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morjane
16/06/2006, 18h52
Le procès de Zhao Yan, assistant de nationalité chinoise du bureau de Pékin du quotidien américain New York Times a commencé vendredi, à huis clos Il comparaît pour « divulgation de secrets d'Etat », et risque la peine de mort.

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Le procès de Zhao Yan, un assistant de nationalité chinoise du bureau de Pékin du quotidien américain « New York Times », a commencé vendredi, à huis clos. Zhao Yan comparaît pour « divulgation de secrets d'Etat », un délit passible de la peine de mort, qui cependant n'est jamais requise dans ce genre d'affaires. Il est également accusé de « fraude ». Agé de 43 ans, celui-ci devrait plaider non-coupable.

Zhao Yan avait été arrêté le 17 septembre 2004, quelques jours après l'annonce par le quotidien américain que l'ex-numéro un chinois Jiang Zemin allait quitter ses fonctions à la tête de l'armée. Cette « fuite » avait été considérée comme intolérable par le pouvoir, qui cherche à contrôler totalement toutes les informations concernant les hauts dirigeants. Celles-ci sont classées « ultra secret ». Le « New York Times » dément pour sa part que Zhao ait quoi que ce soit à voir avec la divulgation de cette information. Le concept de « secret d'Etat » est extrêmement vague en Chine – où des données très banales, tel les taux de cancer par exemple, sont classés « top secret ».

En mars dernier, peu avant la visite du président Hu Jintao aux Etats-Unis, les autorités judiciaires avaient indiqué qu'elles abandonnaient les poursuites. Zhao Yan semblait ainsi pouvoir faire partie de la petite charrette de libération de dissidents parfois concédées par Pékin à la veille de visites officielles. Mais, un mois plus tard, après le retour du président chinois, la juridiction faisait machine arrière et décrétait la relance de la procédure. Une décision non conforme à la loi chinoise, selon Me Shaoping, l'un des avocats de Zhao Yan. Pour Human Rights Watch, une association de défense des droits de l'Homme basée à New York, il s'agit ni plus ni moins d'une « parodie de justice ».

L'acharnement des autorités de Pékin contre Zhao Yan paraît lié à aux activités de militant pour les droits de l'homme auxquelles il se livrait avant de travailler pour le quotidien américain. Plus généralement, les autorités communistes visent, semble-t-il, à intimider la presse étrangère en poste à Pékin, ainsi que les collaborateurs chinois qu'elle emploie. En outre, la presse chinoise continue s'être sérieusement malmenée. Placés sous le contrôle étroit du Parti communiste au pouvoir, les médias chinois sont soumis à une forte censure politique. Les journalistes qui se risquent à dépasser les limites fixées par le régime s'exposent à de lourdes sanctions, y compris pénales. L'un d'eux qui avait révélé une affaire de corruption dans le centre de la Chine a ainsi été condamné jeudi à un an de prison pour extorsion.

La justice chinoise est généralement expéditive. Aucune indication n'a toutefois été donnée sur la date à laquelle le verdict du procès de Zhao Yan serait annoncé. Selon Guan Anping, membre de l'équipe chargée de la défense, Zhao Yan est détenu dans une prison de Pékin, où seuls ses avocats peuvent lui rendre visite, le contact avec sa famille ne se faisant que par lettre.

Par Liberation

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