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29/08/2012, 20h05
Egypte : en Chine, le pied-de-nez du président Morsi à Obama
Pour son premier grand déplacement à l'étranger, Mohamed Morsi a choisi de se rendre en Chine. Un geste clair pour montrer aux Etats-Unis que la relation privilégiée entre les deux pays est bel et bien terminée.

Pour sa première grande sortie hors du monde arabe, le président égyptien Mohamed Morsi a choisi une destination symbolique de la nouvelle diplomatie, moins inféodée aux Etats-Unis, qu'il compte mettre en place. Il est en effet arrivé ce mardi en Chine, désormais principal concurrent économique et politique des Etats-Unis sur le plan international. Il y a été reçu par son homologue Hu Jintao.

Le message pour Barack Obama est clair : la politique pro-américaine menée par Hosni Moubarak est terminée, place à une "diplomatie équilibrée", comme la nomme lui-même Mohamed Morsi. Et qui dit équilibre dit accorder autant d'importance à Pékin qu'à Washington. Certes, Hosni Moubarak avait déjà développé les échanges avec Pékin sur la fin de son règne. Mais de là à se rendre en Chine avant les Etats-Unis, il y avait un pas que le nouveau président égyptien, en place depuis le 1er juillet, a donc franchi.

L'Iran dans la foulée

Mohamed Morsi et Hu Jintao ont notamment signé des accords commerciaux dans les secteurs de l'agriculture, des télécommunications, du tourisme et de la recherche scientifique. La Chine a également promis de fournir à l'Egypte des véhicules de police. D'autres projets communs devraient aussi voir le jour mercredi. "Sur le court terme il me semble évident que l'Egypte, vu sa situation économique, a désespérément besoin d'investissements chinois consistants", explique le professeur Peter Mandaville, spécialiste de l'Egypte à l'université George Mason (Etats-Unis).

Mohamed Morsi poursuivra son voyage avec une brève escale jeudi dans un autre pays opposé aux Etats-Unis : l'Iran. Mais, loin d'être un nouveau pied-de-nez à Washington, il s'agit d'un voyage sensible pour participer au sommet du Mouvement des Non-Alignés, qui se tient à Téhéran depuis mardi. Cette visite sera la première d'un président égyptien en Iran depuis la rupture diplomatique entre les deux pays il y a 32 ans après la révolution islamique. Elle est donc tendue, au point que le porte-parole de la présidence a précisé qu'"aucun autre sujet" n'est prévu à l'exception du passage de flambeau de la présidence du Mouvement des Non-Alignés, que l'Egypte doit remettre à l'Iran.

Et pour ne pas trop froisser l'administration américaine, Mohamed Morsi se rendra à Washington en septembre.

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