PDA

Voir la version complète : LA GIROUETTE EN POLITIQUE «Toi aussi, Brutus !» Par Maâmar Farah


nacer-eddine06
27/01/2013, 00h27
Non, ce n'est pas une réaction en chaîne commandée par telle ou telle officine. Je sais, par expérience, que, quelle que soit la position que vous adoptez, vous êtes toujours taxés d'être manipulés par ces fameux laboratoires de la mystification et quand ce ne sont pas les «services», c'est le frère du président et son clan ou alors simplement Abassi Madani et sa clique !
Si je joins ma voix à Hakim Laâlam dans sa réaction nette et éclairée à l'obscure lettre émanant d'un groupe de partis menés par le MSP, exigeant, ni plus, ni moins, que le président Bouteflika «dégage !», c'est qu'il y a à boire et à manger dans cette affaire bizarre, aussi bizarre que le comportement de Si Bouguerra Soltani, le plus fidèle allié de Tab Djenanou, celui qui, avec un talent de tribun que n'ont ni Ouyahia, ni Belkhadem, a passé son temps à nous polluer les oreilles avec ses louanges à Bouteflika et ses soutiens criants aux mandats successifs de ce dernier ! C'est au peuple algérien, et au seul peuple, de dire «Dégage !» à Bouteflika et non à des gens tellement collés au système qu'ils ont perdu toute crédibilité. Une brochette de partis dont on ne connaît que quelques sigles et une figure ou deux, s'érige subitement en conscience de la Nation, reprenant une formule (Dégage !) importée et remâchée à satiété ! La révolution par Al Jazeera et ses aphorismes dépassés (harimta !) ? Non, merci ! Ici et depuis 1999, notre journal a quotidiennement manifesté son désaccord avec la ligne politique de Bouteflika. Clairement. Franchement. Au prix, parfois, de persécutions policières, de visites inopinées des impôts et de détournement de publicité. Nous avons maintenu cette ligne contre vents et marées, face à toutes les pressions, toutes les tentations... Alors que certains nous appelaient à la prudence, nous ne retenions que la phrase de Benchicou sortant de la prison d'El Harrach : «N'ayez pas peur de leurs geôles !» Et, dans ces moments où nous étions si seuls, nous aurions tant voulu recevoir une lettre pour nous dire : «courage !» de la part des adeptes du «dégage !» Nous ne prenons d'ordres ni du Qatar, ni du DRS, ni des généraux, ni d'un quelconque mouvement politique. Nous sommes au service de nos lecteurs, de la liberté et de l'Algérie ! Libres ! C'est au nom de cette liberté que nous manifestons notre refus de la manipulation car, après avoir joué la carte des législatives et celle du terrorisme aveugle, voilà maintenant l'islamisme qui agite le spectre d'une nouvelle révolution qu'il n'a pu imposer dans le sillage du brumeux «printemps arabe». Et avec quels moyens ? Une lettre et un quarteron de félons qui se retournent contre leur maître ! Et à quel moment ? Quand la jeunesse algérienne éclairée renoue avec le patriotisme et rend hommage sur hommage à l'ANP ! Quand, face aux multiples dangers qui montent de partout autour de nous, la Nation appelle ses fils sincères à l'unité et à la solidarité ! Nous attendions une lettre de soutien et d'hommage aux unités d'élite de l'armée, des condoléances attristées aux braves qui ont accepté de travailler en Algérie malgré tous les risques et qui sont morts dans des conditions atroces. Nous attendions tant de choses, mais jamais ce coup de poignard dans le dos de celui qui leur a donné à bouffer jusqu'à répugnance, à une période où tant d'hommes libres de ce pays étaient persécutés, pourchassés, emprisonnés ou ruinés pour ne pas avoir soutenu Bouteflika ! Ce dernier coup d'épée dans... l'eau de l'islamisme soft arrive dans une conjoncture marquée par sa perte d'influence avérée en Algérie et la déroute des groupes armés au Nord-Mali. On sent la fébrilité des véritables patrons de l'Internationale islamiste, déstabilisés par une succession d'événements qui contrarient leurs projets. La sortie de Bouguerra Soltani et de ses copains est un coup raté. Politiquement. Médiatiquement. Tactiquement. Et ce coup aurait pu passer inaperçu s'il ne portait pas le sceau de la trahison, du «parricide» comme dirait mon ami Hamidechi Boubekeur. Et Bouguerra Soltani n'entendra même pas le légendaire «même-toi, Brutus !» de la bouche de Bouteflika qui ne semble, à aucun moment, avoir surestimé les capacités de fidélité et de loyauté du chef du MSP. Si Ali Belhadj continue d'être conséquent avec lui-même, fidèle à une ligne politique qu'on peut aimer ou ne pas aimer, mais qui a le mérite d'éviter les détours alambiqués, certaines girouettes feraient mieux de quitter les hauteurs. Les vents qui y soufflent en permanence changent très vite d'orientation et il y a de quoi perdre même sa versatilité légendaire !
M. F.

Cookies