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Voir la version complète : Maroc : trafic d'influence autour du secrétaire particulier du Roi


ajadjiith
13/06/2012, 21h33
BaySys : Une enquête au cœur d’un trafic d’influence impliquant Mounir Majidi, la RAM et l'ex-gouvernement ?

« Comment une compagnie publique marocaine prévoit de dépenser l’argent du contribuable dans un projet privé du secrétaire particulier du roi… avec la bénédiction du gouvernement ». C’est ce que nous révéle l’ancien journaliste et directeur de publication de TelQuel, Ahmed Réda Benchemsi dans une enquête explosive sur un trafic d’influence et dont voici les principales grandes lignes. La réaction de la Royal Air Maroc n'a pas tardé.

Tout a commencé en 2009 avec la mort de l’ancien président gabonais El Hadj Omar Bongo Ondimba, Après 42 ans passés au pouvoir, Omar Bongo décède le 8 juin 2009, d’un concert de prostate, laissant derrière lui plusieurs dettes et impayés, dont une facture de 10 millions de dollars que lui devait un certain équipementier aéronautique américain nommé BaySys International.

Ce dernier, spécialisé l’aménagement d’avions VIP, avait même été contraint à l’époque de remercier 60 de ses employés pour gérer cette situation de crise.
Pour préserver sa compagnie, Steve Walton, son fondateur et actuel PDG annonce avoir trouvé une solution : « Nous avons besoin de deux choses : un hangar et un partenaire financier ». La solution en question n’a donc pas tardé à venir. Le 8 juin 2010, BaySys International annonce avoir « signé un accord avec un investisseur régional stratégique en vue d’installer une plateforme industrielle à Casablanca (…) en vue d’y exécuter des aménagements intérieurs pour avions de VIP et chefs d’Etat », rapporte Ahmed Benchemsi, citant l’agence de presse britannique Reuters.

« Majidi business » à l’appui
Le 19 août 2010, un mois à peine après cette annonce, une nouvelle société spécialisée dans « l’aménagement et maintenance des avions », baptisée BaySys Morocco, voit discrètement le jour au royaume. La SARL, dont le capital est de 50 000 dirhams, s’avère être détenue à 100% par New Assets et FC Holding, deux sociétés appartenant à Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi Mohammed VI. Son siège social est placé à Casablanca, chez FC COM, première compagnie d’affichage au Maroc, qui appartient, donc, à Mounir Majidi.

La RAM entre en jeu
Reste donc à trouver les fameux « hangar et partenaire financier » qui sauveraient l’équipementier américain de la faillite. C’est alors que la Royal Air Maroc entre en jeu. Le 14 septembre 2010, soit un mois après la création de BaySys Morocco, la compagnie aérienne marocaine annonce un nouveau projet d’investissement : l’achat de 24% du capital de BaySys Morocco pour un montant de 2,8 millions de dirhams. L’investissement global prévu étant de 248 millions de dirhams. La RAM, qui pour rappel est une entreprise publique, avait besoin de l’autorisation du gouvernement pour se lancer officiellement dans le projet.

Le 1e février 2011, alors que la RAM était déjà au bord de la faillite, un décret gouvernemental, signé conjointement par l’ex-Premier ministre Abbas El Fassi, et l’ex-ministre de l’Economie et des Finances Salaheddine Mezouar, l’autorisant à acheter les 24% de Baysys Morocco transformée en SA est alors mis au point.

Dans le décret concerné, la RAM explique que cette opération lui permettrait de « consolider et de renforcer sa présence à l’international dans le domaine de l’aéronautique ». « Le chiffre d’affaires et le résultat net » de Baysys Morocco passeraient ainsi « respectivement » de 57 millions de dollars US et 5,4 millions de dollars US en 2011, à 249 millions de dollars US et 28 millions de dollars US en 2015 », annonce la Royal Air Maroc dans le texte… des chiffres exorbitants.

Bref, contacté par Ahmed Réda Benchemsi lui-même, le PDG de la RAM, Driss Benhima a assuré que le projet en question n’avait jamais abouti. Comment se fait-il donc qu’il ait été publié sur le bulletin officiel ?

La RAM riposte rapidement
Royal Air Maroc n’a pas tardé à réagir. Quelques heures après la publication de « l’affaire Baysys », la compagnie a diffusé un long communiqué à ce sujet. « RAM envisage concrètement des créations de partenariat dans au moins trois domaines qui sont : la maintenance, le catering et la handling », explique le communiqué. « Pour toute action entreprise dans ce sens, RAM applique la loi en demandant l’accord au chef du gouvernement. Certains de ses projets sont réalisés, d’autre ne le sont pas, mais tous disposent de l’accord préalable des autorités, matérialisé par un décret autorisant la création de filiales, et la vente et achat de participations ».

« RAM a eu des démarches avec des partenaires américains mais qui n’ont pas été concrétisées suite à l’évolution des environnements commercial et industriel. Il est à noter que ce sont bien les préoccupations sur le chiffre d’affaires avancées et leur rentabilité qui ont conduit à l’arrêt du projet Baysys Morocco, qui représentait en fait trois millions de Dh d’investissement pour RAM », ajoute le même communiqué.

Un pavé dans la marre lancé par Ahmed Réda Benchemsi qui braque l'attention une nouvelle fois sur Mounir Majidi.

ya biladi

jawzia
25/06/2012, 23h46
La grande corruption règne en maître au Maroc
Le Monde.fr | 25.06.2012 à 18h25 • Mis à jour le 25.06.2012 à 18h25


Imaginez que le chef de l'Etat français soit aussi, dans le même temps, propriétaire de la plus grosse holding privée du pays. Difficile à envisager ? Attendez, cela ne fait que commencer.
Imaginez aussi que le secrétaire général de l'Elysée soit le PDG de cette holding.
Imaginez que cet homme, ainsi devenu l'homme d'affaires le plus puissant de la République, possède par ailleurs une ribambelle d'entreprises en son nom propre, qui décrochent des concessions ou marchés publics à tour de bras. Inconcevable, dites vous ? Ce n'est pas fini.
Imaginez maintenant que le premier ministre prévoie, par décret officiel, d'investir des millions d'euros d'argent public dans une société privée appartenant au secrétaire général de l'Elysée...
Et enfin, le coup de grâce : imaginez que la société en question soit une entreprise fantôme sans locaux ni personnel et qui présente le pompon de faux chiffres en guide de plan d'affaires !

Si seulement le dixième de tout cela était vrai, le président français tomberait immédiatement, entraînant le gouvernement, voire la cinquième République dans sa chute. Mais ce qui n'est pour la France qu'une fiction invraisemblable est la réalité crue du Maroc, un pays ami et allié.

Pour ceux qui l'ignorent encore, le roi Mohammed VI est en effet l'actionnaire majoritaire du groupe SNI, qui comprend entre autres la plus grosse banque privée, le plus gros opérateur minier et la plus grosse chaine de distribution du royaume. L'homme qui dirige ce conglomérat tentaculaire, dont le chiffre d'affaires équivalait il y a quelques années à 8% du PIB, s'appelle Mounir Majidi, et il occupe en même temps la fonction de secrétaire particulier de Mohammed VI.

A ce titre, il est le plus proche collaborateur du souverain puisqu'il aménage son agenda, organise ses rencontres, filtre les informations qu'il reçoit, etc. Cette double casquette fait de M. Majidi l'homme le plus détesté par les milieux d'affaires marocains. Forcément : il leur livre, au nom du roi, une concurrence aussi impitoyable que déloyale, vu son influence démesurée sur des organismes financiers comme la Caisse de dépôt et de gestion, le ministère des finances, l'administration des impôts, etc. Mais l'homme d'affaires de la monarchie n'oublie pas ses propres intérêts. Egalement propriétaire de plusieurs entreprises opérant dans divers secteurs, M. Majidi n'hésite pas, pour défendre ses affaires personnelles, à tirer sur les leviers étatiques dont il dispose.

Révélée il y a deux semaines sur le blog de l'auteur de ces lignes, l'affaire BaySys illustre jusqu'à la caricature la mécanique implacable du "Majidi business", aujourd'hui au cœur de la corruption d'Etat au Maroc.

Ce qu'il faut en retenir : en 2010, le secrétaire particulier de Mohammed VI entre en contact avec BaySys, un équipementier aéronautique américain à la recherche d'un partenaire financier pour le tirer d'une mauvaise passe. Plutôt que sortir son propre chéquier (il en a pourtant les moyens), M. Majidi oriente l'équipementier américain vers Royal Air Maroc (RAM). C'est donc la compagnie aérienne publique qui devra débourser les quelque 25 millions d'Euros dont BaySys avait besoin, en ponctionnant l'argent du contribuable... mais non sans que M. Majidi n'en profite au passage. A cet effet, le Secrétaire particulier du roi crée en août 2010 BaySys Morocco, une coquille vide sans locaux ni personnel qu'il contrôle à 100% via deux sociétés écrans.

Quelques mois plus tard, un décret officiel du Premier ministre marocain Abbas El Fassi autorise la RAM à prendre des parts dans BaySys Morocco. Mieux encore : les prévisions qui justifient cet investissement sont particulièrement fantasques. Il est ainsi prévu que la société de M. Majidi réalise un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros et un bénéfice net de 4,3 millions d'euros... dès sa première année d'exercice, et sans qu'aucune hypothèse de calcul n'étaye ces chiffres incroyables ! Le plus aberrant est que ces prévisions peu crédibles ont traversé, sans changement, cinq niveaux de vérification supérieurs de l'Etat marocain : la RAM elle-même, puis le ministère des Finances, la Primature, le Secrétariat général du gouvernement et enfin la Banque Centrale, qui a publié les mêmes chiffres quelques mois plus tard, tels quels, dans un document interne. Les hauts fonctionnaires marocains seraient-ils tous incompétents ? Bien sûr que non. Seulement, à partir du moment où le tout-puissant Secrétaire particulier du roi est impliqué dans une procédure, les commis de l'Etat, aussi haut placés soient-ils, signent ce qu'on leur demande de signer sans poser de questions.

Au final, l'investissement n'a pas eu lieu car l'affaire a capoté pour des raisons qui restent à éclaircir (malgré de multiples relances, les responsables de BaySys International sont restés muets). La manière dont tout cela a été goupillé, néanmoins, renseigne sur la nature réelle du régime marocain : un système où les conflits d'intérêts règnent et où le trafic d'influence bat son plein, au plus haut niveau de l'Etat et avec la complicité des autorités élues. Abbas El Fassi, chef d'un parti politique et ancien premier ministre qui a signé le décret BaySys, est aussi, incidemment, le père de Fihr El Fassi, ancien DG de l'une des sociétés de M. Majidi. La société en question, FC Com, domine le marché de l'affichage au Maroc grâce aux conditions extrêmement avantageuses accordées par les municipalités et offices publics. Salaheddine Mezouar, autre chef de parti et ancien ministre des Finances qui a cosigné le décret BaySys, est aussi un des obligés de l'entourage royal. Il a récemment été épinglé pour s'être accordé des primes mirobolantes, au prix d'un échange de faveurs avec Noureddine Bensouda, actuel trésorier général du royaume, ancien directeur des impôts et autre membre de la Cour. Et ainsi de suite...

L'année dernière, pourtant, le Maroc avait lui aussi vécu son "printemps arabe". Confronté à des manifestants réclamant la démocratie, Mohammed VI avait fait promulguer une nouvelle Constitution sensée instaurer la "bonne gouvernance" et la "reddition des comptes". Une réforme qualifiée alors d'"exemplaire" par Nicolas Sarkozy et d'"historique" par Alain Juppé. Jugez plutôt : l'article 36 du nouveau texte fondamental interdit expressément... le trafic d'influence ! un délit par ailleurs puni de 2 à 5 ans de prison par l'article 250 du code pénal marocain. Mais au Maroc, la théorie est une chose et la pratique en est une autre. Quel procureur serait assez fou pour enclencher des poursuites contre Mounir Majidi, ou en général contre les membres d'une clique couverte par le roi en personne ? Jaafar Hassoun, un juge qui s'était essayé à titiller des proches du monarque, s'est retrouvé en 2011 radié de la magistrature, interdit de se reconvertir dans le barreau et harcelé pour abandonner toute velléité de se lancer en politique.

En l'absence de contre-pouvoirs fonctionnels, la grande corruption s'épanouit librement au Maroc, face à l'apathie grandissante d'une opinion publique désabusée par tant de duplicité. Naguère rugissante, la presse indépendante n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était, vaincue par une décennie de harcèlement judiciaire et économique. M. Majidi, également le premier annonceur publicitaire du pays, a démontré sa capacité à boycotter des journaux jusqu'à les acculer à la faillite. Aujourd'hui, les titres de presse les plus courageux peuvent encore épingler des seconds couteaux comme MM. Mezouar ou Bensouda. Mais dès qu'on approche du premier cercle royal, silence général. Il est révélateur que l'affaire BaySys, alors même qu'elle "buzzait" intensément sur Internet et les réseaux sociaux (elle a même engendré le hashtag #MajidiGate sur Twitter)... n'ait pas été mentionnée par un seul journal marocain. Quant au gouvernement islamiste de Abdelilah Benkirane, élu sur la promesse de lutter contre la corruption, il est tout aussi silencieux. Et pour tout dire, simplement hors sujet.

Ahmed Benchemsi, chercheur à l'université Stanford (Etats-Unis), ex-directeur du magazine marocian "TelQuel"

jawzia
26/06/2012, 16h52
Il doit y avoir pleins d'investissements annoncés en grande pompe ... s'avérant de la même trempe que ce "Bay-VI" !

Zirds
26/06/2012, 16h53
La grande corruption règne en maître au Maroc (http://www.algerie-dz.com/forums/showthread.php?t=242760)

Iska
26/06/2012, 19h02
C'est archi-connu ces tractations de gré à gré , le dernier tres important en date et le TGV marocain, entre le roi et sarko.

Ce qui je trouve bizarre c'est qu'aucunmarocain n'est venu commenter et insulter Benchemsi.
Ils seraient venu en masse si l'info a été donné par un journal algérien.

Mais bon , donnons leur le temps, de se consulter par MP pour préparer la riposte .

A vos marques!!!!!!!

galaxy
26/06/2012, 19h48
Les islamistes lèvent le voile sur les milliers d' insectes qui grignotent les
finances de l’état , une guerre maroco marocaine , le roi des insectes est en colère.

ajadjiith
26/06/2012, 20h50
on le sait et personne n'y peux rien il faut que le roi vende tous et place cette argent a bank almaghrib et vie avec les intérêts que sa lui rapporte .*

seul solution pour qu'il ai la paix sur les finances !

AARROU
27/06/2012, 00h31
Oubs !!!! Désolé JAWZIA j'ai ouvert une discutions avec le même article que tu as posté!!!
En effet : BaySys s’installe au Maroc,annonce faite ici même sur FA par un de nous amis du Royaume enchanté!!!!!


Re-oubs désolé Zirds:redface::redface::redface::redface:

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