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Neutrino
23/05/2012, 20h13
Pour la première fois de son histoire, le Trésor allemand a émis pour 4,55 milliards d'obligations à deux ans n'offrant le droit au versement d'aucun intérêt. La demande a été très forte, preuve des inquiétudes autour de l'euro.

C'est un nouveau signe marquant du niveau élevé de stress à l'égard de la zone euro. Plutôt que de prêter de l'argent dans l'espoir d'en tirer un petit bénéfice - même minime -, les investisseurs préfèrent acheter des obligations allemandes avec un coupon «zéro».

Pour la première fois de son histoire, le Trésor allemand a émis mercredi matin des obligations Schatz à deux ans à «0 %». Concrètement, celui qui achète cette obligation accepte de ne percevoir aucun intérêt pendant les deux prochaines années et, s'il garde le titre jusqu'à son échéance, il récupérera simplement l'argent prêté à l'origine. Ni plus ni moins! Une opération qui en temps normal aurait été perçue comme absolument folle. Sauf que la zone euro n'est pas dans une situation normale: résultat, Berlin a reçu une demande équivalente à 7,7 milliards d'euros pour ces titres, ce qui lui a permis, in fine d'emprunter 4,55 milliards, avec un rendement de 0,07%. Un niveau epsilonesque.

Berlin adresse un signal parfaitement clair

Si l'on considère que durant les deux prochaines années l'inflation en Allemagne devrait s'établir entre 1,5% et 2%, cela signifie qu'en termes réels les investisseurs ont accepté ce mercredi de perdre un peu d'argent pour prêter à Berlin. C'est le signe que les obligations Outre-Rhin sont aujourd'hui considérées plus sûres qu'un simple coffre-fort dans une banque…

Qu'on se rassure, le ministère des Finances allemand s'est engagé dans la foulée à ne jamais émettre d'obligations avec des coupons négatifs. Ils ne feront donc pas payer pour qu'on leur prête de l'argent. Un bel élan de générosité!

Au passage, à quelques heures d'une rencontre qui s'annonce tendue entre Angela Merkel et François Hollande, qui érige les euro-obligations comme solution pour l'avenir de la zone euro, Berlin adresse un signal parfaitement clair: l'Allemagne emprunte à des niveaux «zéro». Toute émission au niveau européen la conduirait à payer un prix plus élevé. On comprend les réticences de la chancelière.

source: lefigaro.fr

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