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Voir la version complète : Si Mohand un géant


stranger011
15/06/2006, 16h35
les cris de douleur d’une société
« Entre Baudelaire et Si Muhend U M’hend, il n’ y a vraiment pas de différence si ce n’est la langue » disait Mouloud Mammeri de son vivant.

Ses poèmes furent une source d’inspiration pour plusieurs artistes Kabyles de renom tels que Slimane Azem, Cheikh El Hasnaoui et Matoub Lounes.

avait apprit le Coran et la jurisprudence à la Zaouia de "Sidi Abderahmane El Illouli" tout en assurant que c’est la société kabyle de l’époque qui avait "façonné" Si Mohand. Il "portait et exprimait, dans ses poèmes, toute la souffrance endurées par cette même société écrasée par le colonialisme français"

Né en 1845 à Icheriouène à Tizi Rached, Si Mohand U M’hand est décédé à l’hôpital de Ain El Hammam le 8 décembre 1905. Ses poèmes furent une source d’inspiration pour plusieurs artistes Kabyles de renom


un de ses poemes

Ce siècle fait fuir
Qui a enrichi les chiens
Vous êtes brisés, ô nobles cœurs

Je dois aux méchants mes cheveux blancs
Ma raison m’a abandonné,
Je suis " le fils dépravé "

Il faut donc me résigner
Puisque le lâche se fait craindre :
Tant pis, ô mon âme, tant pis.


Si cette âme qui est la mienne
pouvait prendre une forme humaine
Pour elle j’entrerais au bagne.

Insensible à mes remords
Elle m’a plongé dans la débauche
Elle m’abandonne dans la misère.

Dans l’indifférence, traîne toi par terre !
M’en souviendrais-je au moins ?
J’accepte qu’on m’abreuve d’injures

stranger011
15/06/2006, 17h05
Faucon écoute bien mon message
avant de déployer tes deux ailes
sois de ceux qui comprennent

Par delà la montagne
emporte mes lettres
et raconte à chaque ami

S'il est encore des coeurs qui s'attendrissent
qu'ils se souviennent de moi
enfant prédestiné à l'exil.

stranger011
18/06/2006, 18h57
Que Dieu maudisse la mort
Qui nous frappe à tort
Sans se soucier des Victimes

La faux puissante du sort
S'acharne d'abord
Sur ceux qui ont notre estime

Mon ami une fleur d'or
S'épanouit encore
Elle est jetée dans l'abime

stranger011
18/06/2006, 18h58
La vie se hate et court
Comme un eclair, elle trace son chemin
Nous la connaissons ephémère

Oh! Dieu, Toi le Parfait
De Toi, uniquement, on attend le soutien
Toi le compatissant, Le Propriétaire du Trone

Accordes nous la vrai connaissance
Protèges nous contre l'injustice
Car nous ne supportons l'humiliation

stranger011
18/06/2006, 19h02
Je vais envoyer une lettre, oh! colombe
emporte la à ma bien aimée
et déposes le message dans ses bras

oh! mon coeur! patientes et cesses tes larmes
ton mal est tellement apparent car tu saignes
ton amour est dangereux car il crache le venin

stranger011
18/06/2006, 19h06
Poème de Si Mohand u M'hend traduit par Mouloud Feraoun

1. Nul ne peut sonder les coeurs,
De l'amour connaître le degré
Car chacun a son tourment.

L'un aime avec plénitude
Son sort est enviable
Il ne quitte pas sa bien aimée

Pour l'autre, il ya la souffrance
Il aspire à l'impossible
Dieu seul connaît son mal


2. Voici que mon coeur se gonfle
De larmes il déborde
Pour ce qu'il a enduré

Ma confession fait frémir la montagne
Et chaque fois ravive ma plaie
Car l'amour est ma passion

Victime d'un sort maudit
N'yant guère de chance
Pourrais-je goûter un jour ?