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Vigilance
09/03/2012, 04h05
A la fin du mois de novembre 2011, Mohamed Seghir Kara, membre actif du mouvement de redressement et de l’authenticité, un conglomérat de contestataires contre la direction du Front de libération nationale (FLN), jurait que son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, allait être viré avant la fin de l’année 2011.

Le coordinateur général de la fronde, Salah Goudjil, député et ancien membre du bureau politique du parti, promettait de son côté de poursuivre en justice l’actuelle direction du FLN pour violation des statuts et les dérives réglementaires dont il l’accusait. Pas seulement, la tenue d’un congrès extraordinaire était même envisagée.

Des milliers de militants du parti, séduits par un discours de rupture avec les pratiques de la direction se sont impliqués dans l’opération en signant des pétitions et en organisant des rassemblements devant les locaux du parti à travers tout le territoire national. Salah Goudjil, qui semblait donner l’écho à cette effervescence, avait refusé toutes les démarches entreprises par Abdelaziz Belkhadem pour le convaincre d’arrêter le mouvement de sédition lancé il y a trois ans de cela. Le divorce était arrivé à un point de non-retour lorsque le secrétaire général du FLN avait déclaré, lors de la dernière réunion du comité central du parti, que le mouvement de redressement était «un non-événement». Tout le monde pensait alors que la rupture était totalement consommée. Mais voilà que le coordinateur du mouvement de redressement prend les militants contestataires à contre-pied. Au moment où la mise en exécution de l’opération de confection des listes indépendantes en prévision des élections législatives du 10 mai prochain, apparaissent alors des divergences aussi importantes qu’inconciliables. L’intervention du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans les débats en demandant au secrétaire général du FLN (Abdelaziz Belkhadem) et à Salah Goudjil d’enterrer leur hache de guerre, a créé un climat de tension au sein du Mouvement de redressement et de l’authenticité. Un de ses membres parle carrément d’éclatement de l’opposition à Abdelaziz Belkhadem.


De jeunes militants en renfort


Les jeunes militants qui l’ont rejoint, soutient la même source, «se sentent trahis par Salah Goudjil et son groupe». Depuis sa dernière rencontre avec le secrétaire général du FLN, confie-t-on, «il agit en solo». Il rendait de moins en moins compte de ses activités avant de taire toute la teneur de sa dernière entrevue avec Abdelaziz Belkhadem. «Les autres membres du groupe ne sont pratiquement au courant de rien.» Et ceux qui l’ont suivi dans sa guerre contre la direction du FLN ne décolèrent pas après avoir dépensé tant d’énergie pour qu’à la fin Goudjil et son groupe rendent le tablier après avoir passé trois ans à chauffer les esprits. En octobre dernier, seulement, Salah Goudjil menaçait d’occuper les locaux du parti. La commission chargée de faire un rapport sur les actions de contestation et leur évaluation n’a jamais rendu son rapport. Depuis la convocation du corps électoral par le chef de l’Etat, des instructions ont été données à la base pour la confection des listes indépendantes sous l’appellation «Ta’cile», qui veut dire retour aux sources. «La priorité était donnée aux grands militants du parti ainsi qu’aux bons citoyens et aux compétences des jeunes et femmes.»


Stratégie électorale


Des membres du mouvement de redressement étaient même en passe de mettre en place une stratégie électorale. C’est à partir de là, affirme notre source, que les problèmes ont commencé réellement. «Lorsqu’il a été demandé aux vieux caciques de laisser la place aux jeunes, ils n’ont pas aimé.»
Un cercle restreint des redresseurs négocie sa reddition
Salah Goudjil, Abdelkrim Abada, Bouraoui, Charra Bachir et Abderrachid Boukerzaza n’ont pas tenu compte des vœux de la base. La réaction des militants ne sait pas faite attendre. Les jeunes ont commencé à se retirer, en disant : «Nous ne marcherons ni avec Abdelaziz Belkhadem ni avec Salah Goudjil.»


Guerre autour de la liste d' Alger



Et lorsqu’intervient la rencontre au sommet entre les désormais deux ex-protagonistes, le mécontentement est monté d’un cran.
Et au sein des camps. Les prétendants à la candidature pour la députation au sein du FLN de Belkhadem se voient bousculés par d’éventuelles candidatures de «repentis».
Ceux qui ont intégré les listes indépendantes crient, eux aussi, au scandale. Les listes communes n’arrangent en fait ni les uns ni les autres. La négociation entre les deux chefs de file se fait dans la discrétion la plus totale. La guerre est focalisée sur la liste d’Alger. Beaucoup de prétendants se la disputent depuis déjà des mois. Chez le FLN officiel, la guerre est déclarée entre le président sortant de l’Assemblée populaire nationale, Abdelaziz Ziari, le ministre du Travail et de la Protection sociale, Tayeb Louh, le ministre de l’Enseignement supérieur, Rachid Haroubia. Chez le mouvement de redressement, les vieux caciques ne voulaient pas aussi lâcher prise. Ils s’affairaient à s’emparer des têtes de listes qui ont défraîchi le chemin vers le confortable strapontin de député. Devant les ambitions des uns et des autres, selon nos sources, les jeunes militants du FLN ont préféré opter pour des listes indépendantes. Conséquences : le mouvement de redressement est, selon l’un de ses membres, «mort et enterré». Une autre certitude : la spirale de crises qu’il vit depuis des années va conduire à coup sûr le FLN à sa perte. Le cercle de Salah Goudjil et la direction nationale du parti menée par Abdelaziz Belkhadem négocient des listes communes qui n’agréent en rien la base militante qui rejette désormais même les membres du mouvement de redressement, indique une source sûre, qui monnaie sa reddition. Salah Goudjil a mené son monde en bateau. S. R.

El Watan

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