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Voir la version complète : Mobilisation citoyenne contre les expulsions d'enfants


morjane
17/06/2006, 18h22
Alors que la Loi Sarkozy a été adopté sans aucune difficulté des mouvements citoyens s'organisent afin de lutter contre l'expulsion sauvage des enfants dès l'année scolaire achevé. Ce qui prouve aussi que la france "d'en bas" n'est pas si raciste que ça en cas d'urgence absolue.

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C'est l'"instinct", disent-ils, qui les pousse à agir. Leur "conscience". Ils sont des centaines, à travers la France, à rester mobilisés. Nicolas Sarkozy a promis la régularisation "au cas par cas" de familles d'enfants scolarisés, menacées d'expulsion. Pourtant, la mobilisation continue de s'étendre.

Les habitants de Chavagnes-en-Paillers, petite commune vendéenne de 3 000 âmes, s'étaient donné rendez-vous samedi 10 juin sur la place principale. "Leur" famille, à eux, vient du Kosovo. Dès qu'ils ont appris sa convocation à la préfecture, "cela a été instinctif", raconte Ghislaine Clouet, 58 ans. C'est elle, mère de famille retraitée, épaulée par l'institutrice de la commune et par une voisine, qui a monté une association "dans l'urgence". " Depuis deux ans et demi, nous les côtoyons comme des amis, s'emporte-t-elle. Le monsieur a une promesse d'embauche d'un entrepreneur de la commune. Sa femme, couturière, aide bénévolement une association locale. Les enfants ont de nombreux copains chavagnais, vont au club de foot... Ils font vraiment partie du village."

Nés de la réaction de simples citoyens, les collectifs finissent souvent par converger vers le Réseau éducation sans frontières (RESF). Cette plate-forme d'information et de conseil, créée en 2004, regroupe aujourd'hui 70 organisations. Le réseau offre la possibilité de consulter des juristes, met à disposition un guide pratique et juridique (Jeunes scolarisés sans papiers : régularisation, mode d'emploi), relaie sur son site Internet appels à manifester et pétitions, se charge en cas d'urgence d'interpeller les préfectures et au besoin le cabinet du ministre de l'intérieur. Une aide précieuse pour tous ceux - et c'est souvent le cas - qui ne sont pas des militants aguerris.

"DÉSOBÉISSANCE CIVILE"

Le réseau vient de demander à tous les sénateurs et députés de parrainer la famille d'un enfant sans papiers. Le 1er juillet, dernier samedi avant les vacances scolaires, il organisera une "cérémonie d'ouverture de la chasse aux enfants" où il réitérera son appel à la "désobéissance civile" pour protéger les élèves susceptibles d'être expulsés cet été.

A l'origine du réseau, Richard Moyon, un enseignant de Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine. Un jour, il y a dix ans, un élève l'aborde en tremblant à la fin d'un cours, lui montre l'"invitation à quitter le territoire" qu'il vient de recevoir. Elèves et professeurs se mobilisent, font le siège de la préfecture. Issa, mauritanien en 1996, est aujourd'hui français, père de deux petites Françaises et commercial dans une PME. Entre-temps, Richard Moyon a soulevé des montagnes pour empêcher l'expulsion de dizaines d'élèves.

A Créteil aussi, des enseignants sont mobilisés. Une assemblée générale est organisée en juin 2004. Une centaine de personnes se réunissent à la Bourse du travail, à Paris - enseignants, syndicats de profs, organisations de parents d'élèves, milieux préoccupés par l'immigration. La machine est lancée, des dizaines de comités locaux s'y raccrochent... Pas de structure, pas de local, pas de permanent, pas de président : le mouvement vient d'en bas, s'étoffe tous les jours de mères et de pères de famille, souvent apolitiques, dont les enfants ont, à l'école, un copain menacé. "C'est l'anarchie miraculeuse", résume Richard Moyon.

Le pilier du réseau ne cherche pas la notoriété. Mettre en avant un ancien de Lutte ouvrière, puis de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) pour symboliser le réseau ? Cela risquerait de mettre en péril le fragile équilibre qui "tient" le réseau. Car le mouvement, porté au départ par des enseignants de gauche ou d'extrême gauche, relève aujourd'hui du plus bel éclectisme.

A Chavagnes-en-Paillers, en plein coeur des terres villiéristes, "des laïcards, des religieux, des gens très à droite, des gens très à gauche, sont mobilisés", témoigne Ghislaine Clouet, qui dit pour sa part ne plus savoir où se situer sur l'échiquier politique. "Quand on voit des gens dans le besoin, prêts à vivre du fruit de leur travail, sans aide de l'Etat, on ne peut que se sentir humainement obligé de les aider", explique-t-elle en rappelant que sa commune a déjà caché des enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Cécile Bir, mère de famille et présidente de l'association nantaise Enfants étrangers-Citoyens solidaires, confirme : "On voit se mobiliser des parents d'élèves d'origines culturelle et sociale très diverses, et de tous bords." Aux yeux de tous, le sans-papiers cesse brutalement de relever du mythe inquiétant du "clandestin", rituellement invoqué par les politiques, pour prendre le visage de ces gamins qui partagent les mêmes préoccupations, les mêmes joies que leurs enfants. "Sur l'immigration on peut tenir des propos généraux, mais quand cela concerne un enfant, cela change tout", dit Cécile Bir.

Mère de trois enfants, Valérie Tranchand n'avait jusqu'alors jamais milité. Par deux fois, elle a pris sous son aile un "enfant caché" de l'école Victor-Hugo. Désobéissance civile ? "On doit respecter la loi, mais pas n'importe quelle loi. On peut être amené à désobéir à des lois injustes", a-t-elle expliqué à ses enfants. "En agissant ainsi, dit Valérie Tranchand, j'ai eu le sentiment de réagir comme lorsque j'aide une personne tombée dans la rue. Je n'ai pas tout d'un coup eu le sentiment d'être une révolutionnaire, mais simplement de suivre ma conscience."

Par le Monde

Numidia
17/06/2006, 19h01
Ils sont des centaines...
Rien ne l'arrêtera, je vous le dis.

Absente
19/06/2006, 17h58
En famille, les Français désobéissent pour protéger les enfants sans papiers ;

Le sénat a adopté vendredi soir 16 juin, en première lecture, le projet de loi Sarkozy sur l’immigration, au terme de 2 semaines de débats animés.

Les sénateurs ont apporté au texte voté par l’assemblée nationale quelques amendements visant à « humaniser » les dispositions les plus controversées.
Ce projet de loi consacre la politique d’ »immigration choisie » du ministre de l’intérieur et durcit notamment la procédure de regroupement familial.

Parallèlement, un mouvement de désobéissance civile se développe au sein de la société française pour protéger les enfants d’immigrés clandestins menacés d’expulsion.
Des familles qui ne s’étaient jamais engagées auparavant dans le militantisme se mobilisent pour aider, héberger ou cacher des enfants sans papiers et faire en sorte que leur scolarité se poursuive normalement.

Crée en 2004 comme simple plate forme d’information, un mouvement informel, le RESEAU EDUCATION SANS FRONTIERE, regroupe aujourd’hui 70 collectifs et multiplie les initiatives de parrainage d’enfants sans papiers.

Les enseignants sont nombreux dans ce mouvement, qui implique aussi des mères de famille de milieux sociaux très divers :
« Sur l’immigration, on peur tenir des propos généraux mais quand cela concerne un enfant, cela change tout » résume la présidente de l’association nantaise « enfants étrangers- citoyens solidaires »
LE MONDE - 19 JUIN 2006


c'était sans compter sur ces fichus gaulois qui détestent l'injustice....

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