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Voir la version complète : Davos ou la riposte à Tiguentourine Par Mohamed Benchicou


nacer-eddine06
28/01/2013, 00h45
C'est donc entendu : Mourad Medelci, illustre ministre des Affaires étrangères sous Bouteflika 1er, restera, à l'échelle de nos pauvres postérités, notre pâle comte de Champigny. En lâchant, l'autre samedi à Davos, devant les journalistes américains de l'agence Associated Press que «les forces de sécurité algériennes ont commis des erreurs dans la prise d’otages du site d’In Aménas», notre ministre des Affaires étrangères confirmait avec brio que le métier de chef de la diplomatie, en autocratie, a ceci de pratique qu'il vous dispense de subtilité et, à l'inverse, cela de pénible qu'il vous en exige au-delà de ce que peut produire un esprit commun.
Selon que vous vous soumettiez au premier postulat ou que vous vous aventuriez à titiller le second, vous serez comte de Champagny ou Talleyrand. Le premier, «simple exécutant, discipliné et soumis», a succédé au second, «diable boiteux», mais sans jamais le remplacer. Ainsi va la mémoire implacable de l'humanité qui ne retient du temps et des actions des hommes que les fulgurances et les audaces. Talleyrand, visionnaire, admiré ou détesté, incarnation de l'esprit et de l'intelligence, du cynisme parfois, inspirera moult études historiques et artistiques. Notre Medelci se suffit, lui, de l’humble prestige nourricier du porte-voix du monarque. Car enfin, il n'a échappé à personne que cette affirmation brutale et sans panache selon laquelle «les forces de sécurité algériennes ont commis des erreurs dans la prise d’otages du site d’In Aménas», qui va à contrecourant des déclarations des grands de ce monde, n'était qu'une piteuse contre-offensive dans une basse compétition politicienne réglée sur les présidentielles de 2014. Dans le langage militaire, on appelle ça un «coup de main». Sous plusieurs aspects, ça le fut. Un «coup de main» à Bouteflika chef de l'État, et dont Tiguentourine avait significativement altéré l'image en même temps qu’elle avait rehaussé, contre toute attente, celle des généraux. Un «coup de main» pour Bouteflika futur candidat de 2014, dont un éminent observateur qui cumule l'expérience de l'ex-colonel du DRS et la clairvoyance du politologue, affirmait sur France 24 que «l’épisode d’In Aménas aura des répercussions sur [son] éventuelle candidature». Par la bouche de Medelci, promu ce samedi-là à Davos, torpille de riposte, le clan présidentiel répliquait à Tiguentourine qui avait tant discrédité Bouteflika, en tentant, à son tour, de dévaloriser l'image de l'armée algérienne. Et tant pis si Medelci, à Davos, désavouait, en preux chevalier au service de Sa Majesté, jusqu’à son propre Premier ministre, Abdelmalek Sellal qui, la veille, de la tribune du 20e sommet ordinaire de l’Union africaine où il représente le président Bouteflika, martelait que «le professionnalisme et les choix judicieux» de l’armée algérienne «ont permis de sauver des centaines de vies, et d’éviter les conséquences, assurément désastreuses, si la destruction du site gazier n’a pas été empêchée». Après tout, dira-t-on, ce n’est qu’une cacophonie qui s’ajoute à tant d’autres… Sans doute. Mais cette cacophonie-là a de la résonance. Par la voix de Medelci, le clan Bouteflika contredisait toutes ces voix algériennes et étrangères qui n'avaient vu dans l'opération militaire de Tiguentourine ni «erreurs» ni «aveuglement», mais seulement «l’efficace intervention et l’opération réussie», pour reprendre Mme Hanoune dont il faut bien relever, parfois, les insoupçonnables instants de lucidité. Il démentait l'Union européenne (UE) dont on retient l'«appui» aux mesures prises par les autorités algériennes pour limiter les pertes en vies humaines et préserver les installations économiques ; il démentait la Maison-Blanche qui rappella, avec tant de solennité, que la priorité est de repousser les hordes intégristes qui entendent s’emparer du Sahel. Tiguentourine a changé le contexte : nous ne sommes plus dans la phase de culpabilisation, j’allais dire de tétanisation, des généraux, la période de l’épouvantail-TPI et du juge suisse auditionnant un ancien ministre de la Défense ; nous sommes dans un cycle inattendu où le chef militaire algérien devient exécuteur d’un vaste projet de délivrance qui concerne une partie non négligeable de l’humanité. Ce qui provoque l’émoi du clan présidentiel, c’est que Tiguentourine a retourné contre Bouteflika jusqu’à ses supposés alliés. Les royaumes, du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui a «fermement» condamné l'acte terroriste et plaidé pour une «action commune dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme», au Maroc qui a exprimé sa solidarité avec l'Algérie, ont paru changer de camp. Il va jusqu’à l’Otan, dont un membre singulier, la Turquie, a préconisé «l'unité et la solidarité de la communauté internationale», pour conforter les chefs militaires dans leur choix. Cela dit, la sortie de Medelci ressemble bien à un hommage discret à Talleyrand qui a de tout temps pensé que «le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c'est d'en faire partie».
M. B.

Lombardia
28/01/2013, 02h38
A prendre au second degré, hein !

Depuis que TSA nous a appris que Medelci, le Sinistre des affaires étranges a déclaré à AP, une agence de presse US, que les forces de sécurité algériennes ont commis des erreurs dans la prise d’otages du site d’In Amenas, Tartag est en train de le chercher partout. Il a juré qu'il allait le démonter en pièces détachées, avant de le périmer, comme il sait si bien le faire. Ittartgou ! Tout un chacun connait son expérience dans ce domaine.

Medelci ne sait plus où se terrer, et il a déjà laissé son testament, sur son mur Facebook. Un dernier message, laconique et profond, mais qui en dit long. Juste quatre petits mots, trois points de suspension, et un long soupir tlemcenien: "TSA m'a tuer..."

D.B.

Iska
28/01/2013, 10h14
ça vaut ce que ça vaut, mais vaut mieux écouter deux sons de cloches ( que sont Medelci et Benchicou)




Ses déclarations ont provoqué une controverse

Qu’a donc dit Medelci à l’agence AP ?

Par : Azzeddine Bensouiah


Le chef de la diplomatie algérienne se serait bien passé d’une sortie pour le moins hasardeuse.

Dépêché au Forum de Davos, pour représenter le pays, notre chef de la diplomatie aurait confié à AP que “nous sommes dans un processus afin d’établir nos erreurs. Dans cette évaluation, nous penchons plus pour conclure que cette opération a été un succès”. Mieux encore, il aurait déclaré que l’Algérie “ne peut plus continuer à faire face au terrorisme international seule. Nous avons absolument besoin de soutien”. Cette sortie du chef de la diplomatie algérienne a grandement étonné à Alger. Et, comme de coutume, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, sollicite la très officielle APS pour affirmer qu'en reprenant le ministre, Associated Press “a profondément dénaturé ses propos”. Amar Belani confond peut-être entre une agence sérieuse qui n’envoie pas à Davos, un stagiaire ou un pigiste, et les agences avec qui il avait l’habitude de traiter.
Cela étant, dans la mise au point, le ministère des Affaires étrangères affirme que l'attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine nécessite “probablement” une réévaluation des conditions de sécurité pour les renforcer. 
“Je ne suis pas sûr qu’aujourd'hui, nous soyons en train d'évaluer nos erreurs. Nous sommes plutôt en train de constater que l'opération a réussi !” aurait, ainsi,  affirmé, samedi, le ministre dans une interview accordée au journaliste de l'agence Associated Press (AP) à Davos, en marge du Forum économique mondial. 
“Ceci étant, l'attaque d'In Amenas nécessite probablement que l'on réévalue, à la fois en tant qu'Algérie, pays d'accueil de ces investissements, et en même temps, en tant qu'entreprises qui interviennent sur le territoire algérien, les conditions de sécurité pour les renforcer. L'expérience d'In Amenas apportera probablement quelques ajustements à ce propos”, a-t-il dit en réponse à une question sur d'éventuelles erreurs qui auraient été commises lors de l'opération d'In Amenas.
Quand bien même les déclarations de
M. Medelci auraient été mal interprétées ou “dénaturées”, comme le laisse entendre le porte-parole du MAE, cet énième incident porte un autre coup à notre diplomatie, ô combien malmenée ces derniers temps, et renseigne sur les dégâts que peut engendrer le manque de communication institutionnelle.

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