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Voir la version complète : 90 entreprises ont fermé au Maroc en 2011 contre 128 une année plus tôt


soufiane-oujda
23/06/2012, 14h17
Le nombre d'entreprises qui ont recouru à la réduction des effectifs a aussi fléchi de 34%. Les conflits sociaux ont en revanche sensiblement augmenté. La commission nationale de conciliation a réglé 19 conflits contre 15 en 2010.

L’impact de la crise économique internationale, qui a commencé à se faire ressentir au Maroc à partir de 2009 et surtout en 2010, semble s’être légèrement estompé en 2011. Le niveau de croissance réalisé au cours de cet exercice, et qui a été revu légèrement à la hausse (à 5%) il y a une semaine, à l’occasion de la publication des comptes nationaux, témoignerait d’une baisse de l’intensité des effets de la crise, du moins à en juger par la diminution, toute relative, des fermetures d’entreprises et des autres moyens utilisés pour faire face à la contraction de l’activité.

En effet, le nombre de fermetures d’entreprises en 2011 a chuté de près de 30% par rapport 2010 : 90 fermetures au lieu de 128. De la même manière, le nombre d’entreprises qui ont recouru à la compression d’effectifs a baissé de 34%, à 76 entreprises contre 115 un an auparavant. Les entreprises qui se sont contentées de réduire le temps du travail pour affronter la baisse des carnets de commande ont, elles, été au nombre de 62, au lieu de 86 en 2010, soit un recul de 28%.

Cependant, ces statistiques peuvent ou doivent même être lues d’une autre façon. Dans la mesure où on ne sait pas si les entreprises fermées pendant l’année N ont été rouvertes l’année N+1, si celles qui ont comprimé, ont réintégré les salariés et si celles qui ont réduit le temps du travail l’ont rétabli dans sa durée légale, ces chiffres, forcément, s’additionnent et ne se soustraient pas. En d’autres termes, et en l’absence d’autres indicateurs, les 90 fermetures de 2011, par exemple, sont certes moins élevées que celles intervenues en 2010, mais les deux chiffres des deux périodes se cumulent. Ceci, suivant la logique, presque mathématique, qui veut qu’après des hausses successives à la fois des fermetures d’entreprises, des compressions d’effectifs et des réductions du temps de travail (voir graphe), il est bien normal que le «mouvement» baisse quelque peu en intensité.

Les conflits sociaux, eux, n’ont pas baissé en intensité, ils se sont même exacerbés vu le nombre de grèves déclenchées, qui a presque doublé entre 2010 et 2011, en passant de 241 à 474 grèves respectivement. Sans parler des grèves évitées dont le nombre est passé de 825 à 930 entre les deux années. Est-ce que cette exacerbation du mouvement de protestation a été pour quelque chose dans le recul du nombre de licenciés ou de fermetures ? La question reste posée.

31 000 emplois perdus dans l’industrie

Il faut se rappeler que 2011 a été une année où les grondements de la rue arabe avaient atteint leur paroxysme et les pouvoirs publics ici comme ailleurs ont tout fait pour en atténuer l’ampleur. La traduction, sur le strict plan de l’emploi, a été, par exemple, l’activation de la commission nationale de conciliation qui a pu tout de même réglé 19 conflits contre 15 en 2010. Les commissions provinciales d’enquête et de conciliation en ont également résolu 10 sur une trentaine dont elles ont été saisies. Bref, la conflictualité, bien que demeurant élevée, a pu, dans une certaine mesure, être gérée par les moyens institutionnels existants, et cela pourrait expliquer aussi le reflux du nombre de fermetures et de licenciements.

Malgré tout, l’emploi, dans le secteur productif en particulier, s’en est trouvé affecté.

En tout cas, les données du Haut commissariat au plan (HCP) corroborent ce constat. Suivant ces données, l’essentiel de l’emploi créé en 2011 l’a été dans le secteur des services et, plus exactement, dans des activités informelles et précaires. Le secteur productif, en revanche, n’a apporté aucune contribution aux créations d’emplois. L’industrie, en particulier, a même perdu 31 000 postes.

Qu’en sera-t-il de 2012 ? Les premiers mois de l’année, en tout cas, ne paraissent pas s’inscrire dans la continuité de 2011, et comme nous l’avions signalé ici , plus de 100 000 emplois ont déjà été perdus !

Maroc - Entreprises : 5 752 salariés licenciés en 2011

Selon les statistiques du ministère de l’emploi, le nombre de salariés licenciés en 2011 s’élevait à 5 752, contre 11 847 un an auparavant, soit une baisse de rythme de 51,4%. Quant à la réduction du temps du travail, elle a touché 3 859 personnes au lieu de 9 902 en 2010. Ces chiffres, il faut le préciser, ne préjugent en rien des postes d’emplois qui ont pu être créés par ailleurs, le solde global entre les destructions et les créations d’emplois ayant d’ailleurs été positif en 2011, au prix cependant d’un maintien d’un niveau de sous-emploi supérieur à celui du chômage.


Salah Agueniou. La Vie éco

rodmaroc
23/06/2012, 16h47
Il faut affiner ces chiffres..ces entreprises qui ont fermé, elles ont quelle taille? quel est le chiffre d'affaire qu'elles génèrent ? combien d'entreprises ont vu le jour la même année? et dans quels secteurs?...à priori et au vu du climat qui règne dans le business (je suis bien placé pour le sentir), personne n'embauche et la croissance est au point mort.

papi
23/06/2012, 16h58
L'onde de choc de la crise Mondiale n'est pas encore arrivé aux pays Maghrébins.

haddou
23/06/2012, 17h20
même si on ne donne pas de précisions sur le secteur touché,il s'agit du textile ,qui s'est rattrapé en 2012

haddou
23/06/2012, 17h46
pour étayer ce que je viens d'avancer ,voici un article de la vie eco en 2011



En dépit d’une reprise incertaine de l’économie mondiale en 2011, le secteur textile national semble renouer avec une croissance régulière, depuis sa sortie du creux, à l’issue du premier trimestre 2010. Après avoir terminé l’année 2010 en stabilisant ses chiffres à 28,5 milliards de DH d’exportations, le secteur commence 2011 sur les chapeaux de roues. La dernière édition du «Zoom by Fatex», salon de la sous-traitance et du textile, qui s’est tenu à Paris du 8 au 10 février, fut quelque peu inhabituelle pour les industriels marocains. Les vingt-neuf entreprises de confection présentes au Salon ont été, raconte un participant, «assaillies par les donneurs d’ordre étrangers qui souhaitent placer, coûte que coûte, leurs commandes». Cette pression des donneurs d’ordre, qui s’étaient quelque peu détournés, depuis 2007, du Maroc au profit de la Chine, s’explique, selon l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith), par la nouvelle stratégie axée sur le recentrage sur le marché intérieur adoptée par ce pays.
A cela s’ajoute un fait conjoncturel. «De nombreux donneurs d’ordre ont annulé des commandes passées en Tunisie et en Egypte et veulent les réaliser au Maroc», raconte le patron d’une entreprise présente au Fatex. Cette même source souligne que des entreprises sont revenues avec des commandes fermes. C’est le cas du Consortium Mosaic qui regroupe quatre entreprises (Interlinge, Cabilux, Dounitex et VetWear) spécialisées dans le prêt-à-porter féminin et la lingerie, corsetterie et maillots de bain. Selon Boubker Idrissi Qaitouni, DG d’Interlinge, membre du Consortium, ces entreprises ont reçu d’importantes commandes à réaliser dans un délai d’un ou deux mois. Abdelmoula Ratib, patron du groupe éponyme, confirme l’afflux des donneurs d’ordre. Il ajoute que «le groupe Ratib qui exporte 70% de sa production vers l’Europe et 30% vers les USA a dû, faute de capacité, refuser des commandes de plusieurs millions de pièces».
Pour ce patron et pour bien d’autres industriels, le Maroc est aujourd’hui une alternative sérieuse pour les clients, même si, selon un ancien président de l’Amith, «le retour des grandes enseignes européennes est fébrile et ce transfert d’intérêt vers le Maroc peut changer à tout moment au gré des événements dans les diverses régions du monde».
Néanmoins, les industriels sont décidés à mobiliser les moyens pour profiter de l’aubaine. En effet, ils risquent d’être très vite submergés et les pouvoirs publics ont été saisis à ce sujet. Car, au-delà des problèmes de capacité que le secteur a pu, plus ou moins maintenir, en évitant la fermeture d’unités, grâce notamment aux mesures d’urgence initiées par l’Etat en 2009, le plus crucial aujourd’hui est de trouver de la main-d’œuvre qualifiée pour répondre à la demande, «faute de quoi les commandes perdues seront placées ailleurs et un client de perdu est difficile à retrouver», explique un industriel. Il faut rappeler qu’en 2009 et au premier trimestre de 2010, les estimations officielles avaient fait état de la perte de 10 000 emplois dans le secteur du textile-habillement, en raison de la crise en Europe qui avait impacté plusieurs unités, notamment à Rabat et à Fès, beaucoup d’ouvriers ont migré vers le Nord ou se sont orientés vers d’autres activités industrielles comme l’automobile ou encore l’agroalimentaire. Or, cette main-d’œuvre perdue manque cruellement aujourd’hui. Selon les estimations de l’Amith, le secteur a besoin de 20 000 personnes à court terme…

Un plan d’urgence pour former 10 000 ouvriers...

Avec l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), l’Amith prépare donc la mise en place d’une formation accélérée sur les trois prochains mois pour satisfaire les besoins en main-d’œuvre.
D’après une enquête récemment réalisée par l’association, le secteur a un besoin immédiat de 10 000 ouvriers. L’enquête révèle que c’est à Casablanca, Fès et Tanger que le déficit est plus important. Elle a aussi souligné que les besoins portent sur des profils spécifiques notamment des couturières qualifiées, des chefs de chaîne et des chefs d’ateliers. La formation concernera aussi des opérateurs de machine ayant une formation polyvalente. Outre les 10 000 ouvriers à former immédiatement, le plan de l’OFPPT comprend une deuxième fournée de 10 000 personnes à former au cours du deuxième trimestre de l’année 2011.
Pour appuyer le plan de l’office, plusieurs entreprises développent également des centres de formation par apprentissage (CFA) permettant la formation sur lieu de travail pour des besoins spécifiques. Ces structures couvrent une population de 30 à 40 apprentis par entreprise qui sont prêts à prendre la relève en cas de départ des ouvriers.
Enfin, et parallèlement au plan de formation, l’Amith discute avec les pouvoirs publics la mise en place d’un modèle économique pour régénérer les capacités de production détruites par la crise, explique Mohamed Tazi, directeur délégué de l’Amith. L’extension se fera, poursuit M. Tazi, par des redéploiements de capacités dans de petites villes. C’est l’exemple des industriels de la ville de Fès qui pensent à délocaliser certaines chaînes de production dans les petites villes de la région comme Sefrou, Taounate, Guercif ou encore Taza. Les entreprises s’engagent à alimenter en commandes ces unités délocalisées à créer par leurs soins ou ceux d’anciens responsables dans le cadre de l’essaimage.

jawzia
23/06/2012, 20h05
Haddou, ton article date de ... 18 mois. Actuellement, c'est morose.

haddou
23/06/2012, 21h59
si tu fais attention l'article posté relate une situation qui date de 2010 et 2011?

jawzia
25/06/2012, 16h38
si tu fais attention l'article posté relate une situation qui date de 2010 et 2011?
J'ai fais attention Haddou !!

Mais étayer que le secteur du textile
... s'est rattrapé en 2012
par un article qui date de Fevrier 2011, a aussi attiré .... mon attention ;)

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