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Voir la version complète : Le collectif Nabni publie son rapport Algérie 2020 : 5 leviers pour éviter le scénario du «Titanic»


nacer-eddine06
27/01/2013, 07h15
Le collectif Nabni a rendu public hier son rapport «Enseignements et vision pour l’Algérie 2020». Hier, à la salle Cosmos de Ryad El Feth, ses animateurs l’ont présenté devant une audience importante, composée d’experts, d’universitaires, de chefs d’entreprises et de représentants de la société civile.

Un panel assez représentatif de ce qu’on pourrait appeler la «classe moyenne» algérienne et dont l’élite souhaiterait intervenir dans le débat sur le présent et l’avenir du pays par des propositions pour la relance d’un certain nombre de domaines d’activité perçus comme indispensables à la mise en place d’une politique de développement à l’horizon 2020.

Le document discuté hier et qui devrait être soumis ces jours-ci à débat est composé de cinq parties. Ses constituants sont organisés par ordre de priorité : économie, éducation, santé, vivre ensemble, culture et gouvernance. Leurs contenus s’interpénètrent cependant dans une énonciation globale dont le but est de «ramasser» les éléments du projet global que le collectif Nabni soumet à l’analyse et à l’enrichissement.

Ce rapport en «5 pièces», des «leviers», dit-on au sein du collectif, reprend dans le détail le travail d’expertise que les animateurs du collectif ont déjà fourni dans le cadre des «100 propositions» de sortie de crise, exprimées l’an dernier à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance. Il est rédigé selon l’image que l’Algérie est un bateau, le «Titanic», pour qui l’absence d’un cap bien défini à partir des constats actuels pourrait conduire droit sur l’iceberg.
Qui pourrait provoquer cette catastrophe ? «Trop compter sur la rente pétrolière», répondent à l’unisson les membres du collectif Nabni. «Le poumon de l’économie nationale est en voie de disparition, la rente pétrolière n’est pas éternelle, elle va être épuisée», a-t-on entendu d’entrée de jeu et dès le début de la discussion animée par le journaliste Ahmed Lahri, qui a modéré les interventions.

Hamadi Rostom a fait une petite présentation sur l’initiative de Nabni lancée au mois d’avril 2011, dont elle publie un premier rapport 2012 : «100 mesures pour une Algérie nouvelle». Ensuite, il a cité les 5 leviers pour bâtir une Algérie nouvelle.
Le porte-parole de Nabni, Abdelkrim Boudra, a axé son intervention sur le volet économique, où il a proposé deux scénarios. Le premier est pour le pire, en d’autres termes ce qui va se passer si l’Algérie poursuit sa démarche, sans opter pour un changement urgent dans sa politique économique. Le second scénario prévoit une meilleure perspective : «Si on mobilise nos ressources, on pourra aller vers le chemin du développement», a déclaré M. Boudra. Selon lui, les Algériens partagent son point de vue, parce qu’ils rêvent d’une autre Algérie.

Pour sa part, le banquier Mokhtar Kharroubi a fait une comparaison entre l’Algérie des années soixante et celle d’aujourd’hui. Selon les études établies, la pauvreté est réduite, tout comme les inégalités sociales. Pour ce qui est de l’emploi, l’interlocuteur a fait remarquer que la création d’emplois dans toutes ses formes ne dispose pas de mécanisme de suivi, ce qui fait que ces postes disparaissent aussi rapidement qu’ils sont créés. M. Kharroubi a appelé à orienter l’argent de la rente pétrolière vers d’autres activités. «Il faut aller vers une politique industrielle éclairée et cohérente», a-t-il conclu.
Le secteur sensible et compliqué de l’éducation, autre volet très important dans le développement de chaque pays, a également été évalué par le groupe de penseurs Nabni. Liès Chitour, dans son analyse de la situation de ce secteur, a pointé du doigt le problème de la qualité. Il dira à ce sujet : «La quantité est une réussite, la qualité n’est plus.» Il s’est par la suite penché sur le volet du vivre ensemble en préconisant de redonner une cohérence au bâti dans les villes et villages et assurer une meilleure intégration. «Il faut construire plus intelligent», a-t-il conclu.

Sur le volet de la gouvernance, Abdelmadjid Attar, ancien PDG de Sonatrach, dira que l’Algérie figure toujours en queue du peloton des classements internationaux, au sein de pays à revenus comparables et quel que soit l’indicateur retenu. Ainsi, pour un Etat de droit, les Algériens doivent être égaux devant la loi, poursuit-il. «Il n’y aura plus d’Etat de droit ‘’informel’’ octroyant des privilèges à certains et offrant un cadre légal incertain à d’autres.
La justice sera indépendante et assurera un traitement équitable à chaque citoyen indépendamment de tout critère non constitutionnel. Un rééquilibrage des pouvoirs sera réalisé, afin de permettre l’expression systématique de mécanismes de contre‐pouvoir, notamment en redonnant au Parlement son plein rôle», plaide-t-il.

Quant au volet culturel, Achraf Benhassine plaide pour la réappropriation de l’espace culturel par les citoyens et d’accroître la diversité de l’offre culturelle sur tout le territoire national. «Il faut également rendre les structures en charge de la politique et de l’offre culturelles décentralisées, autonomes et professionnelles et faire en sorte qu’un programme varié d’animation culturelle existe au niveau de chaque localité, afin de rendre les territoires attractifs. Faire en sorte également que l’Etat apporte un soutien multiforme et un financement adéquat au développement des politiques artistiques dans tous les domaines (musique, littérature, théâtre, arts plastiques, cinéma)», insiste-t-il

De son côté, Zoubir Benhamouche, membre du comité de pilotage du réseau Nabni, estime qu’il ne faut pas se laisser gagner par cette idée selon laquelle rien n’est possible sans changement politique préalable. L’émergence d’une autre gouvernance capable de développer l’Algérie est l’affaire de tous», a-t-il conclu.
A la fin des différentes présentations, le débat était ouvert au public pour l’échange d’idées, poser des questions et faire des propositions et des critiques.

reporters.dz

Écrit par Samira Dekiche et Yacine Mammeri

Massnsen
27/01/2013, 10h05
Les intentions sont bonnes, même excellente. Mais on parle de l'algérie, ce que les membres de ce collectif semblent oublier. On ne débarque pas comme ça avec un rapport et on dit au gouvernement: tiens, voici ta recette miracle !

Iska
27/01/2013, 10h51
Helas même si recette miracle il y a , l'immobilisme la détruit ;


LE RENONCEMENT ET LE STATUQUO
par M. Saadoune

http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gifIl faut reconnaître aux initiateurs du groupe Nabni une persévérance dans l'effort de «proposition de solutions» qui semble résister au désintérêt ambiant pour la chose publique. Les militants classiques - ils sont en général dans le syndicalisme et marqués à gauche - n'y voient que des libéraux, des défenseurs d'une vision dominante de l'économie. Il y a probablement chez les animateurs de Nabni une tendance libérale et un côté «technocrate» qui n'emballe guère ces militants. Mais dans un pays où plus personne n'émet plus d'idées, d'analyses ou de propositions, ils ont le mérite de vouloir essayer. De tenter quelques débats. Et qui peuvent être élargis par ceux qui ne font pas du «consensus de Washington» leur religion.

L'apolitisme est une vue de l'esprit, il n'existe pas dans la réalité. Encore plus quand on parle d'économie, d'affectation des ressources et de choix stratégiques à faire et de virage à prendre pour ne pas connaître le sort du somptueux Titanic. Il n'y pas d'économie pure, ni de «sciences économiques». Il n'y a que de l'économie politique. Les initiateurs de Nabni ne l'ignorent pas au fond. Ils viennent de proposer au débat public une vision pour l'Algérie à l'horizon 2020 et un projet global pour la réaliser, fait de 50 chantiers structurants dans cinq domaines. Cela mérite le détour, un examen sur pièce, des critiques et même une déconstruction politique pour ceux qui le souhaitent. Mais comme il est mis sur la place publique, il faut le positiver et accepter d'en faire l'inventaire. La pire des choses qui puisse lui arriver, serait qu'il soit accueilli avec le traditionnel haussement d'épaules qui est le lot de toutes les initiatives. Le vrai problème est là.

Il y a un désenchantement général qui aurait pu être une incitation à des visions critiques mais qui ne débouche en réalité que sur de la démission. Nabni ne parle pas de politique ? Le problème est que les initiatives ouvertement politiques destinées à essayer de faire bouger les choses, de soulever les bonnes questions sont également accueillies par des haussements d'épaules. Les Algériens viennent de passer des dures journées avec l'attaque terroriste d'In Amenas. Ce qu'ils en retiennent, c'est que les risques majeurs s'accumulent et que l'espace politique officiel est formidablement en déphasage. Hormis les professions de foi patriotique, aucune discussion sérieuse sur la stratégie du pays vis-à-vis du voisinage, de nos relations avec les puissances étrangères qui deviennent plus actives à nos frontières, sur la politique étrangère, sur la sécurité. Il y a si peu de débats là où ils sont censés se faire - l'Assemblée nationale par exemple - que cela ne peut qu'être inquiétant.

AUSSI QUE L'ON SOIT «LIBERAL» OU DE «GAUCHE», VOIRE MEME UN «ETATISTE», IL FAUT DEBATTRE AU LIEU DE HAUSSER LES EPAULES. LE FAIT QUE LE POUVOIR NE PARAISSE PAS EN TENIR COMPTE NE DEVRAIT PAS ETRE UN FACTEUR DE REFUS DE DEBATTRE. L'UN DES ENJEUX DES ENGAGEMENTS CITOYENS AU SENS LARGE EST DE SORTIR D'UNE VISION DE DOMAINES RESERVES. ET LE REPROCHE «D'APOLITISME» FAIT PAR EXEMPLE A NABNI N'EST PLUS DE MISE QUAND L'UN DE SES ANIMATEURS EXPLIQUE QUE «LA GOUVERNANCE EST LA CLE», LE «THE TRUC» A CHANGER CHEZ NOUS, «C'EST LA MERE DE TOUTES LES REFORMES…». LE DEBUT DU CHANGEMENT SERAIT DE NE JAMAIS CESSER DE LE DIRE, D'EN DISCUTER ET DE CONTESTER. LE RENONCEMENT, NOTRE RENONCEMENT, FAIT EGALEMENT LE STATUQUO DANS LEQUEL EST BLOQUE LE PAYS ET QUI EMPECHE LE TITANIC DE PRENDRE LE VIRAGE SALUTAIRE.



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