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Voir la version complète : Mohammed Merah, un jeune carrossier «calme et gentil»


mkh
22/03/2012, 07h27
PORTRAIT - Le jeune homme, suspecté des tueries de Toulouse et Montauban, est devenu carrossier après avoir tenté de rejoindre l'armée. Selon deux proches, il n'a rien d'un islamiste radical.

Mohammed Merah, 23 ans, le suspect des tueries de Toulouse et Montauban, est décrit par le ministre de l'Intérieur comme un petit délinquant radicalisé dans un groupe salafiste. À Toulouse, deux amis du jeune homme donnent une vision plus intime de sa personnalité, en complet décalage avec les figures de tueur froid ou d'islamiste radical qui se profilent aujourd'hui. Sa prime jeunesse, Mohammed l'a passée dans le quartier des Izards, une cité connue pour des problèmes de stup, et a suivi une scolarité en pointillé à l'école Ernest Renan.
Passionné de moto et de football «comme la plupart des jeunes de sa cité», ce jeune homme fluet d'1m70, est jugé «calme, gentil et respectueux», par un de ses proches qui ne cache pas sa stupéfaction de voir son ami impliqué dans cette affaire. Ce garçon qui voulait construire une villa, qui se projetait un avenir meilleur, n'avait aux yeux de ses connaissances rien d'un «moudjahidine», capable de tuer un enfant. Et s'il lui arrivait parfois de se battre, il n'était apparemment jamais le premier à porter les coups.
«Il ne parlait jamais ni de politique, ni de religion, comme si cela ne l'intéressait pas. Je le croisais de temps à temps à la mosquée, mais il n'était pas très pratiquant. Il a été pris de folie, je n'y crois pas , je suis dégoûté», s'exclame ce camarade qui a préféré garder l'anonymat. Si Mohammed Merah ne buvait pas d'alcool, on pouvait apparemment le croiser dans des fêtes, une cigarette à la main. «Je suis sorti en boîte de nuit avec lui la semaine dernière», assure cet ami.

Une réputation de «bon travailleur»

«Il y a trois ans environ, il a fait un fait un séjour de quelques mois en prison. Il avait déjà commis des petits vols et il avait été arrêté pour un défaut de permis alors qu'il conduisait un Yamaha T-Max», poursuit-il. Le scooter utilisé par le responsable des tueries de Toulouse et Montauban.
Installé dans le quartier de Côte Pavée depuis environ trois ans, Mohammed vivait a priori seul dans son appartement, à la suite d'une histoire d'amour malheureuse, selon une autre source, un ami d'origine marocaine, se surnommant Dany. Une autre connaissance évoque, a contrario, la présence d'une compagne.
«Il a tenté de s'engager dans l'armée mais sans succès», confirme Dany. Œuvrant comme carrossier, Mohammed s'était forgé une réputation de «bon travailleur», ne dédaignant pas «d'arranger» au passage des voitures pour les amis. La veille même de la tuerie de l'école, rien dans la vie de Mohammed ne laissait soupçonner à son entourage le drame qui allait éclater. «Il était calme. Il faisait des tours dans le quartier à bord de sa Clio noire, s'étonne Dany qui dit l'avoir croisé dimanche. C'est vrai qu'il était assez silencieux ces derniers jours mais personne n'avait soupçonné un problème.»
«Il n'a jamais porté la barbe, n'a jamais tenu de propos antisémites», souligne ce dernier, «il s'est même taillé une crête rousse par jeu, pour faire rire les copains, à sa sortie de prison». «Si c'est lui le responsable, ce qu'il a fait est impardonnable, c'est contraire à toutes les lois du Coran», déplore Dany.

Le Figaro

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