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Voir la version complète : L'Algérie resserre les vannes du pétrole


nassim
10/07/2006, 01h18
Les conditions qui ont présidé à l’élaboration et l’adoption de la loi sur les hydrocarbures ne sont plus les mêmes aujourd’hui. En effet, depuis l’adoption du texte de loi, les prix du baril n’ont cessé d’augmenter pour culminer aux environs des 70 dollars. En effet, avait relevé le ministre de l’Énergie et des Mines interrogé sur les motifs de l’amendement de la loi, “lorsque la loi a été élaborée, le prix référence du baril était de 20 dollars”. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. “Le but de la loi, a ajouté M. Chakib Khelil, était d’augmenter les exportations et les recettes pour l’État”. L’objectif, selon M. Khelil qui précise que l’amendement en question est consensuel, reste le même.

Ce sont en fait les données qui ont changé. “La structure des prix du pétrole a changé avec les augmentations que connaît le prix du baril”, a-t-il dit. Ce qui concourt à la réalisation des objectifs recherchés. Par ailleurs, M. Khelil a annoncé que de nouvelles taxes seront imposées aux compagnies étrangères. Toutefois, il ne donnera aucun détail sur le pourcentage qui reviendra à la Sonatrach qui, à la faveur des amendements, devient systématiquement partenaire des compagnies étrangères qui signeront des contrats. Il précisera, par ailleurs, qu’“il n’y a aucune divergence sur l’amendement”. “Ces amendements font le consensus”, a-t-il dit. Pour rappel, les amendements en question ont été présentés en conseil de gouvernement par le ministre de Finances, M. Medelci à la place du ministre de l’Énergie.

Le ministre n’a pas voulu aller plus loin dans ses explications bien qu’il ait été harcelé par les journalistes visiblement non convaincus par ses arguments. On lui rappellera d’ailleurs ses positions antérieures qui sont à l’opposé de sa nouvelle attitude. Et surtout son forcing pour faire aboutir son projet de loi.
En effet, sa position est surprenante, lui qui s’est échiné et battu jusqu’à imposer son projet qui avait soulevé dans un premier temps un tollé et créé une opposition autour de la centrale UGTA pour imposer son retrait. Une année après, le même texte a été imposé. Les opposants l’ont adopté, l’UGTA l’a soutenu malgré elle. Malgré les mises en garde des experts, le ministre a persévéré et tenu contre vents et marrées. Le texte passe. Chakib Khelil triomphe mais fait grincer des dents parmi les membres de l’Opep et autres exportateurs de pétrole.

Paradoxalement, le texte voté sans conviction par les deux chambres qui l’ont expédié comme un ordonnance ne sera signé et publié dans le journal officiel qu’une année plus tard. Ce retard a été interprété comme une hésitation du président de la République. Ce dernier, au risque d’adopter une position de blocage pouvant laisser voir de l’Algérie l’image d’un pays instable et aux décisions inconséquentes, a préféré le signer, estimait-on. L’agence de régulation prévue par le texte de loi, Alnaft, n’a été installée que récemment.
Cela intervient dans un contexte marqué par des nationalisations, des retours aux monopoles d’État et du relèvement des taxes pour les compagnies étrangères malgré les pressions exercées par ces compagnies, notamment les américaines.

Tout récemment, le ministre déclarait que tout nouveau contrat sera signé sous le régime de la nouvelle loi. Aucun contrat n’a encore été signé depuis la promulgation de la loi. Mieux, elle sera amendée et connaîtra des changements notables. En fait, elle est perçue comme un revirement, et l’attitude du président comme un désaveu de son ministre. Ce qui expliquerait la position inconfortable de M. Khelil et son irritation lorsqu’il est interrogé sur ce sujet. Et la position de l’UGTA demeure problématique. Contrainte à accepter le texte, elle a vite fait d’oublier son échec. Elle n’a même pas revendiqué d’amendement. La demande sera prise en charge par le PT qui ira jusqu’à réclamer la renationalisation des hydrocarbures.

Source: Liberté

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