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Voir la version complète : la LDH veut la verité sur la mort de Maurice Audin


chegevara
30/03/2012, 20h42
La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a demandé vendredi « aux plus hautes autorités de l'État » de dévoiler « la vérité » sur la mort du mathématicien Maurice Audin, disparu à Alger en 1957 après avoir été arrêté par l'armée française, qui l'a exécuté, selon un livre paru récemment.

« Le jeune mathématicien Maurice Audin, arrêté à son domicile à Alger par les parachutistes durant la guerre d'Algérie, en juin 1957, et transféré par eux au centre d'interrogatoire d'El Biar, n'a jamais été revu vivant », rappelle la LDH dans un communiqué. Or, ajoute l'ONG, « un manuscrit du colonel Godard, alors ancien commandant de la zone Alger‑Sahel, contient, dans un passage qui a été rendu public par l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur (...) de nouvelles informations sur la mort » du disparu.

« Contredisant la thèse officielle selon laquelle Maurice Audin se serait évadé, ce manuscrit affirme qu'il a été tué par les militaires qui le détenaient et mentionne même le nom de celui qui aurait mis fin à ses jours, le sous‑lieutenant de l'infanterie coloniale, Gérard *****t, aide de camp du général Massu », poursuit la LDH. Le témoignage du colonel Godard a été publié dans un livre paru le 4 mars, Le camp de Lodi (éditions Stock), de la journaliste Nathalie Funès.

Comme la famille Audin le fait depuis des décennies, « la Ligue des droits de l'Homme s'adresse aux plus hautes autorités de l'État pour qu'elles répondent enfin à la demande de sa veuve, Josette Audin, qu'on lui dise la vérité sur la disparition de son mari », selon le communiqué diffusé vendredi. En juin 2007, juste après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, Josette Audin lui avait envoyé une lettre ouverte dans laquelle elle lui demandait de mettre fin à « la dissimulation honteuse de cette mort » et expliquait qu'il lui était « insupportable de ne pas connaître cette vérité ». Sans résultat.

TSA

chegevara
30/03/2012, 20h47
La fille du mathématicien Maurice Audin, disparu à Alger en 1957, a refusé la Légion d'honneur dans un courrier au président français Nicolas Sarkozy, a-t-on appris vendredi auprès de l'intéressée. Michèle Audin, professeur de mathématiques à l'Université de Strasbourg, estime dans sa lettre que cette distinction est "incompatible" avec un courrier de sa mère restée lettre morte, qui demandait au chef de l'Etat de "contribuer à faire la vérité sur la disparition" de Maurice Audin, leur époux et père.

Le mathématicien avait disparu à Alger après avoir été arrêté par des militaires français en 1957. "A ce jour, vous n'avez pas donné suite à cette demande. Vous n'avez d'ailleurs même pas répondu à cette lettre (...) Vous me voyez donc au regret de vous informer que je ne souhaite pas recevoir cette décoration", a écrit la mathématicienne.

Contactée par l'AFP, Mme Audin a estimé "à la limite méprisante" l'attitude du chef de l'Etat français et rappelé l'importance de la lettre ouverte envoyée par sa mère au président en 2007, 50 ans après la disparition de son mari, qui demandait à Nicolas Sarkozy de mettre fin à "la dissimulation honteuse". "Le 11 juin 1957 (...), des parachutistes de l'armée française ont fait irruption et ont emmené mon mari. Depuis cette date, je ne l'ai jamais revu", avait écrit Josette Audin, en ajoutant que pour elle, "il reste entre la vie et la mort qui ne lui a jamais été signifiée".

Dans sa lettre ouverte au président Sarkozy, elle lui avait demandé, non pas "un procès des tortionnaires de son mari", mais "simplement de reconnaître les faits".
TSA

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