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Iska
22/03/2013, 09h49
Politique européenne de voisinage : Que reste-t-il de la souveraineté marocaine ?
Publié le 22.03.2013 à 10h00 |

Par Julie Chaudier Réagir

La Commission européenne a publié hier un rapport sur sa politique de voisinage avec le Maroc. Un tour d’horizon de toutes les grandes décisions politiques et économiques prises par le Maroc en 2012 revues et corrigées par l’Union européenne.

Il est édifiant de lire le rapport de l’Union européenne. Il n’est pas un aspect de la politique marocaine qui ne soit abordé et jugé dans le rapport annuel « Mise œuvre de la Politique Européenne de Voisinage au Maroc : Progrès réalisés en 2012 et actions à mettre en œuvre », publié hier, mercredi 20 mars, par la Commission européenne. Le statut avancé octroyé par l’UE au Maroc en 2008 visait à rapprocher le royaume de l’union, mais dans la volonté du roi d’un partenariat qui soit « plus que l'association et moins que l'adhésion ».

Ce partenariat privilégié, c’est le Maroc qui l’a voulu. Grâce à lui, il bénéficie chaque année de l’aide financière européenne qui se chiffre en centaines de millions d’euros ; elle était, en 2009, de 290 millions d’euros. Si le Maroc ne s’autorise guère à expliquer, dans des rapports publics, à l’Union européenne en quoi elle devrait s’améliorer, l’UE vient cette année encore d’exposer ses recommandations. Celles-ci ne se bornent pas à la dimension économique, par exemple, mais recensent méthodiquement toutes les politiques marocaines.

Maroc passé en revue

Constitution, santé, caisse de compensation … La Commission européenne émet des recommandations dans tous les domaines. A propos de la nouvelle constitution marocaine adoptée le 1er juillet 2011, elle invite le Maroc à « poursuivre et accélérer la mise en œuvre de la nouvelle Constitution, notamment par l’adoption des seize lois organiques prévues et la mise en place des structures chargées de son application. » Le Maroc doit aussi « poursuivre des réformes structurelles de l’économie ; garantir un meilleur respect de l’exercice des libertés d’association, de rassemblement, d’expression et de la presse ; poursuivre les réformes en vue d'assurer une bonne gouvernance dans la gestion de l’État … »

Ce rapport est révélateur de tout le discours tenue par l’Union européenne vis-à-vis du Maroc. « Ecoutez, il faudrait se débarrasser de l'idée que l'UE doit être le professeur en politique ou sur la question des droits de l'homme. Nous sommes dans une relation politique d'Etat à Etat. Nous ne sommes pas une ONG. […] Mais je ne suis pas là pour être l'instituteur qui donne des leçons. Je crois que nous sommes dans notre rôle. Imaginez ce que diraient les marocains – à juste titre - si nous intervenions à chaque fois qu'une action du gouvernement ne nous plaisait pas : ce serait du néo-colonialisme », avait expliqué Eneko Landaburu, ambassadeur et chef de la déléguation de l'Union européenne au Maroc, à nos confrères de Lakome.com. En fait, l’UE n’intervient pas à chaque fois que quelque chose ne lui plait pas, mais pousse le Maroc dans certaines politiques qu’il juge approprié, grâce au levier financier.

Accord de réadmission

Or les intérêts de l’Union européenne ne sont pas nécessairement ceux du Maroc, loin s’en faut. Ainsi le rapport reste-t-il très optimiste sur la question de l’acceptation par le Maroc de l’accord de réadmission. « Le dialogue sur la migration, la mobilité et la sécurité a progressé en 2012 et la négociation du Partenariat pour la mobilité est quasiment finalisée, l'objectif étant d'aboutir à sa signature au premier semestre 2013. Lors de la visite du Président Barroso et de la Commissaire Malmström au Maroc le 1er mars 2013, l'UE et le Maroc ont constaté leur accord politique sur le texte de la Déclaration politique », indique le rapport.

Les aides européennes ne permettent pas simplement d’encourager les politiques que l’UE veut voir mises en place au Maroc, elle servent aussi, à l’occasion de levier de chantage. « Nous demandons à nos partenaires, qui reçoivent tant de nous par ailleurs, de nous aider pour contrer cette immigration irrégulière que l'on ne peut plus accepter. Mais en contrepartie, on dit aux autorités marocaines (et c'est le troisième volet de l'accord politique que nous allons signer bientôt) que l'on facilitera le régime des visas pour les citoyens marocains », expliquait Eneko Landaburu.

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