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morjane
27/09/2012, 16h31
Des mises en demeure ont été adressées mardi par la direction qui se dit “étonnée et surprise par le lancement de ce mouvement de grève alors qu’aucune revendication socioprofessionnelle n’a été avancée”. Seuls 33% du trafic ferroviaire ont été assurés par les conducteurs principaux pour les grandes lignes et des trains de banlieue à l'heure des départs et des retours.

Le transport ferroviaire est paralysé depuis mardi par un nouveau mouvement de grève déclenché par les conducteurs de locomotive de la région d’Alger. Les nombreux usagers, travailleurs et étudiants, ont été pénalisés puisque l’action a été suivie à 75%, engendrant  également un énorme manque à gagner que la SNTF n’a pas encore établi. L’entreprise n’a pas également cerné les motifs officiels de ce débrayage. Il semble que c’est l’imbroglio à la SNTF.

En effet, le directeur des ressources humaines, qui a animé un point de presse hier au siège de la DG de l’entreprise, a révélé que rien ne présageait une telle action : “Nous avons été surpris mardi par cette grève et des déclarations inattendues à travers les médias.” Le plus étonnant pour Noureddine Dakhli, c’est que “le 19 septembre dernier, j’ai personnellement assisté à l’AG de la section syndicale du dépôt d’Alger où, certes, des problèmes ont été soulevés, mais point de préavis de grève ou autres. Ce qui est inadmissible et anarchique !” Ne voulant pas pénaliser encore les usagers, la DRH a pris les devants en invitant son partenaire social, à savoir la Fédération nationale des cheminots, qui, elle aussi, n’as pas été informée du mouvement à une rencontre en présence des représentants de grévistes.
Ces derniers ont décliné l’invitation et se sont contentés de lancer des messages et des revendications à travers la presse. Ne sachant plus quoi faire face à des contestataires qui, “officiellement et à l’instant où je vous parle, n’ont remis aucune plateforme de revendications”, confie N. Dakhli. L’entreprise, dont le principal souci est de faire rouler les trains pour ne pas pénaliser les usagers, s’est tournée vers les chefs de tractation (conducteurs principaux) pour assurer les principales lignes, notamment pour les départs du matin et les retours, ainsi que les grandes lignes et le transport de marchandises (carburant surtout). Et ceci, toujours en parallèle aux tentatives de négociations avec les grévistes. Mais en vain. Que faire ? La DG, regrette N. Dakhli, a décidé d’appliquer les mesures de sanction prévues par la loi.

Des mises en demeure ont été adressées aux conducteurs grévistes, non pas pour les sanctionner mais pour les forcer à reprendre du service et ne pas pénaliser les nombreux usagers. La direction de la SNTF s’est également tournée vers la justice pour mettre fin à ce mouvement de grève, d’autant que son lancement ne répond à aucun cadre juridique légal. Revenant sur le motif que certains conducteurs auraient évoqué, à savoir le licenciement d’un conducteur, le conférencier a tenu à démentir formellement cette information.
Et d’ajouter : “Aucune mesure disciplinaire n’a été prise à l’encontre du conducteur qui a provoqué la mort d’un chef de gare en 2011 suite à un accident survenu à l’entrée de la gare de Corso. La commission de discipline statuera sur son cas le 3 octobre prochain.” Selon le DRH, le conducteur “a commis une grave erreur qui a coûté la vie à un collègue, et ce, en passant outre l’une des principales bases de la conduite d’une locomotive en cas de panne de signalisation, à savoir une vitesse maximale de 30 kilomètres. Les enregistrements ont montré qu’il roulait à 103 km/h.”

Le conférencier expliquera, à ce propos, que la SNTF est confrontée au problème de panne de signalisation en raison du vol de câbles dont elle fait l’objet. “Ce sont des réseaux spécialisés qui provoquent un court-circuit pour voler les câbles et s’emparer du cuivre.”

Par : Malika Ben liberté

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