plus connue dans le monde après Coca-Cola grâce à une "image de Nelson Mandela lissée à l’extrême, le métamorphosant en une sorte de héros hollywoodien, sans aspérité ni relief".

Nelson Mandela a pourtant toujours refusé qu'on lui voue un culte : "on me considérait comme un saint. Je ne l’ai jamais été, même si l’on se réfère à la définition terre à terre selon laquelle un saint est un pécheur qui essaie de s’améliorer".

Le tabou qui entoure sa figure empêche (qu'en sera-t-il après sa mort ?) l'indispensable devoir d'inventaire. Un travail, certes douloureux, qui serait pourtant bien utile pour faire avancer l'Afrique du Sud.

En renonçant à la redistribution du capital et des terres, a-t-il sacrifié l'émancipation économique de la majorité des Noirs au profit de leur liberté politique ? La Commission Vérité et Réconciliation était-t-elle réellement la bonne formule pour réconcilier à long terme cette nation supposée "arc-en-ciel" ? A-t-il trop tardé à réagir au fléau du sida qui a ravagé une génération de Sud-Africains ?

le monde

bel-court
14/02/2012, 21h52
Mandela a commis des conneries comme tout le monde, comme celle (il était président) ou il chantait sur les blancs " il faut les tuer".

Slim-K
14/02/2012, 22h02
De l'autre coté, qu'est-ce qui motive cette tentative de destruction de cette immense icône de la lutte antiraciste ?

bel-court
14/02/2012, 22h15
Cette vidéo fait le tour du monde ou Mandela chantait " tue les blancs".

fcOXqFQw2hc

Slim-K
14/02/2012, 22h25
On peut faire dire à un fait anecdotique tout ce qu'on veut quand on le sort de son contexte général.
Plusieurs hymnes nationaux, composés durant des guerres anti-coloniales ou conflits armés, contiennent des passages belliqueux, chauvins et même racistes...

bel-court
14/02/2012, 22h31
Là il ne s'agit pas d'hymne national mais de chanson. Et personne ne cherche à le réduire mais il a commis des erreurs comme tout le monde.

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