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Voir la version complète : 4e Salon international du médicament générique : Tordre le cou aux vieux clichés


nacer-eddine06
17/03/2013, 11h19
Le 4e Salon international du médicament générique a été inauguré, hier, à la Safex d’Alger, en présence du secrétaire général du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, Abdellah Kheladi Bouchenak, et l’ambassadeur d’Angola, Antoine José de la Cavano. Depuis le succès des éditions précédentes, c’est devenu un rendez-vous incontournable pour tous les professionnels du secteur. Le générique, mis à l’honneur, est encouragé par l’Etat à travers diverses formules, afin de réduire sensiblement la facture d’importation du médicament et d’encourager coûte que coûte la production locale. Focus.

De fait, des exposants venus des 4 coins du monde, des fournisseurs de matières premières, des laboratoires pharmaceutiques et des importateurs de médicaments génériques y sont représentés en grand nombre. Idem pour les fabricants et distributeurs de machines destinées à l’industrie pharmaceutique.
En tout, près de 80 exposants nationaux et internationaux ont répondu à l’invitation de l’organisateur, Agency Event en l’occurrence. L’édition de cette année, sous le thème évocateur de « Le générique, d’un défi à l’autre », offre un espace de rencontres professionnelles optimums permettant d’être en contact direct avec les producteurs de médicaments génériques, les distributeurs, mais aussi des institutions publiques telles que la CNAS et le laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques.

Devant le stand de Saidal, on remarque une foule impressionnante de pharmaciens et de professionnels activant dans différents segments du médicament. Avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 13 milliards de dinars en 2011 et une part de marché avoisinant les 25 % en volume et 7 % en valeurs, l’empire Saidal compte tripler ce chiffre d’affaires et doubler sa capacité de production à travers un ambitieux programme d’investissement qui s’élève à 16,7 milliards de dinars. Ce groupe espère, ainsi, atteindre une bonne couverture de la demande locale. Voilà pourquoi, il a décidé de réaliser quatre usines de production de médicaments génériques, tout en augmentant la capacité de production de l’usine d’insuline de Constantine.

Au terme de son plan quinquennal, le groupe espère atteindre, à l’horizon 2014, 25 % en valeur du marché national, à même de contribuer dans une large part à couvrir progressivement 70 % de la demande locale en médicaments. Lors de l’ouverture de cette rencontre, le secrétaire général du ministère de la Santé a mis l’accent sur « le maillage qui se met en place afin que des unités de production soient créées partout dans le pays, et éviter ainsi le rush vers le nord du pays ». « Nous avons des radiothérapeutes au Sud et le meilleur exemple est celui de Ouargla au point où il y a même des gens du Nord qui vont se soigner au Sud », a-t-il encore expliqué. « Dans les prochaines années, l’Algérie n’aura plus de problème quant à la prise en charge de toutes les formes de cancer, y compris au niveau du traitement et des médicaments. Nous avons en moyenne 4 300 à 4 500 nouveaux cancéreux et on doit s’en occuper. Tout est mis en œuvre avec le ministre actuel, Abdelaziz Ziari. Il y a même un plan national de lutte contre cette maladie qui a été mis en place », ajoute encore ce responsable qui se montre optimiste, en comparant l’Algérie avec les pays voisins.

Incitation à la production

Pour revenir aux médicaments génériques, destinés à réduire de manière sensible la facture d’importation, l’Algérie a mis en branle une « stratégie très offensive ».
Si l’Algérie se procure d’ores et déjà des molécules fabriquées à l’étranger, l’objectif est de pousser les producteurs locaux, et même les importateurs, à se lancer dans le domaine de la production, grâce à diverses formules incitatives. C’est ainsi qu’un « couloir vert » a été aménagé spécialement pour les producteurs qui importent leurs matières premières. A terme, les acteurs qui se sont spécialisés dans le conditionnement devraient disparaître, prédit encore ce responsable. Concernant le fait que certains médecins prescrivent des médicaments princeps au lieu du générique, en dépit des orientations de l’Etat, sous prétexte que celui-ci serait plus efficace, il semble qu’il s’agisse là de simples manipulations à caractère commercial.

Sabrina B., pharmacienne, nous déclare ainsi que « la différence entre ces deux formes de médicaments réside uniquement dans leur prix, puisqu’ils renferment tous deux les mêmes principes actifs ». Faidi Yacine, délégué médical pour le médicament cardiaque Valsatral, générique du Tateg, explique que son produit commence à faire du chemin depuis que les patients et les médecins ont commencé à se faire à cette idée. Concernant la production exclusive des formules sèches, ou comprimés, le représentant de Valsatral déclare que « la formule liquide est un projet pour la plupart des laboratoires pharmaceutiques. Mais, il faut d’abord une extension d’usine et le matériel nécessaire pour produire les formules liquides et pâteuses, avant d’en arriver là. »

Les lourds investissements consentis par l’Etat dans la production locale ont enfin porté leurs fruits. Selon des statistiques rendues publiques par le Centre national des informations et des statistiques douanières (Cnis), les importations en produits pharmaceutiques ont atteint 126,7 millions de dollars (USD) en janvier 2013, contre 225,5 millions USD le même mois de l’année dernière. Soit une baisse de 43,8 %.

En terme de quantité, les importations algériennes en produits pharmaceutiques ont marqué un recul de 36,12 %, passant de 3,570 tonnes en janvier 2012 à 2,280 tonnes en janvier dernier, indique la même source. Dans le détail, on note que la facture des médicaments à usage humain a connu la baisse la plus importante de l’ordre de 45,31 %. Elle a atteint 118,42 millions USD en janvier dernier, contre 216,54 millions USD en janvier 2012. De même, les quantités importées de ces médicaments ont aussi fléchi de 39,42 %, pour atteindre 2,082 tonnes contre près de 3,443 tonnes durant la même date de référence.
REPORTERS.DZ

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