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Voir la version complète : La fraude et la manipulation électorales sont-elles liées au système?


Vigilance
06/03/2012, 18h52
Le tripatouillage électoral est-il consubstantiellement lié aux processus électoraux organisés en Algérie?

Les différentes consultations ont apporté des preuves tangibles que «le traficotage» fait partie de l’ADN politique du pouvoir. Une constante. A peine le dispositif électoral mis en place en perspective des législatives du 10 mai 2012 que les prémices d’une fraude annoncée font leur apparition. «L’affaire Tindouf» où huit partis politiques ont dévoilé «l’injection de 33 000 nouveaux électeurs, des militaires, au fichier électoral de la wilaya de Tindouf après expiration des délais d’inscription sur les listes électorales sans qu’ils ne soient rayés de leurs listes d’origine» est révélatrice. Le coup est parti, les partis politiques s’en emparent et la polémique s’installe. Ça démarre vraiment mal.

Le pouvoir qui mène une campagne tambour battant pour assurer l’opinion publique de sa volonté d’organiser des élections «libres et transparentes» est vite rattrapé par cette vieille pratique de la fraude. Alors, simple maladresse de la part de l’administration ou bien irrégularité délibérément orchestrée ?

Le président de la Commission de surveillance des élections législatives, Mohamed Seddiki, ne se fait pas d’illusion. Il accuse l’administration de «recourir à une procédure qui n’est pas prévue par la loi». Interpellé par ladite Commission sur cette affaire qui ne semble pas limitée à la wilaya de Tindouf, la réponse du ministère de l’Intérieur n’a pas convaincu. L’argument avancé par les services de Daho Ould Kablia, selon lequel «les militaires étaient en mission spéciale», incite plus au «doute» qu’à rassurer. Ainsi, cette affaire «des militaires» n’est qu’une technique parmi tant d’autres que dissimule le mécanisme du détournement de la volonté populaire.

La commission parlementaire, qui avait enquêté sur la fraude massive et manifeste lors des élections locales du 23 octobre 1997, avait recensé 34 formes de fraude et autres artifices de manipulation des résultats. Le pouvoir qui finit, après de longues batailles, par reconnaître la pratique de la fraude à grande échelle, va-t-il enfin respecter la volonté populaire? La mise en place d’une Commission de magistrats pour superviser les futures législatives suffit-elle pour convaincre une classe politique souvent «arnaquée» et des électeurs usés par des engagements non tenus ? «Pas si facile que cela», tranche le politologue Rachid Grim.

Chat échaudé craint l’eau froide. «La fraude est tellement ancrée dans les mœurs politiques du pouvoir en place depuis l’indépendance qu’il est légitime, tant pour les citoyens que les partis, de ne pas croire en une élection libre et transparente. Il est illusoire de croire en un pouvoir dont le seul but est de se maintenir par tous les moyens, même illégaux», estime encore Rachid Grim. Pour ce dernier, la Commission des magistrats «ne peut être un garant ou un gage de transparence dès lors que la justice est totalement aux ordres. Tout comme l’administration, qui pilote l’opération électorale de bout en bout, n’est pas neutre».

Pas seulement. Le climat politique dans lequel se déroule cette élection ne s’y prête pas, estiment d’autres observateurs. «Des gouvernements successifs issus de fraudes à répétition peuvent-ils promettre des élections propre et honnêtes ? Pas si sûr», estime Ahmed Betatache, professeur de droit à l’université de Béjaïa. «C’est tout un processus qui est biaisé. Tout au long de l’année, le champ politique et médiatique est interdit aux forces politiques d’opposition. Manque flagrant de volonté politique. Interférence de l’Exécutif, comme ce fut la cas pour la désignation des membres de la Commission des magistrats.

Les 316 magistrats sont directement désignés par le ministre de la Justice et non pas élus par leurs pairs. Les magistrats n’ignorent pas comment les nominations au sein de l’appareil judiciaire sont décidées», énumère-t-il. M. Betatache attire l’attention sur un autre élément qui fausse le jeu : le Conseil constitutionnel. «C’est cette institution que valide les résultats des élections. Il se trouve que le mandat de son président ainsi que ceux de deux vice-présidents ont expiré le 25 septembre 2011. Les prolonger serait contraire à la Constitution», juge le juriste Betatache. En somme, d’élection en élection, le festival des fraudes et de la manipulation des résultats demeure le marqueur de la dérive politique d’un régime dont la démocratie n’est guère un souci.

El Watan

BeeHive
06/03/2012, 19h18
Il ne faut pas se faire d'illusions, mais c'est leurs dernière chance pour laisser le peuple faire son choix, ou ça passe ou ça casse, a leurs risques et périls.

J’espère qu'ils seront saisir cette dernière chance d'un changement pacifique que leur offre le peuple sur un plateau d'or.

Vigilance
06/03/2012, 22h41
la fraude n'est pas un problème mais un remède. la vie politique algérienne est morne. les partis politiques non islamistes n'ont pas d'échos dans la société. ils n'intéressent personne. la manipulation des résultats permet de donner un semblant de vie à des partis politiques qui ne sont que des cadavres. incapables de captiver l'attention des citoyens. le Ministère de l'Intérieur fait de son mieux avec sa trousse de maquillage de croque-mort (les statistiques qu'il publie) pour donner des couleurs au cadavre embaumé de la piètre scène politique algérienne.

Le tripatouillage électoral est-il consubstantiellement lié aux processus électoraux organisés en Algérie?

le tripatouillage, c'est pas de la magouille. c'est du rafistolage.

mokrane
07/03/2012, 18h53
Le pouvoir algérien ne peut pas se permettre des élections propres qui éjecteraient tous les corrompus à qui le peuple risque de demander des comptes une fois devenus simples citoyens. C'est un cercle vicieux, ces gens là ne lâchent le pouvoir que par la violence.

BeeHive
07/03/2012, 19h11
la fraude n'est pas un problème mais un remède.

Ce n'est pas un reméde mais un poison qu'on nous fait gober depuis 62 en le fesant passer la solution unique pour un denvenir superman. 50 ans aprés, l'Algerie est un grand corps malade autours duquel des vautours attendent sa fin.

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