PDA

Voir la version complète : LA CHUTE DES PRIX DU PÉTROLE INQUIÈTE L'ALGÉRIE Les projets seront-ils contrariés?


Nourman
12/06/2012, 12h30
Le repli persistant des prix du pétrole provoquerait un fléchissement de la croissance, une hausse du nombre de chômeurs et une réduction forcée des investissements publics, avait prévenu le FMI dans son rapport dévoilé en janvier 2012.

Est-ce la totale pour l'économie nationale? La conjoncture telle qu'elle se présente à l'heure actuelle, si elle venait à se prolonger, est annonciatrice de perturbations. Les prix du brut ont plongé. Le baril de Brent de la mer du nord, coté à Londres, est passé de 125 dollars (en mars) à moins de 100 dollars tandis qu'à New York le «Light Sweet Crude» qui avait tutoyé la barre des 110 dollars (à la fin février) s'est retrouvé hier à 82,81 dollars, dans les échanges électroniques à 10 heures GMT. La ligne rouge a-t-elle été franchie? Apparemment oui. Le ministre algérien de l'Energie et des Mines tire la sonnette d'alarme. La réalité économique du pays a fini par rattraper une classe politique beaucoup plus obsédée par les querelles au sein des partis que par l'avenir et le quotidien des Algériens qui est chevillé au niveau du prix du pétrole. Comme à l'accoutumée, seules quelques voix parmi les plus précieuses prendront en considération cette préoccupation majeure: la dépendance par rapport au pétrole. A l'instar de Youcef Yousfi. Dans l'immédiat il faut parer au plus pressé. Stopper l'hémorragie. L'Opep doit tenir une réunion le 14 juin à Vienne en Autriche. «J'espère que nous allons trouver un consensus pour corriger la situation s'il s'avère que le plafond de 30 millions de barils/ jour a été dépassé, s'il ne l'est pas, nous allons encore examiner la détérioration des prix de ces derniers jours», a indiqué le ministre, en marge de la conférence mondiale du gaz qui s'est tenu à Kuala Lumpur en Malaisie. Le ministre algérien de l'Energie, évoque une éventuelle baisse de la production de l'Opep pour juguler la dégringolade des cours de l'or noir alors que le FMI avait prévenu des dangers que peut représenter pour l'économie nationale un baril à moins de 100 dollars. L'or noir fait les beaux jours de l'économie algérienne lorsque ses prix sont élevés comme il peut provoquer son effondrement lorsqu'ils chutent brutalement. Les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ont manifesté leur préoccupation suite «à la détérioration du marché» a confié le ministre de l'Energie et des Mines. Et à plus juste titre, l'Algérie dont l'économie dépend à près de 98% de ses exportations en hydrocarbures et qui ne peut se passer d'un baril autour des 100 dollars. Le repli persistant des prix du pétrole provoquerait un fléchissement de la croissance, une hausse du nombre de chômeurs et une réduction forcée des investissements publics, avait prévenu le FMI dans son rapport dévoilé en janvier 2012.
Une enveloppe de 286 milliards de dollars doit être consacrée dans le cadre du plan de développement économique (2009-2014) initié par le président de la République. Création de 3 millions d'emplois, développement des infrastructures routières et ferroviaires, programmes spéciaux au profit des wilayas des Hauts-Plateaux et celles du Sud, construction de 80 stades omnisports, 5000 établissements scolaires, d'une cinquantaine de cités universitaires pouvant héberger 400.000 étudiants, de 300 centres de formation professionnelle... La chute des prix du pétrole inquiète l'Algérie. Les projets du président de la République seront-ils contrariés? Certes, on n'en est encore pas là mais la réalité de la conjoncture économique et la sagesse voudraient que l'on se posât au moins la question. Pourquoi? La réponse vient du Fonds monétaire international. «L'orientation budgétaire expansionniste de ces dernières années a... rendu la situation budgétaire vulnérable aux fluctuations des cours du pétrole, le prix permettant d'équilibrer le budget étant aujourd'hui légèrement supérieur à 100 dollars le baril», avait fait remarquer en début d'année l'institution de Bretton Woods. Sans un niveau élevé du prix du pétrole, l'Algérie n'aurait pas pu faire face aux augmentations massives de salaires, au soutien de certains produits de consommation de base (lait, pain...) qui demeurent de potentiels foyers de tensions sociales qui peuvent générer des dérapages aux conséquences fâcheuses voire dramatiques. Le prix de la paix sociale est estimé à quelque 12 milliards d'euros par an.
La facture des importations a, quant à elle, explosé pour dépasser les 46 milliards de dollars en 2011. L'Algérie vit vraisemblablement au-dessus de ses moyens. Une situation qui ne peut s'éterniser...
L'Algérie intraitable sur ses contrats gaziers à long terme avec l'Europe
Youcef Yousfi a écarté, jeudi, une révision de la formule des prix des contrats gaziers une fois arrivés à terme. «C'est un principe, nous n'allons pas changer notre politique et notre politique est basée sur la formule des prix à long terme. J'ai appris de Sonatrach que ce n'était pas dans leur intention de la changer et je ne crois pas que Sonatrach va introduire la formule des prix du marché spot dans ses contrats à long terme», a déclaré le ministre de l'Energie et des Mines en marge du 25e Congrès mondial du gaz qui s'est tenu à Kuala Lumpur en Malaisie.

Par Mohamed TOUATI

Pecos
12/06/2012, 12h39
cela juste entraînerait une diminution des volumes d’importation.....et c'est tant mieux !;)

Nourman
12/06/2012, 13h09
salam Pecos
comment ils comptent faire ?demander aux algériens de manger moins? ou bien faire une liste noire de certains produits? :mrgreen:
sérieu si le prix du baril continu sa baisse(ce qui est probable) ,le pays sera dans la ***** ,c'est 98% de son budget qui se joue a wall street .ca va se percuter sur tout les domains


le prix permettant d'équilibrer le budget étant aujourd'hui légèrement supérieur à 100 dollars le baril»

Pecos
12/06/2012, 14h36
Les dépenses de fonctionnement engagées par l’Etat pour se préserver de la contagion du Printemps arabe risque de porter un grave préjudice aux équilibres économiques et budgétaires que seuls des prix élevés des hydrocarbures peuvent maintenir.

Un prix minimum de 100 dollars par baril de pétrole est aujourd’hui nécessaire pour assurer cet équilibre, selon une récente estimation du Fond monétaire international.
Nous n’en sommes heureusement pas encore là, même si un fléchissement notable des prix a affecté le marché des hydrocarbures ces deux derniers mois, durant lesquels, le baril de pétrole a perdu environ 15 dollars. Il s’était vendu à 91 dollars à la fin du mois de juin 2012, alors qu’il valait pas moins de 110 dollars au début de cette même année. Comme il est dans la nature du marché des hydrocarbures d’être volatile, car très sensibles aux conjonctures, il est évidemment trop tôt pour spéculer sur la tendance lourde qui sera imprimée à ce commerce fortement soumis à la spéculation, à moyen terme. Tous les experts sont toutefois d’accord sur la chronicité de la cherté des prix du pétrole sur les moyens et longs termes, compte tenu de la demande mondiale qui continuera à être forte au moment où les réserves pétrolières s’amoindrissent. Il faudrait donc apprécier les prix des hydrocarbures au gré des moyennes annuelles et non pas au jour le jour, comme on a tendance à le faire aujourd’hui.

Le prix moyen du baril durant les 5 premiers mois de l’année 2012 dépasse allégrement 110 dollars. Il ne constitue de ce fait pas un motif d’inquiétude pour le gouvernement qui dispose par ailleurs d’un fonds de régulation spécialement constitué à l’effet de parer contre d’éventuelles baisses des prix des hydrocarbures. Avec ses 4000 milliards de dinars de recettes disponibles, ce fonds permettra de stabiliser le budget de l’Etat durant au minimum quatre années, en dépit d’une baisse des cours qui ramènerait le baril à 90 dollars. Il y a lieu également d’évoquer les avoirs se chiffrant à plus de 50 milliards de dollars placés à l’étranger, notamment, auprès du Trésor américain qui pourraient à certaines conditions être rapatriés ou servir de gages à d’éventuels emprunts. C’est sans doute tous ces éléments qui expliquent la sérénité du gouvernement algérien qui ne prend même pas la peine de communiquer sur ce sujet. La modicité de la dette extérieure du pays est également de nature à le rassurer, étant certain que l’Algérie ne sera jamais dans la dramatique situation qu’elle avait vécue au milieu des années 80, lorsque les cours du pétrole s’étaient effondrés, alors que sa dette extérieure avait atteint 30 milliards de dollars. L’Algérie ne saurait subir une pareille cessation de paiement durant au minimum les quatre prochaines années, quand bien même, le prix du pétrole descendrait sous la barre des 100 dollars fixée par le FMI, s’accordent à reconnaître de nombreux experts.


L’Après-pétrole : un leurre !


La paix sociale a également de bonnes chances d’être préservée, car si des coupes budgétaires devraient être faites pour réduire les dépenses, l’Etat a la possibilité d’épargner le budget de fonctionnement qui sert à payer les salaires des fonctionnaires et transferts sociaux, pour agir uniquement sur le budget d’équipement en différant, notamment, la réalisation de certains projets d’infrastructures ou en réduisant la consistance des prochains programmes. Cela n’affecterait en rien le train des réalisations en cours sachant que peu de chantiers sont aujourd’hui capables d’absorber dans les délais impartis, les budgets qui leur sont alloués. Pratiquement, tous les chantiers accusent des retards et les restes à réaliser sont énormes. Se consacrer à l’achèvement de ces nombreux chantiers en faveur desquels des fonds ont déjà été mobilisés serait de nature à occuper les entreprises durant au minimum les deux prochaines années.

Le gouvernement gagnerait toutefois à saisir l’occasion de ce retournement de conjoncture pétrolière pour anticiper sur l’après-pétrole. Pour ce faire, il devrait sans tarder s’atteler à mettre en œuvre un train de mesures incitatives en faveur des entreprises ayant des prédispositions à l’exportation. Réduire significativement la dépendance du pays vis-à-vis des recettes d’hydrocarbures est en effet le meilleur moyen de se prémunir contre d’éventuels effondrements de prix du baril.
Cela ne saurait évidemment se faire sans une volonté politique franchement affirmée et mise en œuvre sans encombre. Si cette volonté venait à manquer, comme ce fut le cas, durant cette dernière décennie, il n’y a aucune chance pour que les exportations hors hydrocarbures se développent. En dépit de ses déclarations d’intention, le gouvernement actuel n’a, malheureusement, donné aucun signal fort allant dans ce sens

El Watan

okba30
12/06/2012, 19h33
L’Algérie à l’aise durant au minimum quatre années
C'est du long terme ça!
dans la vie d'une mouche.

La paix sociale a également de bonnes chances d’être préservée, (El Watan)Ce qui est bien avec nos autoproclamés est que le petit peuple n'a jamais profité de la manne pétrolière.
La paix sociale !! comme d'habitude. D'ailleurs Ouyaya l'a dit le budget de fonctionnement est basé sur un revenu de 37 $/baril.
La dégradation de l'économie ? y'en a pas d'économie, donc pas de crise à l'horizon.

L'autre point positif réside en la diminution des détournements de fonds, les pots de vins tomberont de 10 à 5 ou 4 %.
Peut-être les gros bonnets penseront à rapatrier de l'étranger les $ volés.

hben
12/06/2012, 19h48
Très juste Okba!

Carthage
12/06/2012, 19h51
D'ailleurs Ouyaya l'a dit le budget de fonctionnement est basé sur un revenu de 37 $/baril.

Le prix du pétrole ne peut pas baisser sous les 80$ ...
C'est le seuil de rentabilité du pétrole non conventionnel ...
Aucun problème pour l’économie Algérienne pour les 20 ans à venir, mais ceci n’empêche pas de bâtir une économie diversifiée entre-temps.

Cookies