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Voir la version complète : Pourquoi personne ne croit les menaces de guerre nord-coréennes...


Risk
30/03/2013, 16h39
Pierre Haski| Cofondateur




Chaque jour, l’apprenti dictateur Kim Jong-un fait monter d’un cran la pression : dernière escalade samedi, avec la déclaration de l’« état de guerre » entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Et pourtant personne n’y croit.
La mise en scène est trop belle. Kim Jong-un, agé d’à peine 30 ans et qui a succédé à son père Kim Jong-il à la tête de la Corée du Nord il y a moins de dix-huit mois, entouré de généraux bardés de médailles, signe des papiers sur un bureau tellement ciré que leur image se reflète parfaitement. Sur un tableau, derrière, les plans d’attaque des Etats-Unis.
On se croirait dans un remake du « Dictateur » de Charlie Chaplin, et on s’attend à voir le jeune Kim danser avec un globe terrestre...
Pas de frappes préventives

C’est tout le paradoxe de cette crise coréenne en devenir. Personne ne la prend réellement au sérieux, car si c’était le cas, les Etats-Unis auraient déjà procédé à des frappes préventives contre un pays nucléarisé, qui annonce publiquement qu’il va lancer des missiles balistiques sur les villes américaines.
A ce stade, les Etats-Unis se sont contentés d’envoyer des bombardiers B-2 en Corée du Sud, et de renforcer leur « bouclier » antimissiles sur la côte ouest des Etats-Unis. A cas où...
Personne n’y croit, et pourtant, il demeure un léger doute, dès lors qu’on a affaire à un régime irrationnel, aux allures de « Dr. Folamour à Pyongyang », pour citer une autre référence cinématographique. Et si Kim Jong-un passait à l’acte ?
La raison impose de penser qu’il ne le fera pas. D’abord parce qu’on n’a jamais vu de guerre nucléaire annoncée à l’avance. Lorsque l’URSS et les Etats-Unis vivaient dans la crainte d’un tel conflit, pendant la guerre froide, l’effet de surprise était au contraire considéré comme la clé, afin d’annihiler autant que possible la capacité de riposte de l’adversaire.
Pas de capacité de frapper les Etats-Unis

Et dans le cas de la Corée du Nord, il y a d’abord le fait que les experts pensent que celle-ci n’a pas réellement la capacité de miniaturiser ses armes nucléaires pour les installer sur des missiles balistiques, et qu’elle n’a pas non plus la capacité de toucher les grands centres urbains américains.
Ensuite, vu le rapport de force entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, quelle serait la logique d’annoncer à un pays cent fois plus puissant qu’on va l’attaquer, avec la certitude, si Pyongyang passait à l’acte, d’être frappée en retour d’une attaque qui la réduirait à néant ?
On est là dans un scénario de politique fiction hautement improbable, et il faut donc chercher l’explication ailleurs que dans le déclenchement d’une guerre improbable sur la péninsule la plus militarisée au monde avec :


une Corée du Nord exsangue et archaïque mais dotée d’une capacité nucléaire testée ;
une Corée du Sud placée sous le parapluie protecteur américain, qui dispose de troupes et d’armes nucléaires tactiques sur son territoire, et de forces considérables dans la région, au Japon et en mer.

Renforcer le pouvoir de Kim Jong-un

Les « Korea-Watchers », ce petit groupe d’observateurs de l’opacité nord-coréenne, privilégient plutôt la piste d’une montée des tensions destinée à affermir le pouvoir de Kim Jong-un.
Le jeune Kim, troisième du nom après son grand-père, Kim Il-sung, fondateur de la dynastie, et son père Kim Jong-il, aurait besoin de s’imposer sur son armée et sur son peuple. Et rien de tel qu’une menace impérialiste pour souder la nation assiégée derrière son chef.
Toute la propagande nord-coréenne depuis un an tourne autour de la construction du mythe de Kim Jong-un en stratège de guerre, commandant en chef aguerri malgré son jeune âge et son manque d’expérience, du seul fait du sang « royal » qui coule dans ses veines.
Kim Jong-un accueilli comme une rockstar par ses troupes en délire

Depuis une décennie, la Corée du Nord utilise le chantage nucléaire pour négocier sa survie économique. En est-il de même cette fois ?
Le contexte régional a toutefois changé, et pas à l’avantage de Pyongyang :


la Chine, parrain de la Corée du Nord, qui lui doit son approvisionnement pétrolier et sa nourriture, a voté avec les Occidentaux au Conseil de sécurité pour condamner le dernier essai nucléaire nord-coréen, un tournant dans l’attitude de Pékin que l’on dit agacé par le jeune Kim ;
le Japon s’est choisi un Premier ministre peu disposé à céder au chantage permanent de la Corée du Nord, et qui a été élu pour réaffirmer la puissance japonaise face à ses ennemis réels – Pyongyang – ou potentiels – Pékin – dans la région ;
la Corée du Sud a élu à sa tête une femme conservatrice, Park Geun-Hye, fille de l’ancien dictateur sud-coréen Park Chung-hee, plusieurs fois victimes de tentatives d’assassinat inspirées par Pyongyang, dont l’un tua sa propre mère.

Frontière ouverte

Enfin, les experts font observer deux éléments qui affaiblissent les menaces nord-coréennes :


en annonçant l’« état de guerre » entre les deux Corée, Pyongyang ne fait qu’affirmer un état de fait, puisque la fin de la Guerre de Corée, en 1953, n’a jamais été suivie d’un traité de paix. Techniquement, les deux pays sont en « état de guerre » depuis soixante ans... ;
à la frontière entre les deux Corée, les travailleurs sud-coréens qui sont employés dans les zones économiques spéciales en Corée du Nord continuent de s’y rendre comme si de rien n’était. Or ce flux humain serait sans doute interrompu si la guerre était imminente.

A suivre donc, en se disant que la première guerre nucléaire de l’histoire (sans compter Hiroshima et Nagasaki) n’aura sans doute pas lieu, pas encore...





Rue89.

Iberius
30/03/2013, 21h53
D’abord parce qu’on n’a jamais vu de guerre nucléaire annoncée à l’avance. Lorsque l’URSS et les Etats-Unis vivaient dans la crainte d’un tel conflit, pendant la guerre froide, l’effet de surprise était au contraire considéré comme la clé, afin d’annihiler autant que possible la capacité de riposte de l’adversaire.


C'est ce que je disais à nos chers lecteurs ici même :
http://www.algerie-dz.com/forums/showpost.php?p=4409580&postcount=7

Techniquement la Corée du Nord est en guerre à l'instant même avec sa soeur du sud... mais où sont les raids aériens ? Où sont les duels d'artillerie ? Où sont les divisions blindés qui fonceraient vers les forces ennemis ? Où sont les navires de guerre qui fonderaient sur les forces ennemis ? A-t-on jamais vu une guerre avec toutes les troupes l'arme au pieds ? C'est du Bluff bien entendu ! L'hiver a été froid et le peuple a faim, un petit chantage nucléaire pour que l'ONU envoi des centaines de milliers de tonnes de riz au pays, du pétrole gratis, un peu de devises en débloquant un peu l'embargo... Mais le pays est un peu imprévisible, c'est cela qui fait peur au reste de la planète. J'espère seulement que les USA ne refassent pas leur connerie en envoyant à nouveau des B-2 voler dans les parages, là le régime pourrait monter encore dans l'escalade, il a horreur qu'on le prenne pas au sérieux, ça le met en rogne, là la guerre devient très possible !

Risk
31/03/2013, 08h59
tout à fait Iberius, il ne s'agit qu'un de coup de bluff de la part de cet imbécile.

bel-court
31/03/2013, 09h29
J'espère seulement que les USA ne refassent pas leur connerie en envoyant à nouveau des B-2 voler dans les parages,

Kima qal djeha, si vous me la rendez pas je vais acheter une autre.. même chose avec la Corée du N, si vous le refaites je vais passer à un autre coup de bluff. Là on a même pas droit à un deuxième jour de show?

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