PDA

Voir la version complète : Assia Djebar, une Algérienne reçue jeudi à l'Académie française


Comete
21/06/2006, 07h58
http://www.depechedekabylie.com/photos/1231/1231_23307.jpg

L'Algérienne Assia Djebar, première personnalité maghrébine élue à l'Académie française, dont l'oeuvre romanesque défend les droits des femmes dans le monde musulman, sera reçue jeudi sous la Coupole.

A 69 ans, Assia Djebar a souvent été la première. Première femme algérienne admise à l'Ecole normale supérieure de Paris en 1955, première à obtenir une reconnaissance internationale, première enfin élue à l'Académie.
Une élection au second tour, le 16 juin 2005, qui rendait selon elle hommage à son "entêtement d'écrivain" et son travail pour la francophonie.
Personnalité emblématique de l'émancipation des femmes en Algérie, elle figure parmi les classiques de la littérature maghrébine d'expression française, lauréate de nombreuses distinctions internationales.
De son vrai nom Fatima Zohra Imalayen, Assia Djebar est née à Cherchell, à une centaine de km d'Alger, le 4 août 1936. Fille d'un instituteur, sa carrière d'écrivain débute dès 1956 avec La soif. Suivent Les impatients (1958), et Les enfants du nouveau monde (1962), dans lequel l'héroïne milite pour le changement politique et les droits des femmes.
Algérienne, elle écrit en français comme beaucoup de ses compatriotes, formés par l'école française. Lire et écrire en français dans les années 1950, c'est aussi la possibilité de sortir du cercle exclusivement féminin dans une société "où les femmes n'écrivent pas".
En 1985, L'amour, la fantasia ouvre une fresque que continuent "Ombre sultane" (1987) et Loin de Médine (1991).
Dans le Maghreb "les femmes n'écrivent pas. Elles brodent, se tatouent, tissent des tapis et se marquent. Ecrire, c'est s'exposer. Si la femme, malgré tout, écrit, elle a le statut des danseuses, c'est-à-dire des femmes légères", avait déclaré Assia Djebar à la sortie d'Ombre sultane. Assia Djebar a également travaillé pour le théâtre et le cinéma. Son film La nouba des femmes du Mont Chenoua a reçu le prix de la Critique internationale en 1979 au festival de Venise. De 1983 à 1989, elle a siégé au Fonds d'action sociale (FAS), comme représentante de l'immigration algérienne.
Dans les années 1990, Assia Djebar évoque dans Le Blanc de l'Algérie (1996) ou Oran, langue morte (1997) la violence dans son pays et le sort des femmes prises dans l'étau intégriste.
Depuis 1997, elle enseigne la littérature française aux Etats-Unis, d'abord à Bâton-Rouge (Louisiane), puis à New-York. En 1999, elle a été élue à l'Académie royale de langue et de littérature française de Belgique.
Lors de son élection, Jacques Chirac avait salué "un nouveau témoignage de la profonde amitié" entre la France et l'Algérie.
Pour la ministre de la Culture Khalida Toumi, Assia Djebar était honorée "pour une oeuvre de l'esprit".
revenir à la rubrique "Culture"

http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=23307&ed=MTIzMQ==

Thirga.ounevdhou
21/06/2006, 14h41
Assia Djebar a souvent été la première. Première femme algérienne admise à l'Ecole normale supérieure de Paris en 1955, première à obtenir une reconnaissance internationale, première enfin élue à l'Académie. Tres honorable....Femme combatante et courageuse...Intelligente et ambitieuse.

Absente
25/06/2006, 10h41
Pionnière de la cause des femmes en Algérie, elle a fait de la femme, le thème central de ses oeuvres. Depuis son premier roman « La soif » (1957) , Assia Djebar est engagée dans un combat pour l’émancipation de la femme et pour la libération du corps. Elle revendique ces espaces justement interdits par la société masculine.
C’est l’une des premières femmes à écrire à la première personne du singulier, utilisant le «Je» dans la littérature maghrébine. Le «je» explique-t elle « permet de se déclarer, mieux encore, il permet de s’affirmer en tant que personne et en tant que corps qui occupe une position dans un espace et dans un temps donné, donc d’exister ». Cette écriture devient d’autant plus complexe, « lorsqu’on décide de s’exprimer en français, dans la langue de l’autre, car c’est la langue survenue avec la colonisation ».
Quand on lui demande pourquoi elle écrit en français, elle répond "J’écris en français, parce que c’est la langue que j’ai apprise à l’école. Mais le français que j’utilise baigne dans une atmosphère arabe(…) J’ai dit aux Français que je suis contre l’unicité de la langue comme cela a prévalu du temps du colonialisme. J’ai aussi décidé de quitter l’Algérie lorsque le module d’histoire que j’enseignais à l’Université d’Alger a été arabisé. Je continue à m’opposer à toute orientation qui voudrait consacrer l’usage d’une seule langue", explique-t elle.
Dans son roman « l’amour, la fantasia », elle raconte comment elle accède à la connaissance du monde, et comment elle tente alors l’écriture de la parole identitaire. Elle dénonce également les pratiques d’une société qui se réclame de la religion musulmane. Elle souligne l’hypocrisie sociale qui en résulte, car dans les faits, personne n’applique les préceptes de la religion. Or ce sont ces mêmes préceptes qu’on impose aux femmes, afin de les museler. Elle dénonce certains paradoxes qui consistent à dire que l’Islam est la religion qui recommande d’aller jusqu’en Chine pour quêter le savoir, or c’est cette même religion qui se mobilise contre l’enseignement des filles. Le premier mot que l’ange Gabriel ordonna au Prophète était de lire «Lis»!
De là, le savoir aurait du se présenter comme liberté première, c’est presque une liberté «divine» dont la femme est privée au nom même de cette religion qui pourtant la recommande. Et, pourtant le Coran dit: «Chacun, homme ou femme, sera tenu pour responsable de soi-même» (1)Sourate des femmes. Paradoxalement, certaines sociétés n’ont jamais accepté que la femme soit responsable d’elle-même. Elle restera un être maintenu sous tutelle, lui refusant toute identité propre. L’écriture d’Assia Djebar veut lever tous ces interdits, pour aller ailleurs, vers cet espace tant convoité, celui de l’homme.
Permettre aussi au corps de se dévoiler et d’investir le dehors, dire «je» en tant que sujet capable de s’exprimer, de manifester ses propres opinions, de se séparer du groupe, du «nous» sociétal.
Historienne, Assia Djebar a fait appel aux témoignages des femmes qui assurent la survie de la parole des ancêtres et qui ont permis ces histoires orales qui se transmettent de génération en génération. L’écrivain parcourt le temps à la recherche de la mémoire de ses aïeules pour faire surgir du passé la vérité historique. Témoins oubliés, voix ensevelies vont tenter une douloureuse percée à travers les couches sédimentaires de la mémoire, cris, voix, murmures, voix à la recherche d’un corps, voix prenant corps dans l’espace. L’auteur met en scène dans son roman « L’amour, la fantasia » un nouveau type de discours historique émanant d’instances exclusivement féminines. Discours se fondant sur la transmission orale. Tentant de réécrire cette histoire occultée par les hommes et rendant ainsi hommage aux aïeules qui ont su garder intact l’héritage du passé.


source la journaliste franco tunisienne fériel Berraies Guigny. Paris

(le lien ne fonctionnait pas)

Bachi
25/06/2006, 20h18
On en a fait un monument de littérature mais quand je la lis, à chaque fois, je déchante.

Allez savoir comment on fabrique les vedettes.

Absente
25/06/2006, 20h38
écoute, ses bouquins sont "illisibles"
c'est vrai

c'est plutôt pour le symbole qu'elle représente

tu vois????? :)

Bachi
25/06/2006, 20h43
Bien sûr, bien sûr...

Mais je pense qu'il y a de meilleurs représentants de ces symboles...
Anyway, elle ne sera pas la première académicienne de la confrérie des gnagnagna...
L'auguste assemblée compte de très nombreux radoteurs

Absente
25/06/2006, 20h49
radoter, c'est un "pré requis" :razz:

Zoubir8
25/06/2006, 21h49
où trouver le texte de son discours?

HaouchSmaîl
25/06/2006, 23h19
http://***************/djebar.html

Bonne lecture. ;)

Zoubir8
26/06/2006, 00h23
J'aime bien ce site
il fait une belle compilation des articles de presse par auteur

safyo
26/06/2006, 07h47
Cette phrase qu'elle dit lors de son discour d'investiture pour parler de la loi du 23 Février 2005 :

Une plaie dont certains ont rouvert récemment la mémoire, trop légèrement et par dérisoire calcul électoraliste.

Très très simple ..dirais je .
Et quel qualificatif ..
"trop légèrement"

Non non non ..
Il n'y a pas de légèreté dans cette histoire .
Elle a duré un ans et est remonté jusqu'au premier magistrat ..

" dérisoire calcul électoraliste" ..
Non et non ..
Il n'y a pas de flou dans cette histoire .
La visée , fausse de surcroit , allait beaucoup plus loin ..

Ce que je retiens par contre c'est "le certains" .
Et là il faut que l'Assemblé Nationale retrouve sa Hauteur !

Immortalité ?

Il peuvent la garder leur Immortalité .
Cette Immortalité sans aucune liberté de dire avec intensité .
Oh non ..
Jamais un statut ne doit rendre silencieux devant l'arrivé d'un monstre .
Je dirais que c'est dans ces circonstances que le monstre s'amplifie en toute impunité .
Et le rempart qui doit nous venir justement de ces éclairés , pour autant immortels qu'ils sont , est bien timoré devant la barbarie vive auquelle font face "les aveuglés" en aval .
C'est dans ce timoré , que le monstre trouve l'espace de se dévellopé .
Les monstres du 20eme repointeront et repointeront encore le bout de leurs nez .
Taper l'innacceptable , pointer l'irresponsable est une noble cause .

Pourtant elle cite bien Vedel revenant des camps :

Ce fut un bouleversement de son être tout entier. Ni lui, ni ses camarades de captivité, tandis qu’ils font face à cette vision de cauchemar, n’auraient pu imaginer, et si près d’eux, « un tel enfer de torture, de famine, de mort : un monde sans droit, dit-il, où l’homme est traité plus mal qu’une bête ». Sa réaction, dans le train qui le ramène à Paris, est d’une force qu’il n’oubliera jamais : « il me semble, se souvient-il, que j’ai commencé à croire vraiment au droit à ce moment là »

Le droit .

La Sagesse de la mesure et la Force implaccable du juste temporel .

Immortalité ?

Elle n'est pas politique à ce que je sache ..Elle est immortelle !
Encore une prudence de résauté ? Simple Timidité ?

Immortalité ?

La mienne je l'ai perdu , comme tout le monde un beau jour où je suis passé du statut de l'innocente enfance à la temporalité qui m'etait devenue comptée .
Je ne vais pas allez pleurniché pour aller la retouver .
Non , mon cri je le garde pour lutter contre ces monstres .

Dans ces cas je suis heureux de dire :

Vive ma liberté , simple de son humaine citoyenneté :4:

bonjour la planète :4:

belle journée pour moi en perspective :4: