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Voir la version complète : Les islamistes déclarent la guerre aux «infidèles» en Somalie


morjane
08/06/2006, 18h41
«Tous les Somaliens doivent défendre les tribunaux islamiques parce qu'il ne s'agit pas de combats entre clans, mais d'une guerre contre les infidèles», appelle mercredi le plus haut dignitaire musulman du pays, Sheikh Nur Barud. George W. Bush, qui soutient les opposants à l’Union des tribunaux islamiques, se dit « inquiet ».

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Chassés de la capitale par les milices des tribunaux islamiques lundi, les combattants de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT) se préparent à défendre le bastion stratégique de Jowhar, 75 km au nord-ouest de Mogadiscio. Aucun combat n'était cependant signalé mercredi près de cette ville, ni dans la capitale somalienne.

Jowhar, où des centaines de miliciens fidèles aux seigneurs de la guerre somaliens consolidaient leurs positions, est contrôlée par Mohamed Dheere, membre de l'Alliance pour le rétablissement de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), qui bénéficie du soutien des Etats-Unis. «Si nous voyons des mouvements parmi les milices islamistes, nous attaquerons», a affirmé Dheere. «Nous n'attendrons pas d'être attaqués», a-t-il ajouté depuis sa base située au sud de Jowhar, à environ trois kilomètres des positions des islamistes. Depuis, Dheere aurait gagné l’Ethiopie pour chercher des renforts.

Lors d'une intervention sur des radios locales somaliennes, Sheikh Nur Barud, le plus haut dignitaire musulman en Somalie, laissait craindre une reprise des affrontements. «Tous les Somaliens doivent défendre les tribunaux islamiques parce qu'il ne s'agit pas de combats entre clans, mais d'une guerre contre les infidèles», a-t-il déclaré. «Ces combats sont entre ceux qui soutiennent l'islam, d'une part, et les envahisseurs impies et ceux qui les soutiennent, d'autre part», a ajouté ce religieux membre des tribunaux islamiques, en référence à l'ARPCT.

«Donner une leçon que les Etats-Unis n'oublieraient pas»

De leur côté, les chefs coutumiers ont reconnu mercredi avoir peu de succès dans leur tentative de parvenir à un cessez-le-feu. «Nous essayons de voir comment nous pouvons commencer des pourparlers de paix pour éviter une autre guerre qui tuera des centaines de personnes», a déclaré un médiateur, Mohamed Farah Jumale. «Mais actuellement, nous n'avons pas d'accord et il est possible que les chefs de guerre se regroupent et commencent à se battre selon des lignes claniques», a-t-il ajouté.

Washington craint que la Somalie ne devienne un nouveau repaire pour Al-Qaïda dans la Corne de l'Afrique. Mardi soir, au Texas, le président George W. Bush s'est inquiété de l'«instabilité» somalienne. « La première préoccupation est, bien sûr, de s'assurer que la Somalie ne devienne pas un havre pour Al-Qaïda, un endroit d'où les terroristes peuvent comploter et s'organiser ».

«Nous surveillons la situation de près, et nous ferons plus de stratégie sur la meilleure manière de riposter aux derniers incidents en Somalie lorsque je regagnerai Washington », a-t-il ajouté. Au Département d'Etat, le porte-parole Sean McCormack soulignait pour sa part que la milice des tribunaux islamiques est elle-même composée de « nombreuses factions différentes », également sur des bases claniques, laissant entendre que des divergences pourraient ne pas tarder à affaiblir ce mouvement.

En réponse aux inquiétudes de George W. Bush, le chef des tribunaux islamiques somaliens, cheikh Sharif Sheikh Ahmed, a menacé mercredi de «donner une leçon qu'ils n'oublieraient pas» aux Américains s'ils interviennent en Somalie, dans un entretien publié mercredi par le quotidien Asharq al-Awsat. Cheikh Sharif, 42 ans, a par ailleurs affirmé qu'il n'avait aucun lien avec les talibans, chassés du pouvoir en Afghanistan par l'armée américaine. Il a également qualifié les Etats-Unis de «plus grand Etat terroriste du monde».

Divers clans et sous-clans font la loi

Dans la capitale, les milices islamistes rencontrent déjà une résistance. Mardi, des milliers de Somaliens ont réclamé le départ des fondamentalistes dans les rues de Mogadiscio. Ce qui prouve que les miliciens religieux, bras armé des tribunaux islamiques qui veulent instaurer la charia, pourraient avoir du mal à garder le contrôle de la ville, où les divers clans et sous-clans font la loi et s'affrontent quasiment sans répit depuis la chute du régime dictatorial de Mohamed Siad Barre en 1991.

Depuis le mois de février dernier, les combats qui opposent l'ARPCT et les milices des tribunaux islamiques ont fait au moins 347 morts.

Le Figaro

Fouad
08/06/2006, 18h49
Je crois que c'est ce qui va regler les problèmes de sous développement, de chaumage et de la faim en Somalie

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