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Voir la version complète : Le directeur général de Nedjma, Joseph Ged dennonce un abus de dominance


chegevara
07/08/2012, 18h28
Le directeur général de Nedjma, Joseph Ged, charge l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) et l’interpelle pour trouver des solutions aux problèmes structuraux du secteur de la téléphonie mobile en Algérie.

À l’occasion d’une rencontre organisée avec la presse lundi soir à Alger, ce dernier est revenu en détail sur les obstacles rencontrés par son entreprise et parle d’une volonté « de préserver le statu quo » en termes de parts de marché de chaque opérateur. « Nedjma a gardé le silence pendant cinq ans. Nous avons décidé de parler aujourd’hui à la presse après avoir constaté que les dizaines de correspondances que nous avions envoyées depuis 2007 aux autorités concernées sont restées sans réponse ».

Joseph Ged estime que le secteur de la téléphonie mobile connaît de sérieux problèmes de régularisation et d’organisation mais surtout « un abus de dominance ». Chiffres à l’appui, M. Ged explique : depuis 2004, Nedjma a investi deux milliards de dollars dont un milliard en Investissements directs étrangers (IDE). « Pour le même investissement », souligne Joseph Ged, « l’opérateur dominant a réalisé un chiffre d’affaires avoisinant les douze milliards de dollars pour un bénéficie de six milliards de dollars contre un chiffre d’affaires de trois milliards pour Nedjma avec une perte de 230 millions de dollars. Est‑ce là une bonne régulation ? » s’interroge‑t‑il.


Garder une démarche constructive

Nedjma, qui « demeure le plus gros investisseur du secteur », n’entend pas pour autant entrer en confrontation avec les autorités algériennes. Toujours selon les propos du directeur général de l’opérateur, depuis 2007, l’entreprise s’inscrit dans une démarche « constructive » fondée sur le respect du cadre légal et réglementaire et tend à se démarquer « de toute manœuvre polémique et superficielle destinée à éviter de traiter les problèmes réels ».

Joseph Ged a rappelé qu’en 2009, son entreprise avait accepté les mesures restrictives introduites dans la loi de finance avec, notamment, la création de nouvelles taxes, partant du principe que cette mesure fiscale « sert l’économie nationale, selon les autorités algériennes ». Sans le dire de manière explicite, le directeur général de Nedjma reproche un manque de clairvoyance et de transparence dans la gestion du secteur. « Sinon, comment expliquer le report puis la suspension de la licence pour la téléphonie de troisième génération (3G) ? Pourquoi empêcher les consommateurs de choisir librement leur opérateur tout en gardant le même numéro ? »

Joseph Ged a défendu la mise en œuvre « d’un environnement concurrentiel permettant à tous les opérateurs de créer de la valeur » et laisse entendre que l’environnement global freine les investissements de Nedjma, avant de lancer un message aux autorités officielles : « Si quelqu’un est contre ces mesures, qu’il le dise. Si tout le monde est d’accord, qu’on nous explique pourquoi ce retard ». Et de poursuivre : « nous ne sommes pas là pour donner des leçons à l’Autorité de régulation, mais on pense qu’il existe des problèmes fondamentaux dans le domaine de la concurrence qui nécessitent des solutions appropriées ».

Joseph Ged, a profité de cette rencontre avec la presse pour revenir sur le problème qui a opposé le chanteur Baâziz à une vendeuse dans les locaux de l’agence de Cherchell. Sans ambages, ce dernier a pris la défense du chanteur, mais a reconnu, en des termes à peine voilés, que contrairement à ce qui a été dit par Baâziz, la vendeuse ne lui avait pas manqué de respect. Selon Joseph Ged, le licenciement est intervenu après que la vendeuse a transgressé le code de confidentialité exigé par l’entreprise. Le chanteur Bâaziz « n’est pas rentré à l’agence comme un acheteur normal », a tenu à dire le directeur général de Nedjma qui a précisé que depuis quatre ans, le chanteur avait le statut de conseiller et de consultant au sein de l’entreprise.
TSA

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