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Voir la version complète : Maroc : La Caisse des retraites au bord de l’asphyxie financière


jawzia
20/09/2012, 22h41
jeudi 13 septembre 2012


(Xinhua) — La faillite de la Caisse marocaine des retraites (CMR) pour les fonctionnaires de l’Etat est prévue en 2020, si rien n’est entrepris. La situation est devenue préoccupante surtout que le gros des actifs approche l’âge de la retraite (60 ans). Avec de moins en moins d’actifs pour cotiser, le financement de la redistribution s’avère à terme des plus problématiques.

Les cotisations sont à la charge et de l’administration et de l’affilié, dans des proportions variant de moitié/moitié à un tiers/deux tiers. Cotisations amenées à baisser, avec le vieillissement de la population, dans des proportions pour le moins inquiétantes à moyen terme. La proportion actifs/retraités sera d’un pour un à l’horizon 2020.

Un cri d’alarme dans ce sens vient d’ être lancé par le ministre marocain de l’Economie et des Finances, M. Nizar Baraka, qui a souligné, lundi à Rabat, que la réforme des caisses de retraite est devenue une "nécessité urgente, en particulier pour la Caisse marocaine des retraites".

Il a également réaffirmé l’urgence de trouver des solutions à la problématique du déséquilibre que connaît le régime des pensions civiles.

Intervenant à l’ouverture d’une journée d’étude sur les mesures urgentes de réforme du régime public des pensions civiles géré par la CMR, M. Baraka a mis l’accent sur l’importance et l’urgence de "décider consensuellement de la réforme du régime des pensions civiles, sachant que la Caisse connaîtra un premier déficit technique à la fin de l’année courante".

"Si aucune mesure n’est prise, cela la poussera (la CMR, Ndlr) à puiser dans ses réserves à partir de 2014 jusqu’à leur extinction en 2021. Ces prévisions obligent l’ensemble des partenaires sociaux à trouver des solutions à la problématique du déséquilibre que connaît le régime des pensions civiles", a averti le ministre marocain, cité par un communiqué de la CMR.

Selon une récente étude réalisée par le Haut Commissariat au Plan (HCP), institution marocaine de prospective, d’ analyse et de prévision économique, en charge du système national de production statistique, la dépense totale des retraites représenterait 10% du PIB à l’horizon 2050 alors que les recettes seraient de 2,6% du PIB, générant des déficits considérables de l’ordre de 7,4%.

Les déficits du système de retraites impliquent une réduction de l’épargne publique et donc de l’épargne agrégée, note l’étude, qui souligne que l’effet du vieillissement sur l’épargne agrégée aura des effets négatifs sur l’investissement.

L’effectif des personnes âgées de plus de 60 ans est passé de 833.000 à 2,4 millions entre 1960 et 2010, soit une augmentation de 2,3%", dans un rapport publié par le HCP.


L’espérance de vie au Maroc est quant à elle passée de 62 ans au début des années soixante à 73 ans actuellement et le nombre de personnes âgées augmenterait de 3,5% entre 2010 et 2030, selon les derniers chiffres du HCP.

Aussi et d’ après les projections faites par le Centre d’ études et de recherches démographiques (CERED) allant jusqu’ à 2014, les effectifs des personnes âgées (60 ans et plus) connaîtraient une croissance soutenue avec un rythme de 2,8 % annuellement.

Un projet de réforme globale des retraites au Maroc est en cours de finalisation par une commission technique. Il préconise une redéfinition de l’assiette des cotisations, la révision du mode d’indexation des pensions, la diversification de la couverture, la constitution de réserves effectives et protégées et l’introduction de mesures de flexibilité de la retraite.

Les principes de cette réforme sont basés sur la soutenabilité des régimes de retraite, l’élargissement de son assiette (les personnes bénéficiant de ces régimes étant estimées à 33% de la population), le maintien des acquis des fonctionnaires et salariés, et l’amélioration de ces régimes afin qu’ils puissent contribuer à l’économie et au développement social.

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