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Voir la version complète : Absent neuf jours après l'attaque sanglante de In Amenas : le mystère


mohoo
24/01/2013, 16h40
Le président algérien disparait une fois de plus des écrans radars. Neuf jours après le début de l’attaque terroriste et la prise d’otages sanglante sur le complexe gazier de In Amenas, Abdelaziz Bouteflika n’a pas fait la moindre apparition publique. Il n’a pas non plus commenté cette affaire qui a fait la Une de la presse mondiale depuis mercredi 16 janvier. Où est-il ?
Sur cette tragédie d’In Amenas, à peine sait-on, de la bouche de son Premier ministre Abdelmalek Sellal, que « cette opération a été suivie par le président Abdelaziz Bouteflika et par les responsables concernés ».
Il l'a suivie. Sans plus.
Comment Bouteflika a-t-il suivi cette opération, en acteur ou en spectateur ? S'est-il mis en retrait pour laisser les militaires se débrouiller tous seuls sur cette opération? A-t-il été mis à l'écart par les militaires qui ont pris les commandes pour gérer cette affaire commando qui n'a plus son pareil de puis le début de la subversion islamiste en Algérie en 1992?
Une chose est sûre : les militaires gardent au travers de la gorge l'épisode du rapt de 32 touristes occidentaux en 2003 dans le désert algérien par un groupe dirigé par El Para, à l'époque un des émirs du GSCP (groupe salafiste pour le combat et la prédication).
Alors qu'un assaut des forces spéciales algériennes a permis de libérer 17 otages (10 Autrichiens, 6 Allemands et 1 Suédois); alors que le reste des ravisseurs qui a réussi à s'échapper était poursuivi par les militaires ces derniers ont reçu l'ordre de la présidence de stopper net la traque.
Résultat, les otages occidentaux seront plus tard échangés par El Para contre au moins 5 millions d'euros, argent qui servira à acheter armes et munitions pour alimenter les maquis algériens.
Et le souvenir de cet épisode a refait surface dix ans plus tard avec cette prise d'otages à In Amenas.
Devant les interrogations de la presse algérienne et internationale sur cette absence inexpliquée, l’agence officielle APS a fait savoir dimanche 20 janvier dans une dépêche laconique que le chef de l’Etat a adressé un message d’encouragement et ses salutations aux joueurs de l’équipe algérienne qui disputent la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations en Afrique du Sud.
A défaut de faire taire les supputations, ce message aura réussi à épaissir davantage le mystère sur cette absence.
Bouteflika est-il vraiment en Algérie ? Ou plutôt en Suisse pour des soins comme le laisse courir la rumeur qui se répand à Alger?
Une chose est certaine : sa dernière apparition publique remonte au 7 janvier dernier lorsqu’il a reçu à Alger l’émir du Qatar.
Depuis, calme plat.
Mais ce que l’on sait est que depuis une semaine, voire davantage, le chef de l’Etat a cédé sa place à son Premier ministre devenu, depuis mercredi 16 janvier, l’interlocuteur privilégié de chefs d’Etats et de chefs de gouvernements étrangers.
Pour gérer la crise née de l’attaque de In Amenas, c’est Sellal qui sera au bout du fil avec les responsables américains, britanniques, français, japonais, canadiens, norvégiens et autres.
C'est dire que le Premier ministre aura revêtu en la circonstance les habits de président en exercice. Effacé Bouteflika.
Et pour rendre compte encore davantage de cette absence prolongée, le président, bientôt âgé de 76 ans, n’est plus en mesure de se déplacer à l’étranger pour participer aux rendez-vous internationaux, exercice qu’il affectionnait tant quelques années plus tôt.
Pour le deuxième anniversaire de la révolution en Tunisie qui a balayé en janvier 2011 le dictateur Ben Ali, Bouteflika s’est décommandé en dépêchant à Tunis le président du Sénat, Abdelkader Bensalah.
La cérémonie d’ouverture de la CAN en Afrique du Sud ? Il se fait représenter par Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines.
A la 20ème conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine les 27 et 28 janvier à Addis-Abeba, en Ethiopie, il se fera représenter par Sellal.
Au forum économique mondial (WEF) de Davos (Suisse) du 23 au 27 janvier 2013, c’est le ministre des Affaires étrangères qui s’y coltine.
Mais si ces absences ne tenaient qu'à ces rendez-vous internationaux...C'est que Bouteflika donne au jour le jour l'impression de présider par délégation.
DNA

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