PDA

Voir la version complète : Belkacem Nabi, l'agent de la France qui a détruit la filière pétrolière Algérienne


limier
11/03/2012, 15h29
Je vous invite à une petite lecture pour découvrir cet agent infiltré par les services secrets Français après la mort de Boumedienne. L'épisode qui a suivi la mort de Boumedienne et le retour de cet agent chassé du système , et avec lui toute la Françalgérie, est raconté par Hocine Malti dans son livre "Histoire secrète du pétrole Algérien". C'est à partir de la page 249 :
.

.
.

Dès l'annonce de la mort de Boumediene, Rabah Bitat, président de l'Assemblée populaire nationale (APN), fut désigné chef de l'État par intérim, pour un délai de quarante-cinq jours comme le prévoyait la Constitution. L'anecdote de l'oraison funèbre résume à elle seule l'âpreté de la lutte qui s'était engagée entre les deux prétendants à la succession. La première solution envisagée et la plus logique fut que ce serait à Bitat de la prononcer,entant qu'Intérimaire au poste de président.On dut cependant y renoncer, car celui-cl maîtrisait mal l'arabe. En revanche, aussi bien Yahlaoui que Boutefllka étaient de parfaits arabisants.Ce dernier,convaincu qu'il était le successeur tout désigné, fit un énorme forcing à l'intérieur du cercle des décideurs qui comprenait à l'époque les membres du Conseil de la révolution, les chefs de régions militaires et le directeur de la Sécurité militaire -pour que la tache lui soit confiée, ce à quoi s'opposa fortement Mohamed Salah Yahiaoui. Ce dernier finit par céder après qu'il fut formellement affirmé que le fait d'apparaître ainsi en première ligne, à un moment aussi solennel que l'enterrement du grand leader, ne constituait nullement une légitimation du droit successoral.Mais c'est bien pour tenter d'apparaître aux yeux du peuple comme le vainqueur de cette première escarmouche qu'Abdelaziz Boutefllka fit preuve d'autant d'éloquence .. Puis on convint que l'élection présidentielle se tiendrait le 7 février 1979 et qu'elle serait précédée d'un congrès du FLN, qui choisirait le candidat à présenter au suffrage des Algériens.
Mais en vérité, un mois avant le décès de Boumediene les dés étaient déjà jetés: ni Bouteflika ni Yahiaoui ne lui succéderaient. Dès le mois de novembre, Kasdi Merbah, patron de la Sécurité militaire depuis 1962, avait pris en effet une initiative qui sera lourde de conséquences. Sans l'avouer ni l'annoncer publiquement,il aurait bien aimé, lui aussi, succéder à son ancien chef.Il fut néanmoins assez sage pour ne pas tenter d'organiser un coup d'État, alors qu'il en avait la possibilité.
La Sécurité militaire était l'unique centre de pouvoir réel et tous les connaisseurs du système algérien s'accordaient à dire que le pouvoir était par terre et qu'il suffisait de le ramasser. Mais des membres de son entourage lui auraient recommandé de se débarrasser d'abord de l'étiquette de flic qui lui collait à la peau et de transiter par une fonction civile avant de songer à briguer la magistrature suprême, quitte à attendre l'élection présidentielle suivante prévue cinq années plus tard. Encore fallait-il, dans ce cas-là, que le titulaire du poste qui allait être choisi fût facile à manœuvrer et qu'il puisse être délogé sans difficulté. Or, ni Bouteflika ni Yahiaoui ne correspondaient à ce critère.
Le seul candidat potentiel qui semblait répondre à ce portrait-robot
était le colonel Chadli Bendjedid, chef de la 2' région militaire depuis1964. Son âge relativement avancé – il avait 49 ans-, son éloignement du centre de décision d'Alger, son ignorance présumée de la chose politique,son indolence et le peu d'ardeur avec laquelle il avait assumé sa responsabilité de chef de région en faisaient le candidat idéal.
En novembre1978, Kasdi Merbah fit donc nommer Chadli responsable de la coordination de l'armée assurant ainsi une sorte d'intérim du poste de ministre de la Défense. Pour éviter toute opposition à cette désignation, Merbah la justifia en disant que le colonel Chadli était 1'«officier le plus ancien dans le grade le plus élevé". Puis, avec l'assistance d'autres officiers supérieurs de l'armée, dont le colonel Mohamed Benahmed, dit "Abdelghani », chef de la région militaire de Constantine, il fit campagne au sein de l'armée et à l'intérieur du microcosme politique pour que le 4'congrès du FLN choisisse Chadli comme candidat à l'élection présidentielle à venir.
La suite est facile à deviner. En janvier, le choix du congrès se porta effectivement sur le nom de Chadli Bendjedid, qui fut présenté comme unique candidat au suffrage des Algériens. 11 fut élu président de la République, le 7 février1979, avec un score de 94%.

limier
11/03/2012, 15h30
Premiers règlements de comptes


L'élection de Chadli Bendjedid à la présidence a représenté la victoire des médiocres, lui-même ayant été un marginal au sein du pouvoir algérien. Chef de la 2e région militaire à Oran, il ne s'était intéressé que très peu à la vie politique du pays. Peu porté sur le travail, il était plutôt ce que l'on appelle «un bon vivant» pour qui seules comptent les jouissances terrestres. Sa grande passion était la plongée sous-marine: le chantier naval de Mers-El-Kébir lui avait fabriqué une grande plate-forme flottante qu'il utilisait pour aller faire de la plongée au large, loin des regards indiscrets des Oranais. Sa seconde passion était le jeu:il passait des après-midi et des soirées entières à jouer aux cartes dans le mess des officiers de la région.Jusqu'à ce 7 février 1979, il n'avait fait preuve d'aucune ambition politique. Bien au contraire, il avait semblé satisfait de son statut de chef de région, d'autant plus que le seul poste auquel il aurait pu aspirer, celui de ministre de la Défense, n'était pas disponible.Ayant atteint le dernier échelon de la hiérarchie militaire, il escomptait probablement arriver à l'âge de la retraite à ce poste. Le peu d'intérêt qu'il manifestait envers la fonction et la responsabilité qui étaient les siennes, son air jovial et décontracté faisaient qu'iI n'avait pas d'accrocs avec ses collègues du ministère de la Défense à Alger, ni avec Boumediene d'ailleurs. Aux Tagarins (nom du quartier où est situé le ministère de la Défense), on savait parfaitement qu'il n'était pas esclave du travail et, par conséquent,on n'exigeait pas beaucoup de lui. . On était plutôt tolérant à son égard et on le respectait, vu son âge et sa crinière blanche qui le faisait paraître plus vieux qu'il n'était.
De fait, ce sont ses assistants et collaborateurs qui le suppléaient dans l'accomplissement des tâches relevant de sa responsabilité à la tête de la 2' région. Parmi ces derniers, deux personnages qui joueront des rôles vitaux dans l'Algérie des années 1980, 1990 et2000 : le capitaine Larbi Belkheir, que l'on vit à l'œuvre dès le début (il a été chef d'état-major de la 2' région), et le lieutenant Mohamed Médiène, dit«tewfik »qui apparaîtra plus tard.
Chadli Bendjedid avait un niveau scolaire très faible -les Algériens Inventeront nombre de blagues sur son ignorance et son illettrisme -mais,comme beaucoup de responsables politiques, il était assez rusé.Arrivé au pouvoir, il y prendra vite goût et se montrera sous un jour complètement différent de celui qu'on lui connaissait jusque-Ià. Il perdra sa jovialité pou rdevenir vindicatif, son insouciance pour devenir hargneux, et son réalisme et sa tolérance pour se transformer en Idéologue et en donneur de leçons. Un mois après son élection,le 9 mars 1979, il constitua son premier gouvernement. Dirigé par le colonel Mohamed Benahmed Abdelghanl, Il était majoritairement composé de personnalités elles aussi marginales dans leur secteur et, de ce fait, marquées par de grandes frustrations.
Dès leur prise de fonctions, certains de ces ministres extérioriseront ces frustrations en s'en prenant à l'ordre établi, aux responsables politiques auxquels ils succédaient, voire aux cadres exerçant dans le secteur dont ils avaient la charge. Leur mot d'ordre:tout changer, tout casser. Les structures existantes et les hommes aussi. Ils seront d'autant plus enclins â le faire que Chadli Bendjedid va leur montrer le chemin;il n'aura de cesse de mettre fin, sur tous les plans, â la vole adoptée par Houari Boumediene et de fairela chasse aux hommes qui l'avaient servi. La motivation premIère de cette «deboumédlènisatlon» était de supprimer les concurrents eventuels.Il savait parfaitement que le conseil de la révolution et le congrès du FLN ne l'avaient pas choisi par hasard et que, aux yeux des véritables décideurs, il n'était là que pour assurer une transition.
En bon connaisseur du sérail, Il savait que ni Bouteflka ni Yahiaoul n'avaient renoncé à briguer le poste et que Merbah était également à l'affût. D'où son objectif;se débarrasservau plus vite de ce trio pour assurer sa longévité dans la fonction.
Il eut l'habileté de ne pas s'attaquer aux trois à la fois,mais de procéder à leur limogeage en traitant chaque cas séparément.Dans une première phase,il neutralisa ses deux concurrents directs, Abdelaziz Bouteflika
et Mohamed Salah Yahlaoul. Dès son investiture, Chadli nomma le premier au poste de ministre conseillerauprès du président de la République; sans la tribune et l'ouverture sur le monde dont il disposait jusque-là en tant que ministre des Affaires étrangères, Boutefllka devenait déjà moins dangereux.
Quant à Mohamed Salah Yahlaoui, qu'il craignait moins, il le
maintint d'abord au poste de coordonnateur du parti, tout comme Kasdi Merbah, confirmé à la tête de la Sécurité militaire pour quelque temps encore. Au motif officiel de mettre fin à la gabegie des deniers de l'Etat et de lutter contre la corruption et l'enrichissement illicite, Chadli décida en janvier1980 de créer une Cour des comptes,«chargée du contrôle des finances de l'Etat, du parti, des collectivités locales et des entreprises socialistes de toute nature». L'une des toutes premières tâches confiées à cette nouvelle institution fut de contrôler la situation financière du ... ministère des Affaires étrangères, dirigé sans discontinuer de 1963 à 1979 par Abdelaziz Bouleflika : elle découvrit que l'ex-ministre avait détourné à son profit l'équivalent de 60 millions de francs pris sur les trésoreries de différentes chancelleries algériennes à l'étranger, qu'il avait placés sur deux comptes ouverts auprès de la Société de banque suisse. Bouteflika s'enfuit alors d'Algérie pour échapper à toute procédure judiciaire et il ne reviendra au pays que sept ans plus tard.
En juin1980, à l'occasion du congrès extraordinaire du FLN, Chadli Bendjedid, en tant que secrétaire général du parti, organisa une révolution de palais qui aboutit au limogeage de Mohamed Salah Yahlaoul et à son remplacement par Mohamed Chérif Messaâdla.

limier
11/03/2012, 15h31
L'élimination de Kasdi Merbah sera plus laborieuse et s'étalera sur plusieurs années. Le juillet 1980, lors d'un premier remaniement ministériel, Chadlile nomme vice-ministre de la Défense, responsable desindustries militaires: Merbah perd ainsi le contrôle de la Sécurité militaire, cet outil de pouvoir puissant et très performant qui lui avait permisd'être le véritable numéro deux du régime du temps de Houari Boumediene. Chadli le fait remplacer à la tête de la SM par son adjoint, NoureddineZerhouni, dit «Yazid ,un anciendu Maroc également. ChadliBendjedld pensait probablement que,arrivéausommetde la SM, Yazid Zerhouni n'admettrait aucune intrusion de la part de son ancien patronet l'aiderait ainsi à se débarrasser de Kasdi Merbah. Le 12 janvier 1982, nouveau remaniement ministériel: Kasdi Merbah est nommé ministre de l'Industrie lourde. Et il terminera au poste de ministre de l'Agriculture et de la Pêche dans un nouveau gouvernement constitué le 22 janvier1984. Par ces trois «sanctions.successives, Kasdi Merbah a perdu toute chance d'accéder un jour à la magistrature suprême.


Ouragan sur le secteur pétrolier


Ces bouleversements allaient aussi affecter en profondeur l'organisation de l'économie, en particulier celle de son «nerf de la guerre », le secteur pétrolier. En octobre1979, Chadli Bendjedid limogea Sid Ahmed Ghozali, l'ancien patron de la Sonatrach, qu'il avait maintenu dans son premier gouvernement en qualité de ministre de l'Hydraulique (je reviendrai plus loin sur les raisons de ce limogeage). Surtout, dès leur prise de fonctions,deux ministres du nouveau gouvernement se firent connaître par des initiatives malheureuses qui causèrent d'importants dégâts aux secteurs dont ils avalent la tutelle: le ministre de la Planification, Abdelhamid Brahimi; et le ministre de l'Énergie et des Industries pétrochimiques et P-DG de la Sonatrach, Belkacem Nabi.Sous couvert d'amélioration de la gestion des sociétés nationales et de leur assainissement financier, le premier lança une campagne dite de«restructuration des entreprises ». Quelle que soit leur taille, petite ou grande,quel que soit le secteur dans lequel elles opéraient, production ou services, quel que soit leur caractère,stratégique ou pas, il fallait absolument éclater chacune d'entre elles en deux, voire en trois ou quatre autres de plus petite taille. L'opération, qui s'est déroulée entre février1981 et la fin de l'année
1982, a eu pour résultat que "le nombre des entreprises publiques est passé de150 environ en 1980 à 480 en1983 ». Il est probable que certaines d'entre elles étaient devenues trop importantes et nécessitaient effectivement d'être éclatées en unités aux objectifs mieux ciblés, mais leur nombre était extrêmement limité. Quant à l'opération elle-même, elle aurait dû être mieux réfléchie et mise en application dans ces quelques rares cas seulement, de manière progressive. S'attaquer à un chantier aussi vaste, couvrant l'ensemble du secteur économique, en un laps de temps aussi court, dans un pays sans traditions dans le domaine de l'organisation et de la gestion, où le nombre de cadres était de loin inférieur aux besoins, ne pouvait qu'aboutir à une catastrophe.On a ainsi détruit un pan entier de l'économie nationale, brisé des entreprises qui avaient nécessité des années d'efforts pour leur mise sur pied et qui étaient encore en voie d'éclosion puisqu'elles commençaient tout juste à consolider leurs assises. L'outil économique algérien, encore fragile, ne se relèvera pas d'untel traumatisme.
Les quelques premiers produits industriels made in Algeria que l'on avait commencé
à voir sur les marchés disparaîtront à tout jamais et seront remplacés par des produits en provenance de l'étranger. On a ainsi planté les premiers germes d'une économie de bazar, dans laquelle on ne fera désormais commerce que de produits fabriqués ailleurs par d'autres et dans laquelle ne fleuriront plus que les activités d'importation. Même le secteur privé n'était pas intéressé par la reprise des entre·prises nationales déstructurées, qui deviendront avec le temps de lourds fardeaux pourl'État. C'est en vain que les gouvernements qui se sont succédé depuis ont tenté de privatiser ces entreprises, dont les
outils de production sont, qui plus est, devenus obsolètes faute de rénovation. La conséquence de l'opération a été la perte de milliers d'emplois, une augmentation rapide du chômage et de la pauvreté, l'essor de trafic en tous genres et l'apparition et la propagation de maux sociaux, dont la corruption.
D'autant plus que le secteur pétrolier a subi lui aussi les effets de cet ouragan, mais en pire. A la restructuration de la Sonatrach, éclatée en une quinzaine d'entreprises, Belkacem Nabi ajouta en effet le limogeage de tous les cadres dirigeants de la société. La purge engloba les vice-présidents, les directeurs centraux et nombre de directeurs opérationnels: ils furent chassés comme des malpropres, sans aucune notification officielle et sans que leur soit proposée une nouvelle affectation. C'est en se présentant un matin au travail qu'ils découvraient que quelqu'un d'autre occupait la fonction qui était encore la leur la veille et que cette personne occupait leur bureau. Dans une majorité de cas, les nouveaux responsable sont été choisis en dehors de la structure dont ils prenaient la charge ou très bas dans la hiérarchie de celte structure. Ils n'avaient donc aucune expérience à faire valoir qui aurait pu améliorer le fonctionnement de l'entreprise. On aurait dit que Belkacem Nab iétait arrivé chargé d'une mission particulière, celle de tout casser, de tout détruire. Toute l'expérience accumulée par ceux qui étaient là depuis une quinzaine d'années disparut brutalement, sans passation de consignes ni transmission du savoir. Quant à ceux qui avaient été éliminés, s'ils demandaient à rencontrer le ministre et essayaient de connaître la raison de leur limogeage, ils se heurtaient à un mur de silence. Nabi refusait de les recevoir et son entourage n'était pas habilité à leur fournir la moindre explication, à supposer qu'il y en ait.Bien que n'étant pas licenciés, on cessa de verser leurs salaires à certains. Les plus chanceux virent les leurs maintenus, mais on les ignora totalement: n'exerçant plus aucune fonction, n'ayant plus de travail ni de bureau, il ne leur restait qu'à attendre chez eux un événement qui viendrait débloquer leur situation précaire; on cherchait en réalité à les pousser à partir d'eux-mêmes. Quant à ceux qui prirent les devants et allèrent chercher du travail dans un autre domaine d'activités, auprès d'une autre institution d'Etat-celui-ci était présent partout-, Nabi leur mit d'autres bâtons dans
les roues. Il y eut des cas où il s'opposa-par méchanceté, jalousie ou rancœur?à ces tentatives de départ en rejetant la démission, la demande de mutation ou de détachement de l'Intéressé,ou en refusant de lui délivrer les documents administratifs que requérait le nouvel employeur.

limier
11/03/2012, 15h32
Le comportement de Belkacem Nabi se faisait sentir même en de hors de la Sonatrach ou du ministère de l'énergie: lors de mes fréquents contacts avec le secrétariat général de l'OPAEP ou avec mes collègues directeurs généraux des autres compagnies interarabes, il m'a été rapporté l'attitude inamicale du ministre ou de ses mandants l'égard de toutes les initiatives qui avaient été prises, dans ces enceintes, par les représentants algériens de l'ère Boumediene. J'ai eu aussi personnellement l'occasion de ressentir une telle animosité dans le cadre de mes fonctions à la tète de l'APSC.
Cette chasse aux sorcières eut des conséquences désastreuses sur le secteur des hydrocarbures. Elle causa une importante fuite de cerveaux vers l'étranger.
De nombreux cadres pétroliers -ceux qui avaient été pourchassés, mais aussi ceux qui ne l'avaient pas été et qui avaient néanmoins tiré une leçon de ces événements -quittèrent le pays à la première occasion pour aller monnayer leur savoir ailleurs dans le monde. Cette saignée se poursuivra plu tard dans d'autres circonstances, avec pour résultat que la diaspora algérienne des pétroles est aulourd'hui présente dans de nombreuses régions pétrolières, dans le Golfe et en Afrique tout particulièrement. Ce nettoyage par le vide avait aussi et surtout un objectif politique précis, voulu par le nouveau régime: faciliter l'intrusion de la Françalgérie dans le secteur névralgique et hautement stratégique des hydrocarbures.


Où l'on reparle du contrat de vente de gaz à El paso


Décidément, Belkacem Nabi avait la rancune tenace. Cela faisait dix ans qu'il attendait ce
moment: l'heure de la revanche avait sonné. C'était à croire qu'il n'avait fait que cela durant ces dix années:ressasser, remuer, agiter encore et encore toutes les humiliations que lui avait fait subir le duo Belaïd Abdesselam/Sid Ahmed Ghazali (voir supra, chapitre2). Car rarement on aura vu autant
de haine accumulée chez un individu. Dès sa nomination au poste de ministre de l'Énergie et des Industries pétrochimiques, la griserie du pouvoir et l'atmosphère ambiante de règlements de comptes en série qui régnait l'ont amené à décharger tout le fiel de sa rancœur, d'abord sur les cadres du secteur d'activités dont il prenait la direction, puis sur Ses deux prédécesseurs. Obéissait-il ainsi uniquement au profond désir de vengeance qu'il couvait depuis si longtemps? Était.il entraîné par certains de ses collègues ministres, tout aussi frustrés que lui, qui n'avaient de cesse de prendre leur revanche sur ceux qui les avaient précédés au pouvoir? Ou exécutait-il aussi les ordres venus d'"en haut et inspirés par des milieux proches du gouvernement français?C'était probablement tout cela à la fois. Vouloir se venger de Belaïd Abdesselam et de Sid Ahmed Ghozali par ressentiment à leur égard était, dans une certaine mesure, compréhensible. Mais il est Inadmissible que,pour assouvir sa vengeance, il en soit arrivé à porter une très grave atteinte aux intérêts du pays, en brisant les carrières de personnes dont le seul « crime » était d'avoir collaboré avec ceux qu'il considérait comme ses pires ennemis, en dénonçant, dans les conditions où il l'a fait, le contrat de vente de gaz à El Paso et les milliards de dollars qu'il produisait, détruisant ainsi le travail de plus d'une dizaine d'années de toute une équipe de cadres de la Sonatrach. Ni la frustration, ni l'incompétence, ni la bêtise n'expliquent un tel comportement; d'énormes intérêts d'Etat étaient en jeu. Le 20 mai 1979, deux mois et demi après sa prise de fonctions, Belkacem Nabi fit en effet une déclaration fracassante, selon laquelle il aurait découvert que l'équipequi l'avait précédé dans le secteur des hydro-carbures avait bradé le gaz dans le cadre du contrat de vente signé avec El Paso Natural Gas en 1969. Ce bradage, disait-il, avait causé à
l'Algérie un manque à gagner de 150 milliards de dollars et il se faisait fort de remettre les pendules à l'heure en demandant à El Paso la révision du contrat.Comme on l'a vu (voir supra, chapitre 6), au moment de la passation dece contrat, Pierre Guillaumat avait réussi à créer un véritable blocus autour du gaz algérien, déclaré « captif »de la France. Pour briser ce mur, Houari Boumediene avait décidé de consentir un prix spécial à El Paso, étant bien entendu que ce prix serait revisé au moment où interviendraient les premières livraisons. Celles-ci ayant démarré à la fin de l'année 1977, de nouvelles négociations avaient été engagées dès ce moment entre la Sonatrach et El Paso, ce que Belkacem Nabi, à dessein, omit de mentionner dans sa déclaration. L'émoi suscité par les révélations du ministre de l'énergie fut tel que Chadli Bendjedid ordonna la création d'une
commission d'enquête parlementaire sur la question, enquête que
réclamaient aussi les députés à l'Assemblée nationale. Les travaux de cette commission traînèrent en longueur, par suite de la mauvaise volonté manifestée par le gouvernement,qui craignait que les conclusions auxquelles elle aboutirait viennent l'éclabousser et toucher le président de la République lui-même. L'autre raison qui fit que ces travaux tombèrent en quenouille fut l'initiative de Sid Ahmed Ghozall-directement visé par les accusations de Nabi-de rédiger un mémorandum sur la question, qu'il dupliqua en quatre cents exemplaires et adressa à Chadli Bendjedid, en sa qualité de secrétaire général
du FLN, et à tous les membres du comité central. Le président considéra cet acte comme une offense à sa personne, une position confortée par le Pre·mier ministre, le colonel Abdelghani, qui le poussa à sanctionner Ghozali :«C'est de l'indiscipline.Il n'a pas à s'adresser directement aux membres du comité
Central. 1I appartient au secrétaire général de juger si oui ou non ces derniers doivent être destinataires de ce mémorandum ». Quoi qu'il en soit, ChadliBendjedid décida, en octobre 1979, de limoger Sid Ahmed Ghozali du poste de ministre de l'Hydraulique. Le conseil de discipline du FLN se saisit à son tour du dossier et le comité central l'exclut de sesrangs en décembre 1980.

limier
11/03/2012, 15h33
II entama alors une traversée du désert qui durera cinq ans.
Restait à Belkacem Nabi à justifier la position de rédempteur qu'il avait prise en déclenchant le « scandale » et à convaincre El Paso de la nécessité de la révision du prix. Il reprit langue avec le partenaire américain, mais les négociations engagées échouèrent, ce qui mit fin au contrat. Telle fut du moins la version avancée par Nabi.
La réalité serait apparemment tout autre. Au moment des faits, l'Algérie menait, par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Mohamed Seddik Benyahia, une action de médiation entre les États-Unis et la République islamique d'Iran en vue de la libération des fonctionnaires de l'ambassade américaine, retenus en otages à Téhéran depuis novembre1979. Selon Mustapha Boutaïeb, conseiller à l'Énergie du président Chadli de 1982 à 1984, qui me l'a personnellement rapporté, Belkacem Nabi aurait affirmé à l'ambassadeur des États-Unis accrédité à Paris que, dans le cas où El Paso refuserait le prix qu'il avait exigé d'elle, l'Algérie mettrait fin
à sa mission de bons offices entre Washington et Téhéran. Face à cet ignoble chantage, où se mêlaient une action humanitaire et une opération commerciale,
les Américains auraient mis fin au contrat, tandis que le président Ronald Reagan, informé de l'épisode lors de son élection en novembre 1980, aurait demandé dès
le lendemain de son intronisation, le 20janvier1981-jouroù furent libérés les otages de Téhéran-, à El Paso et à toutes les autres compagnies américaines intéressées de renoncer à tout achat de gaz à l'Algérie, dans l'immédiat ou à l'avenir.
Mais qu'est-ce qui motivait les agissements de Belkacem Nabi ? Car son action destructrice s'étendit aussi aux contrats de vente de gaz signés par la Sonatrach avec d'autres clients, dont l'Allemagne et les pays nordiques. Le motif qu'il avançait était toujours le même: ses prédécesseurs avaient « bradé »,le gaz. Aucun des clients approchés n'accepta cependant une augmentation de prix, préférant acheter de plus grandes quantités chez les Hollandais ou même chez l'ogre soviétique. Et aucun décideur algérien ne se posa ces quelques questions de bon sens:"Ne seraient-ce pas plutôt les demandes du ministre de l'Énergie qui sont exorbitantes?Pourquoi s'entêter à demander l'impossible, quitte à rompre les accords conclus? Le but recherché par Nabi n'est-il pas simplementune vengeance qu'il cherche à assouvir en dénonçant
les engagements pris par Belaïd Abdesselam et Sid Ahmed Ghozali durant la période Boumediene, en avançant pour ce faire des propositions qu'il sait par avance inacceptables ? »
La démarche adopté comportait néanmoins deux exceptions notables :la France et l'Italie. Belkacem Nabi n'annula aucun des contrats passés avec GDF et l'ENI. Pourquoi ce qui était valable pour les Allemands, les Américains ou les Suédois ne l'était-il pas pour les Français et
les Italiens? La véritable raison ne résidait-elle pas ailleurs que dans le prix D'autant plus que le prix du gaz livré à la France n'avait été définitivement arrêté qu'après l'accord avec El Paso et découlait directement de celui convenu avec les Américains (voir supra, chapitre 7). De fait, il y avait bel et bien d'autres motivations derrière la dénonciation de tous ces contrats. Celle-ci résultait, à vrai dire d'une action des milieux politiques et pétrolier français, qui avaient réussi à infiltrer les rouages du nouveau pouvoir algérien à différents niveaux,ce dont on aura ensuite -j'y reviendrai-l'illustration en diverses occasions.
Il suffit, à ce stade, de rappeler que les dirigeants d'Elf-Erap avaient mené des années durant des actions auprès des clients potentiels de la Sonatrach en Europe, auprès de la Commission fédérale américaine de l'énergie, de l'EximBank et de l'administration américaine, afin d'empêcher toute vente de gaz algérien en dehors du canal de Gaz de France. Cette volonté de mainmise française sur le gaz algérien -et sur le pétrole aussi
d'ailleurs-n'avait jamais faibli. On se souvient aussi du dépit manifesté par Pierre Guillaumat et l'équipe de l'ex-BRP, qui avaient préféré abandonner certaines activités algériennes du groupe au lendemain des nationalisations de 1971, car ils n'avaient pas digéré la « perte» du Sahara. La nomination de Belkacem Nabi, qui avait déjà fourni par le passé la preuve de ses
sentiments profrançais (ce qui lui avait coûté d'être limogé du poste de directeur de l'énergie et des carburants, puis de celui de président de la SN Repal), constituait donc pour les pétroliers français l'occasion, qu'ils attendaient depuis des années, de reprendre leur offensive en vue d'une réoccupation du terrain perdu depuis 1962 et de bouter les Américains hors d'Algérie.
Quant à la non-dénonciation du contrat de vente de gaz â l'Italie, elle s'explique par l'implication de très hautes personnalités algériennes et italiennes dans une grave affaire de corruption ayant marqué ce contrat, dont il sera question plus loin.Ainsi donc, à l'issue d'une année de présence de Belkacem Nabi à la tête du ministère de l'énergie et des industries pétrochimiques, les engagements de l'Algérie en matière de vente de gaz, qui avaient atteint plus de 60 milliards de m3 par an en1978, étaient réduits des deux tiers à l'orée de la décennie 1980. Mais son action nocive ne s'arrêta pas là, puisque, pour couronner le tout, il mit fin aussi au programme d'exploitation global des gisements algériens connu sous le nom de Valhyd. Cette série de décisions négatives commença à faire jaser les gens du métier au sein de la Sonatrach ou du ministère, de même qu'elle provoqua quelques remous dans la classe politique.Bien que tous les ministres, la quasi-totalité des parlementaires et des membres du comité central du FLN fussent totalement acquis au pouvoir, certains se posaient quand même, en catimini, la question du pourquoi de tant d'annulations de projets et de contrats. Pour justifier son attitude, Belkacem Nabi lança alors un nouveau credo: il fallait garder des réserves de pétrole et de gaz pour les générations futures. Comme si les réalisations qu'auraient permises les recettes liées à ces ventes n'auraient pas bénéficié aux générations futures. Les Algérlens ne ressentiront que bien plus tard les conséquences de la politique de destruction systématique de l'économie menée par Belkacem Nabi et Abdelhamld Brahimi, visiblement soutenus par Chadli Bendjedid.Pour l'heure, ils étaient heureux de constater que les étalages desmarchés et les devantures des boutiques étaient de mieux en mieux approvisionnés; ils y retrouvaient des produits qu'ils n'avaient plus revus depuis une quinzaine d'années, comme les fromages ou les bananes, dont ils avaient presque oublié l'existence. Il faut dire aussi que les prix du pétrole avaient été multipliéspar troisou quatre.

khaly
11/03/2012, 17h13
Quant à l'opération elle-même, elle aurait dû être mieux réfléchie et mise en application dans ces quelques rares cas seulement, de manière progressive. S'attaquer à un chantier aussi vaste, couvrant l'ensemble du secteur économique, en un laps de temps aussi court, dans un pays sans traditions dans le domaine de l'organisation et de la gestion, où le nombre de cadres était de loin inférieur aux besoins, ne pouvait qu'aboutir à une catastrophe.On a ainsi détruit un pan entier de l'économie nationale, brisé des entreprises qui avaient nécessité des années d'efforts pour leur mise sur pied et qui étaient encore en voie d'éclosion puisqu'elles commençaient tout juste à consolider leurs assises.

Avec du recul , c'est très facile à dire Mr Malti, à cette époque certaines SONA avaient atteint un gigantisme ingérable par les "cadres" que possédait le pays , les détournements de deniers publics étaient très élevés , certains PDG devenus très puissants se rebellaient contre leurs ministères de tutelle.
La cour des comptes , la décentralisation ,et la restucturation des entreprises étaient impérativement urgentes à entamer.

ps; ça concerne A. BRAHIMI

KHORE
11/03/2012, 17h19
si NABI est un agent de FAFA. il appartiendrait au groupe des ZERDANI et des chaouis ami de BEN BELLA et plus francophiles que BOUTEF.

auquel cas notre délicieuse Myriam, en dansant pour BOUTEF le jour de la célébration de la journée de la femme, ne cherchait qu'à épargner le poison , ou noyer les soupçons...

Madjidrn
11/03/2012, 17h46
Tant que on applique pas loi, tant que la justice n'est pas libre donc toujours on entend des choses graves et aussi le résultats de l'impunité qui règnent .
AU USA, le président est un noir d'origine africaine, en France le président est d'origine Hongrois mais tellement que la loi est au-dessus de tout le monde personne ne peut faire ce qu'il veut sans passer par les autres institutions, on remarque que chaque président arabe ou du tiers monde quand il effectué une visite de travail en France ou aux USA il croit quand il rencontre le Président Américain, il croit que le Président peut donner ce qu'il veut il oubli que chaque décision doit passer par le congress , il pris une photo de souvenir devant les cameras il croit qu'il a réussi a régler les affaires Donc je reviens et j'insiste que la première des choses avoir une justice libre et indépendante et que loi soit au dessus de tout le monde après inchallah toutes les autres organisations faire son travail.

khaly
11/03/2012, 18h01
Tant que on applique pas loi, tant que la justice n'est pas libre donc toujours on entend des choses graves et aussi le résultats de l'impunité qui règnent .
AU USA, le président est un noir d'origine africaine, en France le président est d'origine Hongrois mais tellement que la loi est au-dessus de tout le monde personne ne peut faire ce qu'il veut sans passer par les autres institutions, on remarque que chaque président arabe ou du tiers monde quand il effectué une visite de travail en France ou aux USA il croit quand il rencontre le Président Américain, il croit que le Président peut donner ce qu'il veut il oubli que chaque décision doit passer par le congress , il pris une photo de souvenir devant les cameras il croit qu'il a réussi a régler les affaires Donc je reviens et j'insiste que la première des choses avoir une justice libre et indépendante et que loi soit au dessus de tout le monde après inchallah toutes les autres organisations faire son travail.


Chez nous c'est la Loi du clan , de la dechra , et des interets qui prime, rien à voir avec les pays civilisés, et ce , meme si on se targue de posséder les plus hauts diplomes des meilleures universités au monde.

Madjidrn
11/03/2012, 18h51
à khaly:Salam.
J'ai essayé dans ma vie d'être optimiste et toujours j'ai l'espoir qu'arrive un jour qu' on va bâtir des institutions solides et on vit sur un toit ou tout le monde est au-dessus de la loi mais quand j'entends des choses pareil je deviens pessimiste malgré que je demande rien sauf que la loi fait son travail librement " UN ÉTAT DE DROIT"comme dans les autres pays civilisés ou on voit par exemple aux États Unis où un mélange de races mais tellement que loi est respecté par tout le monde chacun a des droits et des devoirs. Tellement que ces informations de tricherie et de mal honnête et de vol me touche beaucoup je n'arrive pas a exprimé ma douleur et mes sentiments.
Au cours de la Deuxième guerre mondiale un savant juif à inventé une arme en Angleterre et après la victoire des alliers, quand le ministre anglais a proposé a ce savant que demande monsieur l’Angleterre est a votre disposition le Monsieur n'a demandé Ni palais , ni Villa , Ni des Voitures il a demandé un pays pour les Juifs voila les braves et après tu sais Monsieur OUAAD BELFOR.Je m’arrête c'est mieux.

Madjidrn
11/03/2012, 19h12
à khaly:Salam.
J'ai essayé dans ma vie d'être optimiste et toujours j'ai l'espoir qu'arrive un jour qu' on va bâtir des institutions solides et on vit sur un toit ou tout le monde est au-dessus de la loi mais quand j'entends des choses pareil je deviens pessimiste malgré que je demande rien sauf que la loi fait son travail librement " UN ÉTAT DE DROIT"comme dans les autres pays civilisés ou on voit par exemple aux États Unis où un mélange de races mais tellement que loi est respecté par tout le monde chacun a des droits et des devoirs. Tellement que ces informations de tricherie et de mal honnête et de vol me touche beaucoup je n'arrive pas a exprimé ma douleur et mes sentiments.
Au cours de la Deuxième guerre mondiale un savant juif à inventé une arme en Angleterre et après la victoire des alliers, quand le ministre anglais a proposé a ce savant que demande monsieur l’Angleterre est a votre disposition le Monsieur n'a demandé Ni palais , ni Villa , Ni des Voitures il a demandé un pays pour les Juifs voila les braves et après tu sais Monsieur OUAAD BELFOR.Je m’arrête c'est mieux.

limier
12/03/2012, 11h51
D'autant plus que le secteur pétrolier a subi lui aussi les effets de cet ouragan, mais en pire. A la restructuration de la Sonatrach, éclatée en une quinzaine d'entreprises, Belkacem Nabi ajouta en effet le limogeage de tous les cadres dirigeants de la société. La purge engloba les vice-présidents, les directeurs centraux et nombre de directeurs opérationnels: ils furent chassés comme des malpropres, sans aucune notification officielle et sans que leur soit proposée une nouvelle affectation. C'est en se présentant un matin au travail qu'ils découvraient que quelqu'un d'autre occupait la fonction qui était encore la leur la veille et que cette personne occupait leur bureau. Dans une majorité de cas, les nouveaux responsable sont été choisis en dehors de la structure dont ils prenaient la charge ou très bas dans la hiérarchie de celte structure. Ils n'avaient donc aucune expérience à faire valoir qui aurait pu améliorer le fonctionnement de l'entreprise. On aurait dit que Belkacem Nabi était arrivé chargé d'une mission particulière, celle de tout casser, de tout détruire. Toute l'expérience accumulée par ceux qui étaient là depuis une quinzaine d'années disparut brutalement, sans passation de consignes ni transmission du savoir. Quant à ceux qui avaient été éliminés, s'ils demandaient à rencontrer le ministre et essayaient de connaître la raison de leur limogeage, ils se heurtaient à un mur de silence. Nabi refusait de les recevoir et son entourage n'était pas habilité à leur fournir la moindre explication, à supposer qu'il y en ait.Bien que n'étant pas licenciés, on cessa de verser leurs salaires à certains. Les plus chanceux virent les leurs maintenus, mais on les ignora totalement: n'exerçant plus aucune fonction, n'ayant plus de travail ni de bureau, il ne leur restait qu'à attendre chez eux un événement qui viendrait débloquer leur situation précaire; on cherchait en réalité à les pousser à partir d'eux-mêmes. Quant à ceux qui prirent les devants et allèrent chercher du travail dans un autre domaine d'activités, auprès d'une autre institution d'Etat -celui-ci était présent partout-, Nabi leur mit d'autres bâtons dans les roues. Il y eut des cas où il s'opposa-par méchanceté, jalousie ou rancœur?à ces tentatives de départ en rejetant la démission, la demande de mutation ou de détachement de l'Intéressé, ou en refusant de lui délivrer les documents administratifs que requérait le nouvel employeur.
Le comportement de Belkacem Nabi se faisait sentir même en de hors de la Sonatrach ou du ministère de l'énergie: lors de mes fréquents contacts avec le secrétariat général de l'OPAEP ou avec mes collègues directeurs généraux des autres compagnies inter-arabes, il m'a été rapporté l'attitude inamicale du ministre ou de ses mandants l'égard de toutes les initiatives qui avaient été prises, dans ces enceintes, par les représentants algériens de l'ère Boumediene. J'ai eu aussi personnellement l'occasion de ressentir une telle animosité dans le cadre de mes fonctions à la tète de l'APSC.
Cette chasse aux sorcières eut des conséquences désastreuses sur le secteur des hydrocarbures. Elle causa une importante fuite de cerveaux vers l'étranger.
De nombreux cadres pétroliers -ceux qui avaient été pourchassés, mais aussi ceux qui ne l'avaient pas été et qui avaient néanmoins tiré une leçon de ces événements -quittèrent le pays à la première occasion pour aller monnayer leur savoir ailleurs dans le monde. Cette saignée se poursuivra plu tard dans d'autres circonstances, avec pour résultat que la diaspora algérienne des pétroles est aujourd'hui présente dans de nombreuses régions pétrolières, dans le Golfe et en Afrique tout particulièrement. Ce nettoyage par le vide avait aussi et surtout un objectif politique précis, voulu par le nouveau régime: faciliter l'intrusion de la Françalgérie dans le secteur névralgique et hautement stratégique des hydrocarbures.

Il est claire que ce Belkacem Nabi était un chargé de mission et dont l'objectif est de saboter le travail titanesque réalisé jusque-là. Grâce à lui la France a pu se venger de tous les hommes qui ont mis ses grandes entreprises dehors. Il est claire aussi que le retour de Belkacem Nabi consacre celui du retour de la françalgérie à travers l'axe Belkhir-Zerhouni-Benahmed. Kasdi Merbah devrait regretter dans sa tombe, d'avoir ouvert la brèche pour ce retour qui a causé même sa mort quelques années après. Quand on place son intérêt personnel avant celui de toute une nation, le résultat ne peut pas être meilleur.

orrano
12/03/2012, 14h47
l'Algérie un manque à gagner de 150 milliards de dollars Ou ta trouvé ce chiffre et dans les années 80 et en plus du Gaz.................:mrgreen:

Il ne faut pas envoyer n'importe quoi au milieu des paragraphes....:mad:

Cookies