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Voir la version complète : De la démocratie contrôlée à la démocratie réelle


Vigilance
10/03/2012, 17h32
Difficile de dire ce qui se passe sur le territoire national mais par contre sur la zone 1 (France-Nord), il semblerait que les élections législatives de mai 2012 se placent d’ores et déjà sous de mauvais auspices. Et l’exercice démocratique que notre Président appelle de tous ses vœux depuis janvier 2012 paraît tourner vers le faux-semblant, au risque de donner raison aux partisans du boycott.

Après cinquante années d’indépendance, dix années de terreur et un Printemps arabe, notre pays se targue de montrer au reste du monde que nous, Algériennes et Algériens, sommes capables de prendre en main notre destin. Et notre pays a raison. Nul besoin de solution à la libyenne pour nous. Nous sommes des Algériennes et des Algériens et nous sommes seuls en capacité de faire de notre pays une Algérie moderne, juste, solidaire et porteuse de valeurs.
La volonté est là, que reste t-il donc à faire pour concrétiser ?
Sincérité et confiance peuvent être les maîtres mots dans la mise en œuvre de notre volonté de démocratie.
Sincérité dans l’organisation du scrutin.
En sus de ceux déjà connus, de nouveaux partis politiques viennent d’être agréés et vont présenter des candidats aux élections législatives de mai 2012.
Par ailleurs des candidats indépendants (hors parti politique) ont la possibilité de se présenter au suffrage sous réserve qu’ils obtiennent 400 parrainages par siège en lice. Tout va bien dira donc le lecteur, au détail près que ce qui aurait pu passer pour un signe de bonne santé démocratique est en train de se transformer en parcours du combattant pour les candidats vraiment indépendants. Nul ne conteste la notion de parrainage, c’est une décision de bon sens qui permet au candidat indépendant d’inscrire sa candidature dans la légitimité de la société civile. Le parrainage est une marque de confiance accordée au candidat et un acte de citoyenneté posé par la marraine ou le parrain.
Pour parrainer un candidat, le citoyen Algérien expatrié doit être immatriculé et inscrit sur la liste des électeurs de la circonscription électorale. Il doit valider son parrainage auprès de son consulat de référence en apposant son empreinte digitale et sa signature devant un officier d’état civil. Nul doute ainsi qu’un parrainage puisse être extorqué !
Jusque-là, tout va toujours bien dira le lecteur sauf que lorsque le parrain habite à 200 km du consulat le plus proche, qu’il travaille toute la semaine, que le samedi, il fait ses courses et que le litre d’essence est à 1¤62, se pose alors la question de la sincérité de l’ouverture du scrutin aux candidats indépendants. Se pose également la question de la sincérité d’accorder à chaque Algérienne expatriée et Algérien expatrié, la réelle possibilité d’exercer sa citoyenneté.
En réalité, chacun le sait, la démocratie ne se décrète pas, elle s’exerce. Pour s’en acquitter, il faut s’en donner les moyens. Visiblement, les moyens ne sont pas à la hauteur des ambitions.
Certes, on pourrait imaginer qu’un candidat indépendant recueille les 400 parrainages dans une zone de mobilité réduite avec un consulat en épicentre. Mais que dire aux autres Algériens qui vivent à une distance plus importante ? Qu’ils n’auraient pas dû aller habiter si loin ? Que les Algériens de Tours, Caen, Auxerre ou Reims sont moins Algériens que ceux de Paris, Pontoise, Vitry ou Metz ? Et que dire à ces Algériennes et Algériens qui vivent en Martinique ou sur l’Île de la Réunion ?
Pour évacuer ces questions, une solution simple et peu coûteuse existe. Elle nécessite un zeste de volonté, une touche de sincérité, la délocalisation sur une journée d’un officier d’état civil du consulat dans chaque chef-lieu de département et le tour est joué.
On aurait pu penser que cette simple initiative émane des autorités consulaires respectives. Mais nous dit-on, rien ne se fait sans l’accord d’Alger.
Il revient donc à Alger de décider si oui ou non chaque Algérienne expatriée et Algérien expatrié a vocation à exercer sa citoyenneté quel que soit son lieu de résidence. Une autre solution existe, celle de vérifier seulement l’éligibilité de la marraine et du parrain a posteriori par la commission administrative en présentant avec chaque parrainage la copie d’une pièce d’identité de la marraine ou du parrain.
D’autres solutions peuvent être encore pensées. Mais quel dommage de ne pas y avoir réfléchi plus en amont. C’est un peu comme si finalement, nous les Algériennes et Algériens expatriés, comptions si peu…
En plus de nous faire mal, cette difficulté à nous prendre en compte comme citoyens légitimes et patriotes induit chez certains de nos candidats a priori indépendants à recourir au sempiternel système D. Système qu’on pourrait pour la circonstance renommer système P., P comme Parti.
Ne nous voilons pas la face, ce multipartisme soudain est une véritable aubaine pour celui qui n’est pas habitué à labourer. Pourquoi aller chercher 400 parrainages quand seule la signature du chef suffit. Peu importe le programme, les valeurs et les convictions, seule compte l’investiture et se pose alors la question de la sincérité du candidat. Vous le constaterez, l’organisation du scrutin pour les Algériennes et Algériens expatriés relève du regard qu’Alger pose sur nous. Et, on comprend mieux pourquoi un décret exécutif fixant les modalités d’application de l’article 5 de l’ordonnance du 13 février 2012 et concernant la communauté nationale à l’étranger, est publié 10 jours après les premiers dépôts de candidatures. C’est comme si l’arbitre fixait les règles au fur et à mesure de l’avancée du match. Que de flou dans cette transparence affichée !
Ce flou artistique est incompréhensible, après avoir posé la question à deux consuls et un vice-consul, de toute évidence, il n’y a pas de réponse à la définition du mot liste et sur la procédure. La question est pourtant simple.
Une zone, 2 sièges. Doit-on candidater obligatoirement pour les deux sièges et composer une liste de 4 personnes : 2 titulaires et 2 suppléants ? Ou peut-on candidater pour un siège et constituer une liste de deux personnes : 1 titulaire et un suppléant ?
Un pays, deux consulats, trois réponses différentes d’où le fameux “One Two Three, Viva l’Algérie” ! Mais Alger a certainement la réponse. Alger, Alger, toujours Alger direz-vous. C’est malheureusement la seule réponse qu’on apporte aux questions des expatriés chaque fois qu’on veut leur expliquer l’inexplicable.
Pourquoi avez-vous envoyé un courrier aux présidents d’association seulement le 19 février pour leur annoncer que la révision exceptionnelle de la liste électorale était ouverte du 12 au 21 février ? Réponse : c’est Alger. Sur quels critères objectifs avez-vous nommé les membres de la commission administrative électorale qui représentent les électeurs ? Réponse : c’est Alger.
Pourquoi ne mettez-vous pas en place un service de légalisation des parrainages de proximité ? Réponse : c’est Alger.
La liste est longue mais il vaut mieux s’en arrêter là. Il n’est jamais trop tard lorsqu’on veut bien faire. Notre communauté nationale expatriée veut croire en la sincérité de ce scrutin du 10 mai prochain, alors donnons- nous les moyens de la sincérité.

Confiance aux électeurs issus de la communauté nationale établie à l’étranger
Dans le contexte politique actuel chez nos voisins, tout le monde aura compris l’enjeu fondamental que constituent les élections législatives du 10 mai prochain dans notre pays.
Quand un but marqué à Khartoum bloque Paris et les grandes villes de France jusqu’à une heure avancée de la nuit, il n’y a plus de doute à avoir sur le degré d’attachement que la communauté nationale expatriée éprouve pour l’Algérie.
Cet attachement est aussi intense pour la famille, les amis, les voisins qui vivent sur le territoire national que pour le peuple algérien dans son ensemble.
Ce sentiment partagé induit de fait l’espérance d’une vie meilleure pour celles et ceux qui nous sont chers. Il n’y a pas de distance entre l’Algérie et la communauté nationale établie à l’étranger. L’Algérie est toujours au plus près, dans les esprits et dans les cœurs. Nationaux, binationaux, trinationaux, notre algérianité nous rassemble autour du même espoir, celui de voir notre pays s’inscrire avec fierté et dignité dans le XXIe siècle.
Nous ne voulons plus de sang, de larmes et de terreur. Nous voulons un pays où il fait bon vivre, inscrit dans la modernité, respectueux de la justice sociale et de la diversité culturelle, où le peuple participe activement à la production des richesses.
Il faut donc faire confiance à notre conscience politique et à notre maturité. Nous ne nous égarerons pas sur le chemin d’un vote sans lendemain.
Cinquante très longues années ont passé, une nouvelle page s’ouvre et le vote ne peut être utile que s’il permet à une nouvelle génération de développer des compétences et de participer à la construction d’un État fort et moderne au service d’un peuple épanoui et talentueux. Il ne sert à rien de diaboliser le diable, diable il est, diable il restera. Comme il ne sert à rien d’encenser les hommes car ils ne sont que des hommes et ils le resteront avec leurs forces mais aussi leurs faiblesses. Il ne sert donc à rien de prôner le vote utile car notre conscience saura nous faire choisir la troisième voie. La voie du progrès, de la démocratie. La voie de la République. La volonté est là mais encore trop fraîche pour en oublier les réflexes des pratiques qui datent déjà du siècle dernier. Nous voulons croire en cette Algérie nouvelle et nous voulons participer à l’écriture de la nouvelle page. Contrairement à celles et ceux qui prônent le boycott en restant campés sur le passé, nous regardons vers l’avenir avec confiance et sérénité.

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