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Neutrino
24/03/2012, 11h02
Largement critiqué pour ses propos aux relents xénophobes, le candidat Sarkozy a pris de la hauteur en retrouvant son rôle de président, estime le quotidien conservateur The Daily Telegraph. Tandis que François Hollande, en décidant de suspendre sa campagne, restait sur la touche.

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En tête des sondages depuis Noël, François Hollande a commis une erreur de débutant en annonçant d'emblée, après les meurtres commis le à Toulouse le 19 mars, qu'il suspendait sa campagne jusqu'à ce que la lumière soit faite sur les trois séries de meurtres. C'était faire le jeu de Nicolas Sarkozy : le président sortant lui a immédiatement emboîté le pas en déclarant que sa campagne serait également suspendue. En d'autres termes, il a pu endosser à nouveau son costume de président pour guider un pays profondément affecté par cet épisode tragique, pendant qu'Hollande restait sur la touche.

Sarkozy n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est dos au mur. C'était pour lui quitte ou double, et il a signé un coup magistral. Rendant un dernier hommage aux jeunes paras, il s'est exprimé avec sobriété et a refusé toutes les interviews. Son ministre de l'Intérieur (également en charge des cultes), le très sévère Claude Guéant, a appelé les représentants des communautés juive et musulmane à condamner le racisme d'une même voix. Et quand, après avoir réussi à identifier Mohamed Merah en deux jours et l'avoir assiégé à son domicile, le Raid l'a finalement tué, le pays tout entier a poussé un soupir de soulagement.

Cette affaire a rappelé aux Français deux grands épisodes de la carrière de Sarkozy : son mandat de ministre de l'Intérieur, au début des années 2000, marqué par une intransigeance sur le maintien de l'ordre ; et la prise d'otages de 1993 à l'école maternelle de Neuilly, dont l'actuel président était alors le tout jeune maire, âgé de 28 ans. Après avoir négocié pendant des heures avec celui qui se faisait appeler "Human Bomb", Sarkozy était entré seul dans l'école pour proposer d'être pris en otage en échange de la libération des enfants. Cet épisode qui, naturellement, a largement contribué à le faire connaître à l'échelle nationale, trouve aujourd'hui de nombreux échos dans la tuerie de Toulouse.

Reparti en campagne, Nicolas Sarkozy a fait salle comble ce jeudi [22 mars] à Strasbourg, où il s'est engagé à combattre le racisme et le terrorisme et à préserver l'unité des différentes communautés de France. De son côté, François Hollande ne s'est guère fait entendre, tandis qu'un de ses porte-parole, Jean-Jacques Urvoas, marquait contre son camp en critiquant l'inefficacité de la police.

A un mois des élections, Nicolas Sarkozy a fait preuve d'une sincérité des plus crédibles. Rétrospectivement, peut-être pourra-t-il considérer cette dernière semaine comme le moment où la roue a tourné - en sa faveur.

Courrier International/The Daily Telegraph

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