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Voir la version complète : Paupérisation : "loi générale absolue de l’accumulation capitaliste"


Elghifari
19/12/2012, 05h51
Extrait d’article présentant le Capital de Karl Marx.

Par Fredrich Engels

(…) Nous laisserons de côté une série d'autres recherches très belles d'un intérêt plus théorique et nous nous contenterons d'en venir au chapitre final qui traite de l'accumulation du capital.

On y prouve d'abord que la méthode de production capitaliste, c'est à-dire, réalisée par des capitalistes d'une part et des salariés d'autre part, non seulement reproduit constamment son capital au capitaliste, mais produit toujours aussi en même temps la misère des ouvriers; de sorte que l'on veille à ce que, d'une façon constante et renouvelée, existent d'un côté des capitalistes qui sont les possesseurs de tous les moyens de subsistance, de toutes les matières premières et de tous les instruments de travail, et, de l'autre côté, la grande masse des ouvriers qui sont contraints de vendre leur force de travail à ces capitalistes pour une certaine quantité de moyens de subsistance, suffisants tout au plus, dans le meilleur des cas, pour les maintenir en état de travailler et pour faire grandir une nouvelle génération de prolétaires aptes au travail.

Mais le capital ne se contente pas d'être reproduit : il est continuellement augmenté et grossi et avec lui, sa puissance sur la classe non possédante des ouvriers. Et de même qu'il est reproduit lui-même dans des proportions de plus en plus grandes, le mode de production capitaliste moderne reproduit également à une échelle toujours plus grande, et en nombre toujours croissant, la classe des ouvriers qui ne possèdent rien.

L'accumulation du capital reproduit les rapports du capital à une échelle plus large, plus de capitalistes ou de plus gros capitalistes à un pôle, plus d'ouvriers salariés à l'autre... L'accumulation du capital est donc l'augmentation du prolétariat.

Mais comme pour faire la même quantité de produits, il faut toujours moins d'ouvriers par suite du progrès du machinisme, de l'amélioration de l'agriculture, etc., comme ce perfectionnement, c'est-à-dire, cet excédent d'ouvriers grandit plus rapidement que le capital lui-même, qu'advient-il de ce nombre toujours plus grand d'ouvriers ? Ils forment une armée de réserve industrielle qui, pendant les périodes d'affaires mauvaises ou médiocres, est payée au-dessous de la valeur de son travail et est occupée irrégulièrement ou encore tombe à la charge de l'assistance publique, mais est indispensable à la classe capitaliste pour les moments d'activité particulièrement vive des affaires, comme cela apparaît de façon tangible en Angleterre, mais qui, en tout état de cause, sert à briser la force de résistance des ouvriers occupés régulièrement et à maintenir leurs salaires à un bas niveau.

Plus la richesse sociale est grande..., plus est grande la surpopulation relative ou l'armée de réserve industrielle. Mais plus cette armée de réserve est grande par rapport à l'armée ouvrière active [occupée régulièrement] et plus massive est la surpopulation consolidée [permanente], c'est-à-dire les couches d'ouvriers dont la misère est en proportion inverse de la peine de leur travail. Plus, enfin, la couche de la classe ouvrière partageant le sort de Lazare et l'armée de réserve industrielle sont grandes, plus est grand le paupérisme officiel. Telle est la loi générale, absolue de l'accumulation capitaliste.

Telles sont, prouvées d'une façon rigoureusement scientifique - et les économistes officiels se gardent bien de tenter seulement de les réfuter - quelques-unes des lois principales du système social capitaliste moderne.

Mais avec cela avons-nous tout dit ? Pas du tout. Avec la même netteté que Marx souligne les mauvais côtés de la production capitaliste, il prouve, de façon aussi claire, que cette forme sociale était nécessaire pour développer les forces productives de la société à un niveau qui permette le même développement vraiment humain pour tous les membres de la société. Toutes les formes sociales antérieures ont été trop pauvres pour cela. Seule, la production capitaliste crée les richesses et les forces de production nécessaires à cette fin, mais elle crée en même temps, avec la masse des ouvriers opprimés, la classe sociale qui, de plus en plus, est contrainte de revendiquer l'utilisation de ces richesses et de ces forces productives pour toute la société et non, comme aujourd'hui, pour une classe monopoliste.

Fredrich Engels, Demokratisches Wochenblatt, Leipzig, 21-28 mars 1868.

karlmarx

Elghifari
19/12/2012, 05h54
Où allons-nous comme ça?

D'un coté : une force productive gigantesque et en contrepartie l'accumulation de la pauvreté et du sous-développement d'une grande masse de gens et de peuples partout dans le monde?

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