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MEK
27/01/2013, 01h48
Le Premier ministre Abdelmalek Sellal, représentant le président de la République M. Abdelaziz Bouteflika au vingtième sommet de l’UA, a expliqué de nouveaux que l’Algérie n’envisage pas d’envoyer des troupes algériennes en dehors du territoire national ou de recevoir sur son sol des troupes étrangères.

En effet, l’Algérie a réitéré vendredi soir à Addis-Abeba sa position dans la crise du Mali en condamnant les récentes attaques terroristes contre de la ville de Konnat (Mali). «Je veux me référer ici aux récentes attaques terroristes de la ville de Konnat, que mon pays a condamnées dans les termes les plus énergiques», a indiqué le Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui représente le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, au 20e sommet ordinaire de l’Union africaine (UA).

Intervenant au sommet du Conseil de paix et de sécurité au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, dont la session s’est tenue à huis clos et a été consacrée à la situation au Mali, le Premier ministre a souligné que ce «développement grave a constitué une menace pour le Mali et une atteinte aux efforts pour une sortie de crise dans ce pays frère».

Il a relevé aussi la «véritable» menace dans la région, posée par les groupes terroristes et ceux affiliés au crime transnational organisé. Dans le même sillage, il a réitéré aux autorités de la transition au Mali la solidarité «indéfectible»» et le soutien «continu» de l’Algérie dans le règlement de la crise qui touche ce pays.

«Il s’agit donc d’une contribution multiforme que l’Algérie apporte pour aider à une sortie de crise au Mali», a indiqué M. Sellal, affirmant toutefois que «l’Algérie n’envisage pas d’envoyer des troupes algériennes en dehors du territoire national ou de recevoir sur son sol des troupes étrangères».

Enchainant sur les solutions de sortie de crise, M. Sellal a indiqué que l’Algérie a prôné, depuis le début (de la crise), une approche qui visait à réaliser trois objectifs stratégiques, à savoir la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali, le retour à la légitimité démocratique et la lutte continue et permanente contre le terrorisme et le crime transnational organisé, en vue de leur éradication totale.

«Ces objectifs devraient être valablement atteints grâce à la mise en œuvre combinée des éléments de solution suivantes : le renforcement du leadership politique au Mali, le déploiement de l’administration malienne sur tout son territoire, la recherche d’une solution politique négociée qui implique les acteurs qui se démarquent sans équivoque du terrorisme et du crime transnational organisé et qui renoncent à toute atteinte à l’intégrité territoriale du Mali, en vue de répondre aux revendications légitimes des populations du nord, et enfin la prise en charge par la communauté internationale du volet humanitaire», a expliqué le Premier ministre.

En ce sens, il a ajouté que l’Algérie estime que «la recherche d’une sortie de crise au Mali doit être conduite, en tenant compte de l’urgence de la situation et de la nécessité de dégager une solution durable».

«La sécurité et la stabilité retrouvées au Mali et dans la région permettront de consacrer les ressources à l’effort de développement et d’amélioration des conditions de vie des populations», a ajouté M. Sellal, relevant que cela demeure «le but recherché par nous tous et c’est ce qui fonde notre solidarité avec le Mali frère».

Il a rappelé que suite à l’attaque terroriste de la ville de Konnat, l’Algérie a procédé à la fermeture totale de ses frontières avec le Mali, soulignant à ce propos que «des mesures de sécurisation renforcées ont été prises».

«La vocation de cette décision qui vise à empêcher les mouvements de groupes terroristes et d’armes, est de contribuer à rendre plus efficiente la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, qui constitue un élément central de toute sortie de crise au Mali», a indiqué M. Sellal, faisant remarquer que cela «nécessite un effort considérable à notre armée et un coût élevé que l’Algérie assure sur ses propres ressources».

Le Premier ministre a indiqué qu’il s’agit en définitive d’une contribution de l’Algérie à la sécurité de la région et à l’effort de pacification et de stabilisation au Mali. M. Sellal a en outre relevé que la «décision souveraine» du Mali de solliciter l’aide de partenaires africains et extra-africains, répond à cet objectif de lutte contre le terrorisme, tout comme elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, a-t-il dit.

Il a également rappelé que l’Algérie a, de concert avec la Libye et la Tunisie, mis en place des mesures de contrôle et de surveillance des frontières, ajoutant que la lutte contre le terrorisme et le crime organisé doivent comprendre, la prévention et la limitation des capacités de mouvements et de ravitaillement en armes des groupes terroristes dans toute la région.

Pour ce qui est du rôle de l’Union africaine, il l’a qualifié d’ «acteur important», tout en «reconnaissant et en encourageant le leadership pour la recherche d’une sortie de crise au Mali, conformément aux responsabilités qui lui sont dévolues dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité en Afrique».

«Je veux souligner également que l’Algérie a toujours appelé à une lutte internationale contre le terrorisme et le crime transnational organisé», a affirmé à ce propos le Premier ministre, soulignant que «ces menaces mettent en péril la sécurité et la stabilité de la région».

«Nos pays sont déterminés à les combattre, y compris dans le cadre de la coopération internationale et du partenariat, au demeurant prévus par la stratégie des Nations Unies de lutte contre le terrorisme», a-t-il affirmé. Evoquant dans le même sillage l’attaque terroriste ayant ciblé le site gazier de Tiguentourine (In Amenas), M. Sellal a rappelé que les autorités algériennes ont eu à faire face à «un important groupe terroriste lourdement armé qui a pris des centaines d’otages».

«Je veux rendre hommage ici à l’armée algérienne, dont le professionnalisme et les choix judicieux pris en tenant compte d’une évaluation précise de la menace, ont permis de sauver des centaines de vies, et d’éviter les conséquences, assurément désastreuses, si la destruction du site gazier n’a pas été empêchée», a-t-il rappelé.

«La riposte de l’Algérie a été d’un autre côté, l’illustration de la fermeté et de la détermination des autorités algériennes face au terrorisme», a affirmé le Premier ministre tout en «remerciant» la Présidente de la Commission de l’Union africaine, Madame Nkosazana Dlamini-Zuma ainsi que les nombreux gouvernements africains et les organisations internationales et régionales qui ont condamné cette attaque terroriste et exprimé leur solidarité à l’égard de l’Algérie.


Rachida T. 26/01/2013

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