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ott
21/05/2013, 10h49
Contribution : Dérive ou haute trahison

TSA - Général Mohand Tahar YALA



« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi » (Franklin D. Roosevelt, 32e président des États-Unis).



Le modèle macroéconomique de notre pays repose entièrement sur la fiscalité pétrolière, qui génère 60 à 80% du budget de l’Etat. Compte tenu des différents scandales qui ont occupé l’actualité et défrayé la chronique ces derniers mois, le Mouvement de citoyenneté a décidé de se focaliser sur l’analyse du secteur énergétique et la politique économique qui le porte. Sachant l’importance des hydrocarbures pour l’Algérie, qui représentent 97 à 98% des recettes à l’exportation et conditionnent donc totalement son développement immédiat.

Cette analyse nous a conduits à des conclusions effarantes, qui vont bien au-delà de ce que nous annoncions déjà dans notre Appel du 17 octobre 2012. « L’économie va mal, tant elle est basée sur la rente. Les exportations d’hydrocarbures couvrent 98% des entrées en devises ; malgré les efforts déclarés de sortir de la spirale de dépendance. Les activités stratégiques, souvent mises sur pied au prix de grands sacrifices dans les premières années d’indépendance, ont purement et simplement été bradées. Le recours à l’importation anarchique est devenu la règle. L’Algérie importe même des ouvriers, alors que, comme chacun le sait, une grande partie de sa jeunesse est au chômage, sans ressources, frustrée, désespérée. »

A) ETAT ET PERSPECTIVES

Tous les pays pétroliers n’échappent pas à la baisse inéluctable de la production qui survient après le « pic pétrolier ». Tout comme les États-Unis en 1971, l’Indonésie et la Malaisie plus récemment, l'Algérie est passée par son pic pétrolier en 2006 et s'est engagée dans un processus de décroissance continue et inéluctable de la production en pétrole conventionnel (déplétion). Cependant, contrairement à l’Algérie, les autres pays disposent d'une économie diversifiée, et d’un modèle macroéconomique qui se projette sur le long terme, avec la mise en place d’instruments de veille et de planification des ressources alternatives.

Compte tenu des réserves dont elle disposait en 2006, soit 12,2 milliards de barils, l'Algérie avait une espérance d’environ 20 années de production de pétrole brut, sur la base de la production annuelle actuelle. Mais bien moins de 20 années, dans une hypothèse de production « artificiellement » boostée, comme en 2001-2004. D’autre part, la consommation intérieure de pétrole, sous ses formes raffinées, a énormément augmenté. Le taux de croissance annuel de la consommation de 2000 à 2011 est supérieur à 7%, ce qui entraînera un doublement de la consommation en 10 ans. Tout récemment, le directeur d’Alnaft a cité un taux de croissance de la consommation de 15% à 20%, soulignant ainsi son caractère exponentiel.

En termes de tendance, par conséquent, les exportations de pétrole brut et de condensats baisseront selon un taux annuel moyen de l'ordre de 15%, du fait de la croissance de la consommation domestique et de la déplétion des gisements. Ainsi, la conjonction de la décroissance de la production, sous l’effet de la déplétion et du renouvellement insuffisant des réserves, et d’autre part, de la croissance exponentielle de la consommation domestique de produits raffinés, conduira inévitablement à la diminution progressive des exportations pétrolières, puis à leur cessation et, partant, au tarissement des sources de financement du budget de l’Etat et de soutien de la parité du dinar. Ce scénario catastrophe, plus que vraisemblable, serait marqué par :
- un déficit énergétique avant 2020.
- un déficit fiscal et un déficit de la balance des paiements avant 2016.

Ce dernier déficit, qui aura pour conséquence directe la descente programmée aux enfers de ce modèle économico-financier, réclame l’attention des citoyens concernés par leur nation, leur État, leur sécurité nationale (budget défense), leur emploi, leur salaire, leur retraite, l'éducation de leurs enfants et petits-enfants (budget éducation), leur santé et celle de leur famille (budget santé), leur budget familial (prix et spirale inflationniste) et, enfin, la disponibilité des biens et services dans un pays où presque tout est importé en l'absence de production nationale substantielle et/ou compétitive.

Cependant, même s'il paraît grave, ceci pourrait être encore aggravé en cas de chute durable des prix du pétrole, tel que mentionné dans les prévisions des organismes spécialisés, et qui se fondent sur la volatilité des prix.

Cette chute est possible en cas de découverte technologique qui viendrait réduire les coûts des hydrocarbures marginaux, lesquels coûts évoluent actuellement entre 50 et 80 USD le baril. Mais ce scénario d'effondrement des prix serait pire que la catastrophe économique de l’ajustement structurel de 1994, car, contrairement à 1994, l’Algérie de 2013 devra faire face au tarissement des ressources. De manière concrète et simplifiée, cela signifie qu’en l’absence de production pétrolière pourvoyeuse de fiscalité, l’Algérie connaîtra progressivement à partir de 2014 et sans l’ombre d’un doute une limitation drastique du financement des budgets de développement et de fonctionnement. Cela aura pour conséquence la grave situation suivante :
- fonctionnaires sans salaires,
- licenciements massifs,
- subventions supprimées (pain, sucre, huile, etc.),
- prix des carburants multipliés par 10
- eau, électricité non accessibles (retour à la bougie et au charbon de bois ?),
- limitation drastique des importations avec les innombrables conséquences sur les coûts des biens, des services, et le fonctionnement des PME,
- compression, voire suppression des budgets Santé, Éducation, Assistance sociale, Moudjahidine, Retraites, etc.

La pauvreté va se généraliser, la misère populaire atteindra un seuil intolérable qui menacera l’unité du pays, sa sécurité et même son existence.

Seul un véritable « plan de guerre » permettrait d’éviter ce scénario catastrophe, à condition, cependant, de « renverser totalement la vapeur », et d’agir dès aujourd’hui.
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ott
21/05/2013, 10h50
B) LES CAUSES

L'Algérie sera confrontée à ce cauchemar pour plusieurs raisons ou causes concomitantes, dont :

a) Des erreurs stratégiques graves qui ont été à la base de la politique pétrolière algérienne de 1999 à 2013.
b) L'absence totale de contrôle de la politique et de la gestion du secteur de l'énergie. Gel des activités du Haut Conseil à l’énergie.
c) La politique de « désertification humaine ». Pourtant, la complexité technique et économique de la gestion des gisements pétroliers requiert des cadres très compétents, patriotes et motivés.
d) L’absence de vision stratégique à long terme visant l’émergence du pays et plaçant le citoyen algérien au centre des préoccupations.

Mais l’analyse de ce cauchemar macroéconomique a aussi permis d'identifier un nombre étonnant de « dossiers sensibles », caractérisés par des déviations hors normes par rapport aux usages dans le monde (coûts multipliés par 150% à 200%, voire 300%), et de projets stratégiques voués à l’absence totale et irréversible de rentabilité et de compétitivité, GNL en particulier.

Quelques cas de dossiers sensibles :

Après 2005, année d’augmentation des prix et de la manne pétrolière, pratiquement tous les grands projets d’investissement constituaient une cible et une proie certaines pour les commissions et les surfacturations. La démonstration de cette gabegie repose sur l’évidence des surfacturations qui peuvent être aisément calculées par un expert qui dispose d’une base de données. Or, ces surfacturations ne peuvent être commises que s’il y a connivence du côté algérien, connivence mue et « récompensée » par le système de commissions. Ce système généralisé repose sur une mécanique simple :
- Gré à gré ou faux appels d’offres. Entente et oligopole entre quelques entreprises, système de sous-traitance.
- Doublement, voire triplement du montant de l’investissement.
- Monopole de l’accès aux matières subventionnées (gaz naturel algérien).
- Financement en devises entièrement supporté par l’Algérie pour des projets supposés en partenariat.

Les cas étant innombrables, nous ne concentrerons notre attention que sur quelques-uns.

- Projets de Liquéfactions GNL. Investissement de 3 à 4 milliards USD, au lieu de 1,5 USD : Il s’agit des projets de GNL d'Arzew (avec Saipem) et de Skikda (avec Kellog Brown & Root - Halliburton). La presse a suffisamment évoqué les travers du contrat GNL d’Arzew (Affaire Saipem). Dans le cas du contrat GNL de Skikda, nous relevons les déviations suivantes :
• Contrat attribué en gré à gré à KellogBrown & Root (Halliburton)
• Montant initial du projet 2,5 milliards, réévalué à plus de 3 milliards USD.

A titre de comparaison, le montant du projet similaire en Guinée équatoriale est de 1,5 milliard USD.
Même l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’était inquiétée de cette dérive. Enfin, avec un tel coût (amortissement), le gaz naturel liquéfié de Skikda et d’Arzew ne sera pas compétitif par rapport à celui du Qatar, de l’Égypte et de Trinidad. Et donc vendu à perte.

- Projets d’engrais en partenariat à environ 2,5 milliards USD, au lieu de 700 à 800 millions USD.
Il s’agit de 2 contrats de construction et d’exploitation d’usines d’engrais « ammoniac-urée », l’un en partenariat avec Orascom, et l’autre avec Suhail Bahwan Group Holding LLC (SBGH Oman). Les 2 projets passés en gré à gré sont similaires quant aux surfacturations.

Quelques données concernant le projet d’engrais Orascom :

- Orascom n’avait en 2006 aucune expérience ni référence pour construire une usine d’engrais « ammoniac/urée »
- Le coût prévisionnel a été fixé « arbitrairement » à 1.9 milliard USD, alors que les services de Sonatrach avaient, suite à un appel d’offres précédent, reçu d’une société allemande une offre complète pour une usine clés en main pour un prix avoisinant les 700 millions USD.
- Le coût prévisionnel de 1,9 milliard USD a connu des réévaluations.
- Orascom utilise, contractuellement, du gaz algérien au prix subventionné. Les besoins ont été majorés à tel point qu’uniquement par ce subterfuge, Orascom pourrait gagner plus de 200 millions USD par an.
- Les effectifs annoncés sont de 450 employés (en quasi-totalité des étrangers), alors qu’au Moyen-Orient, les usines similaires ne prévoient que quelque 50 emplois.
- Grâce à l’Algérie, Orascom a créé une filiale « engrais », qui a investi dans d’autres pays, et qui vise à devenir le numéro 3 mondial.

L’Algérie, importateur permanent d’engrais, aurait pu être numéro 1 mondial d’engrais azotés, phosphatés et binaires si les décideurs étaient soucieux de l’intérêt du pays et des Algériens.
Il y a lieu de noter que, selon certaines sources, Orascom, partie de presque rien en 2000, est présente aujourd’hui en Algérie à travers ses différentes filiales dans des domaines aussi variés que les télécoms, la production de ciment, le dessalement de l’eau de mer, et ses projets d’investissement s’élèvent à quelque 10 milliards USD. Grâce au cadeau algérien, Orascom a pu acquérir 11% du capital de Lafarge, devenu numéro 1 mondial de ciment, devançant le suisse Holcim et le mexicain Cemex.

Citadel Capital, une autre société égyptienne, a suivi le même chemin qu’Orascom en exploitant à Djelfa des carrières appartenant à une entreprise publique, avec un financement algérien très favorable et un coût de l’énergie 10 fois inférieur aux normes internationales.

Les projets de centrales électriques ont connu des surfacturations similaires. A titre d’exemple, celle de Hadjret Ennous, dans la wilaya de Tipasa, d’une capacité de 1.200 MW, a coûté 2,7 milliards USD, au lieu de 720 millions USD, selon les standards universels, qui donnent un coût spécifique de 600 dollars le KW installé. Les partenaires qui ont réalisé l’usine sont la « réputée » société Lavalin et la société Mubadala créée en 2002, véritable « cheval de Troie » dans le dispositif, nouveau venu dans le domaine industriel et essentiellement connue comme actionnaire de la marque automobile Ferrari et d’une société italienne de prêt-à-porter.

La centrale hybride de Hassi R'mel a, quant à elle, fait l’objet d’un faux appel d’offres entre deux soumissionnaires effectifs, à savoir une société espagnole et sa filiale, les deux logées à la même adresse à Hydra. Évidemment, elle a connu elle aussi un surcoût faramineux pour un projet non rentable et non compétitif, dont les subventions pendant la durée de vie (25 ans) seront difficiles à supporter pour l’Algérie. L’éventuel apport technologique ne bénéficiant pour l’instant qu’au partenaire.

Les projets d’unités de dessalement de l’eau de mer ont également connu d’énormes surfacturations. Pour le constater, aucune étude n’est requise. Il suffit de se demander comment, parmi les 13 usines de dessalement, plusieurs usines similaires et de même capacité ont des coûts différents et, bien entendu largement supérieurs à ceux des autres usines dans le monde (y compris celles installées aux pays du Golfe). Par ailleurs, bien que la technologie soit banale, le procédé retenu est toujours le plus coûteux et le plus difficile à entretenir parce que devant faire appel à des approvisionnements logistiques et techniques de l’étranger.

Les surfacturations de l’autoroute Est-Ouest ont fait dire à certains experts que c’est le scandale du siècle, en termes de surcoûts (300 à 400%), en plus de la qualité médiocre de sa réalisation. Dossier largement médiatisé.

Quasiment tous les autres projets budgétivores connaissent les mêmes surcoûts en application du même système mettant en œuvre des sociétés étrangères : les pipelines, les centres de production des hydrocarbures, les infrastructures importantes, etc.
Notre analyse fait ressortir deux autres dysfonctionnements :

- L’Exportation du brut algérien de qualité supérieure (densité plus favorable, concentration en soufre minime),en dessous du prix du brent pendant la période 2002 -2004 visant ainsi à dégager des primes octroyées en tirant profit de la volatilité des prix
- Des investissements à l’étranger avec une comptabilité opaque ; parmi ceux-là l’investissement pour l’exploration off-shore du gaz en Égypte. Compte tenu du marché actuel et à court terme, le prix du gaz à la vente sera inférieur au prix de revient à la production. Mais personne ne perdra un dollar, sauf l’Algérie.

La principale cause est donc la prédation, installée au cœur de tous les secteurs. Des informations qui nous sont parvenues concernant le projet de construction de la Grande mosquée évoquent également des surfacturations et des manœuvres pour éviter l’acquisition des matériaux locaux, même de qualité supérieure et à des prix inférieurs. Ceci pour faire appel au marché extérieur plus facile à surfacturer.

Il y a là une volonté insidieuse de tuer la PME algérienne génératrice d’emplois et de richesses. Plusieurs méthodes ont été utilisées, dont des facilitations à des sociétés étrangères. Récemment, des dépenses faramineuses ont été faites pour ressusciter les entreprises publiques, mortes depuis plusieurs années, pour justifier la priorisation de l’accès aux matières premières quand celles-ci sont rares ou susceptibles de le devenir. Ces investissements ne seront jamais amortis.

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ott
21/05/2013, 10h51
C) LES RESPONSABILITES

Personne ne peut croire aujourd’hui que le Président est innocent dans la rapine qui s’est installée et généralisée dans ce pays. Son rôle est déterminant dans ce processus. Il ne faut surtout pas s’étonner parce que rien ne peut effacer le verdict de la Cour des comptes rendu le 8 août 1983 sur les détournements effectués par lui, lorsqu’il était ministre, à l’époque où les lois étaient pourtant très sévères et traitaient les détournements de crimes économiques.

Il est impensable d’imaginer, avec quelque artifice que ce soit, que le Président puisse être exempté de tout reproche. Sa responsabilité est clairement et totalement engagée. Il s’est entouré d’individus qui, en son nom, et avec son accord, corrompent, volent, pillent et trahissent. Il ne peut d’aucune manière feindre d’ignorer ces crimes contre notre peuple. Il les a maintenus et protégés. C’est lui, qui, en toute connaissance d’effets et de conséquences, a supprimé le Haut Conseil de la monnaie et du crédit et le Conseil supérieur de l’énergie. C’est une manœuvre concertée et voulue, qui a pour but la neutralisation de tous les organes de contrôle, pour que les crimes cessent d’être apparents, et donner liberté et aise aux criminels et complices.

Dès lors que l’avenir des enfants de l’Algérie est hypothéqué, nous ne sommes plus exclusivement devant des faits qui relèvent du vol, de la corruption, de la prédation et du blanchiment de sommes colossales en devises, mais bel et bien face à une situation claire et sans équivoque qui relève de la haute trahison.

La déroutante loi sur les hydrocarbures de 2005, qui a été conduite à terme par le premier magistrat du pays, nous emmène sur d’autres conclusions. Au profit de quels intérêts agissait-il ? En effet, c’est le cas le plus grave, parce que fondé sur le système de concession, au lieu du système de partage de production, en plus du manque à gagner évalué à plusieurs milliards de dollars. Loi qui porte atteinte à la souveraineté de l’Algérie sur une partie de son territoire et de son sous-sol. Ce n’était pas seulement une action de prédation, mais un acte visant à mettre le pays à genoux et sous dépendance. N’était-ce pas cela justement « le programme du Président » dont on entendait parler, mais que l’on n’a jamais lu ? Fort heureusement, cette loi qui a provoqué de profonds remous a fini par être gelée, parce qu’immédiatement catastrophique.

Ni la cupidité ni la haine pour son peuple ne suffisent à expliquer ce comportement. A moins qu’il ne s’agisse d’un élément entrant dans le processus préparé par les ennemis de notre pays, réactualisé à plusieurs reprises au cours de notre courte histoire contemporaine et devant aboutir dans un avenir tout proche.

Je comprends alors mieux les prêches dans le désert de cet ancien colonel de l’ALN, candidat à l'élection présidentielle de 1999. Personne n’avait écouté ses mises en garde. Je me demande ce qui a paralysé les « personnalités patriotiques » de ce pays. Pourquoi se sont-elles tues au moment où l’Algérie était mise à mort ?

Il y a de quoi être révolté parce que jamais l’Algérie n’a eu une si grande opportunité d’émerger, comme depuis 2004 avec la manne financière que nous ont même envié les pays développés. Au lieu de cela, c’est la prédation et surtout la destruction du pays et du peuple volontairement programmée avec la neutralisation préliminaire de toute force patriotique donc… discordante. Je ne connais pas de cas semblables dans le monde où la haute trahison a été ainsi portée au pouvoir.

D) SAUVER L’ALGERIE

Il faut d’abord exclure l’idée d’un quatrième mandat pour l’actuel Président, lequel donnerait le coup de grâce à notre pays. Il est également urgent d’interrompre le cours de l’actuel mandat. Chaque jour compte. Chaque jour nous rapproche du terme fatal et du chaos. Pour sauver notre Algérie, il faut aussi et sans délais mettre en place un véritable « Plan de guerre ».

Or, l’Algérie dispose d’une ressource humaine qualifiée capable de relever tous les défis, et à chaque problème technique existe une solution technique. Nous en avons la certitude, suite à la large mobilisation des Algériens qui ont adhéré au Manifeste du 19 mars 2012 et à notre appel du 17 octobre 2012, parmi eux les élites qui ont contribué à nous éclairer et paradoxalement, malgré la situation alarmante, à nous garder dans l’espérance.

Dans tous les cas, nous savons exactement ce qu’il faut faire dans l’immédiat et dans le court terme pour amortir le choc et éviter le chaos. Nous savons aussi exactement ce qu’il faut faire dans le moyen et long terme pour donner à l’Algérie le statut de pays émergent. Le peuple, première victime, sera le seul à payer les errances des responsables. Il faut qu’il soit davantage mobilisé pour relever les défis. Cette mobilisation ne sera obtenue que par une rupture radicale avec le système et la mise en place d’un État de citoyenneté, seul capable de redonner la confiance.

« Je ne veux que la réforme, autant que je le puisse, et réussir ne tient pour moi qu'à Dieu, et je m'en remets à Lui, et vers Lui je retourne. » (Coran, chapitre 11, verset 88)

ott
21/05/2013, 10h52
Ne serait il pas le général à la retraite que certains nous avaient promis comme El Mahdi... :rolleyes:

Massnsen
21/05/2013, 11h12
Si Bouteflika et sa clique sont des traîtres, ce type là, de surcroît général est un lâche !

Memelius
21/05/2013, 11h14
J'ai vu le nom je me suis arrêté là c'est l'hôpital qui se fout de la charité

ott
21/05/2013, 11h20
On a probablement le Zeroual 2014 que certains annonçaient...

mister-T
21/05/2013, 11h25
que les choses soient claires , ce général n'est pas un opportuniste qui tire sur une ambulance , il tiens ce discours depuis plus de 5ans !! il mene un mouvement politique "mouvement citoyen ALGERIEN" !!

et ma foi , tout ce qu'il dit est vrai , il est impératif que les forces du pays se mobilisent

ramane
21/05/2013, 11h35
j'adore ces gens, ils attendent toujours d’être a la retraite pour tirer les bonnes conclusions.

mister-T
21/05/2013, 11h38
Le général à la retraite Mohand Tahar Yala : le changement ne peut être que radical



06/04/2012





Le général Mohand Tahar Yala, 65 ans, ancien patron des forces navales, compte lancer, avec d’autres cadres militaires et civils, un «mouvement national pour la citoyenneté». Une initiative qu’il prépare depuis trois ans afin de poser les jalons d’un «changement radical», selon ses déclarations.
http://www.*********.net/thumbnail.php?file=2012/03/g__n__ral_377052224.jpg&size=article_medium Le général Mohand Tahar Yala.
Pourquoi prendre la parole (*) presque sept ans après votre retraite des rangs de l’ANP ? Et quelle est la part de l’ancien général et celle du citoyen dans votre démarche rendue publique ?
Mon grade de général est l’aboutissement d’une carrière linéaire et de formations militaires qui m’ont permis d’acquérir le processus d’évaluation d’une situation donnée et de prise de décision dans un environnement aussi complexe et difficile que lors d’un conflit armé. Un général ne se contente pas de dresser un état des lieux, son esprit est formé pour chercher des solutions et pour agir en vue d’atteindre l’objectif final : le succès, la victoire. S’il réfléchit sans agir, c’est la défaite ! Mais le citoyen actif et patriote, pour sa part, existe avant le général et avant le militaire. Il est animé par l’amour de la patrie et est disposé à mettre toute son énergie pour contribuer à son apaisement, sa sécurité et son développement. Pourquoi ai-je attendu tout ce temps avant de parler ?
Après la retraite, il m’a fallu des années de lectures, d’études, de recherches historiques et de contacts pour évaluer l’état des lieux et mesurer l’écart entre la situation du pays et ce que l’Algérie aurait pu devenir compte tenu de son magnifique potentiel. Et surtout, pour appréhender la solution politique et étudier sa faisabilité et son opportunité. J’en suis arrivé à la conclusion, que la citoyenneté est la seule idéologie pouvant faire de l’Algérie un pays puissant et prospère. Au début de ma retraite, je ne pouvais pas prendre la parole, tenu par mon devoir de réserve et parce que je n’avais pas encore de solution à proposer. Il est vrai qu’au cours de ma carrière, j’ai eu la chance de participer à plusieurs travaux de réflexion, de 1986 à 1992, à l’Institut des études de stratégie globale, qui m’ont permis, au contact d’éminents universitaires, d’élargir mon champ de vision sur les défis de notre nation, mais c’est surtout après mon départ à la retraite que j’ai beaucoup appris.
Quel a été l’élément déclencheur de votre prise de parole ?
Plusieurs éléments, dès 2006, m’ont fait ressentir tout le mal que vivait mon pays : des jeunes candidats à l’émigration clandestine qui risquent leur vie dans des traversées périlleuses, au suicide d’une petite écolière parce que son père n’a pas les moyens de lui acheter les fournitures scolaires et préfère privilégier son jeune frère qui, lui, est un garçon ! A mes yeux, il ne s’agissait pas là de drames personnels ou familiaux, mais à chaque fois d’un drame national.
A partir de quel moment avez-vous senti que la situation du pays devenait périlleuse ?
Il faut se placer dans un contexte régional et international. D’abord, il y a eu le morcellement du Soudan "un pays trop grand pour les Soudanais", selon certains états-majors politiques. Nous avons des raisons de croire que certains de nos «partenaires» pensent également que "l’Algérie est trop grande pour les Algériens" ! Ensuite, les révolutions arabes n’ont touché, comme par hasard, que des Républiques (quid du Bahreïn et de l’Arabie Saoudite ?). J’ai alors fait le parallèle avec les révolutions dans les pays de l’ancien Pacte de Varsovie dans les années 1989-1990 et l’exemple de la Yougoslavie, un pays où on pensait avoir déjà fait sa propre révolution, et qui a fini morcelé après une terrible guerre civile. Tous ces éléments ont provoqué notre mobilisation intellectuelle dans le but de trouver et de proposer une solution pouvant éviter au pays un prix trop fort à payer.
Justement, pourriez-vous nous en apprendre plus sur le Collectif pour la réédification de la nation algérienne ? Ses objectifs à court et à moyen termes ?
Le collectif est constitué d’un groupe de patriotes, anciens cadres de la société civile et de l’armée, et d’universitaires attentifs aux évolutions du contexte international, aux menaces qui guettent notre pays aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Des menaces qui peuvent mettre en cause l’intégrité et l’unité de l’Algérie. C’est un ensemble d’Algériens qui savent qu’ils n’ont pas d’autre pays de rechange. Nous avons tissé des relations avec toutes les composantes du peuple et toutes les tendances dans le but de cerner le plus grand dénominateur commun applicable à un projet de société viable pouvant mettre le pays dans la voie de l’unité et du développement. C’est un collectif citoyen ouvert à tous, toutes générations confondues, en relation avec toutes les composantes de notre société. Notre objectif à court terme est, une fois le travail de base effectué, de lancer un mouvement national de citoyenneté. Nous visons la convergence de tous ces Algériens qui aspirent au meilleur sort pour leur pays. Nous ne nous engageons pas dans un agenda imposé, ni ne voulons entrer dans de faux débats ou de combats entropiques. Il y a suffisamment, malheureusement, de divisions créées entre Algériens.
Quel écho a eu votre appel pour une "démarche populaire pour un Etat de citoyenneté" au sein de vos anciens collègues du commandement militaire et au sein de la société civile ?
Tous les échos qui nous sont parvenus ont été extrêmement favorables, de la part de mes anciens collègues, mais aussi de jeunes cadres. Souvent, on nous interpelle avec la même question : votre proposition est ce à quoi nous rêvons, mais comment y aboutir ?
Votre collectif appelle à un "changement radical". Voulez-vous nous préciser cette idée ? Quelles en seraient les étapes ? S’agit-il de changer une personne ou tout un système ?
Il ne s’agit pas d’une seule personne. Mais de tout un système, bien sûr. Le changement ne peut être que radical parce que la situation actuelle est si lointaine des principes mêmes de la citoyenneté, qui reste un programme ambitieux pour le pays, échelonné sur des étapes. Un pays comme le Singapour - car il faut bien se nourrir des expériences des autres - était à genoux il y a cinquante ans, divisé avec des ethnies différentes et plusieurs religions. Mais il a su rebondir pour devenir un des pays les plus prospères du monde malgré l’absence de toute ressource naturelle, grâce à l’application du concept de citoyenneté comme contrat social. Alors pourquoi l’Algérie, avec son homogénéité ethnique et religieuse, avec ses formidables ressources humaines et naturelles, reste aussi dépendante de la désastreuse économie de la rente et aussi peu attrayante pour ses propres jeunes qui préfèrent partir ailleurs, parfois au péril de leur vie ? Pourtant avec sa position géographique centrale, ses ressources et son histoire, l’Algérie peut constituer une véritable locomotive de la région nord-africaine. C’est là notre ambition en tant qu’Algériens.
Vous axez votre initiative d’une "IIe République" sur le concept de "citoyenneté" : concrètement, comment voyez-vous se réaliser ce concept qui reste assez vague ?
Le concept de citoyenneté est une véritable révolution. C’est d’abord un lien juridique commun entre les citoyens, dans une parfaite égalité des droits et des devoirs, basé sur la sauvegarde de la cohésion sociale et nationale. Même notre histoire et notre culture nous aiguillent vers des modèles de citoyenneté adoptés par nos aïeux pour éviter les dissensions et pour promouvoir le vivre ensemble qui construit une société forte, un Etat fort par l’adhésion volontaire de ses citoyens. La citoyenneté se décline en deux principes : la civilité et le civisme. La civilité, c’est d’abord le respect de la dignité de tous les citoyens à tous les échelons. Du simple citoyen, au général et au juge. Tous doivent respecter la dignité du citoyen. Ensuite, il y a le respect de l’espace et du bien public (nous devons en finir avec la mentalité du baylek) et enfin et surtout, le respect du drapeau !
Quant au civisme, il s’agit du respect de la loi et des règles, une certaine idée de la solidarité déjà très ancrée dans notre société, et la liberté, la liberté des individus dans le respect de la liberté des autres citoyens. Nous souhaitons d’abord établir un pacte de la citoyenneté qui fixe les valeurs pérennes et les grands principes de l’identité algérienne. Un pacte enrichi grâce à l’apport de toutes les composantes de la nation algérienne et qu’il faudra faire voter par le peuple souverain pour le rendre immuable. Il faudra, en parallèle, peut-être envisager de dissoudre les partis actuels et réorganiser le paysage politique sur la base du dénominateur commun qui garantit l’intégrité de la nation et sa puissance. Il y aura d’autres mécanismes à mettre en place, qui seront précisés ultérieurement. Notre objectif est un Etat fort et des contre-pouvoirs aussi forts, un vrai système judiciaire qui ne méprise pas le citoyen et des médias réellement investis du quatrième pouvoir. Il faudra aller vers une Constituante, pour élaborer un texte rassembleur et ambitieux, fondateur de la deuxième République.

mister-T
21/05/2013, 11h38
Comment voudriez-vous "engager toutes les forces dans les meilleurs délais" pour ce projet de "réédification nationale" ? N’est-ce pas trop tard maintenant que la machine électorale (dont vous dénoncez le côté mercantiliste) a démarré ?
Le plus tôt, dans le processus de construction de la citoyenneté, serait le mieux ! Parce que nos ambitions sont très grandes pour notre pays. Mais il n’est jamais trop tard ! Nous nous mobilisons sans limite dans le temps. Il faut au plus vite nous inscrire, en tant que nation, dans une véritable dynamique de développement et d’apaisement, pour notre propre bien et pour celui de nos voisins. On ne veut pas, je le répète, subir un agenda imposé par les législatives, parce qu’on se retrouvera ainsi dans les mêmes éléments de langage répétés tous les cinq ans. On ne s’inscrit que dans l’agenda d’une Algérie puissante et qui donne toute la place à tous les Algériens.
Vous évoquez une "intelligence satanique" qui a encouragé "la médiocrité" dans plusieurs instances de l’Etat ? Peut-on identifier cette entité ?
Certains ont pensé à une personne bien identifiée. Mais le fait est que cette entité n’est pas conjoncturelle, elle émane de l’alliance que j’ai dénoncée : une alliance entre l’opportunisme et la médiocrité à tous les échelons.
L’Algérie semble, selon vous, à un carrefour décisif de son histoire : défis internes, mais surtout externes (Printemps arabe, vague islamiste, déstabilisation du Sahel et convoitises énergétiques, notamment). Quels seraient concrètement les risques qu’encourt le pays dans l’actuelle conjoncture régionale et mondiale ?
Autour de la région du Hoggar, riche en matières premières, nous avons l’impression que des forces veulent vider cette zone stratégique pour nous imposer des solutions à nos dépens ! L’Algérie ne peut rester muette avec ce qui se passe à nos frontières sud. Notre pays doit avoir une réaction vigoureuse. Déjà, lors de la crise libyenne, Alger aurait dû s’imposer dès les premières manifestations armées à Benghazi comme un acteur important, qui pouvait parler à toutes les parties grâce à son capital diplomatique et symbolique, s’imposer comme une puissance régionale et pas regarder passivement se dérouler les événements. Avoir une position d’un pays fort, qui peut servir d’intermédiaire régional ou, si les belligérants outrepassent leurs engagements, imposer sa force. C’est ce qu’on doit faire au Mali avec les derniers dangereux développements. Ou nous sommes offensifs ou nous sommes perdants !
*"Manifeste national pour la IIe République, une démarche populaire pour un Etat de citoyenneté", contribution publiée dans El Watan le 21 mars dernier.

ott
21/05/2013, 12h09
Le principe démocratique veut que les élections démocratiques ne soient pas un concours de patriotisme, les algériens sont usés et abusés par ces arguments, mais une course entre projets, programmes, moyens, et perspectives. Que les candidats exposent leurs projets, s'ils veulent être jugés par les algériens, à moins qu'on considère comme trop souvent dans ce pays, que le projet n'est qu'une brochure marketing qui cible certains algériens.... et que d toutes façon, le jugement sera biaisé, par une bonne campagne médiatique, jusqu'aux bulletins de vote...

mister-T
21/05/2013, 12h21
oui mais concrètement ça donne quoi ?

je préfère voir des patriotes aux commandes meme si manquent de compétences

que des responsables algéro-américains algéro-français . . . qui travaillent pour des intérêts étrangers et qui trahissent le pays

Louny
21/05/2013, 12h32
Souvent, les gens apportent simplement un constat et se croient économistes. Un général devenu économiste. Wallah, combien de pays au monde vont bien ?

C'est pareil en France. Chaque candidat dit "oh la la ça va pas, vote pour moi et ça va aller". Mais, ça ne va jamais. :mrgreen:

Après le pétrole come back to avant le pétrole. Avant le pétrole, il n'y avait rien, après il n'y aura rien, c'est tout.

wilams
21/05/2013, 12h38
voulez vous que je vous raconte comment il a gagné ses grades de général, je crains que je n'ai pas assez du temps, je dois bossé d'ici 1h!

zen.man
21/05/2013, 15h07
Si Bouteflika et sa clique sont des traîtres, ce type là, de surcroît général est un lâche !
Peut-on hisser Boumedienne en héros national puisque, lui, il a pris ses responsabilités et destitua Ben Bella ?

Les Algériens sont vraiment des grandes gueules. On tient peut-être ce virus des Français qui nous ont colonisé 132 ans.

ott
21/05/2013, 20h04
La vision qui voit dans tout événement une démarche planifiée, une stratégie réfléchie, et des effets prévisibles, est une vue d’esprit. D’abord parce qu’il justifie la théorie du complot qui veut que tout événement est soigneusement prévu, et puis parceque aussi pertinent, intelligent, informé, stratège que peut être n’importe quel dirigent du monde, personne n’est capable de se substituer à dieu, et encore moins des dirigeants algériens qu’on traite souvent d’incompétents, d’incultes, et d’impulsifs.
Le constat de la dépendance de l’économie algérienne au pétrole est connu et largement analysé, mais personne n’a été capable d’une stratégie intelligible pour réduire cette dépendance, et ce n’est certainement pas à travers des sociétés publiques moribondes, déphasées, budgétivores, possédant des déficits structurels que les différents plans de réajustement n’ont jamais osé remettre en cause, le climat social étant depuis les années 86 défavorable. Comment expliquer qu’une société publique bénéficiant de tous les avantages comme Mobilis, n’arrive pas à détrôner une société comme Djezzy de son piédestal.
C’est bien ça le mal de notre économie. C’est que notre tissu économique publique a été incapable de résister à la moindre concurrence, et ce n’est pas en faisant la peau à des Djezzy et dérivés, comme nous le suggère ce général que ces sociétés vont pouvoir s’armer pour affronter une concurrence irréfutable, à l’horizon 2030/2040, quand il n’y aura plus de pétrole pour sauvegarder notre village gaulois, le village berbère.
Le diagnostic sur le secteur énergétique national est du moins simpliste, pour ne pas dire alarmiste à bon escient, au vu de la suite. Non seulement, les réserves prouvées donnent une perspective meilleure, que le taux de récupération des gisements actuel (autour de 25%) subit une explosion du fait de la technologie, que le territoire algérien est un des moins prospecté au monde (densité de forage), et que la consommation algérienne subit une explosion tout à fait compréhensible, à l’aube d’une sortie d’une crise majeure que nous connaissons tous. Des efforts sur la rationalisation de l’utilisation de l’énergie, peuvent produire des progrès très substantiels, et le prix de l’énergie subventionné, ne peut à terme être soutenable pour le pays. Tous ces éléments variables donnent des projections faites du moins approximatives et simplificatrices.
Je ne m’attarderais pas sur les surfacturations cités, car les faits, s’ils sont vérifiés devraient avoir un traitement judiciaire, et des enquêtes sont d’ailleurs en cours les concernant. Cependant, je relève juste une exploitation tendancieuse des chiffres, qui voient un dérapage du projet Halliburton de 20% qui a dû être justifié, au risque de ne pas recevoir l’aval du ministère des finances, et un prix de la centrale de Tipaza de 800M$ et non de 2.7B$ comme annoncé par l’auteur.
Si des cadeaux injustifiés ont été fait à Orascom, sans intérêt pour le pays et pour le seul intérêt, du ministre de l’énergie, son entourage immédiat, il se doit d’être jugé pour cela. S’il s’avère que son responsable directe qu’est le président soit d’une manière ou d’une autre de connivence avec ces faits, il est certain, vu la dimension nationale et internationale qu’a pris ce dossier, que la vérité éclatera, et que l’histoire jugera les auteurs des faits, s’ils s’avèrent vérifiés et justifiés.
Pour le moment, une instruction est officiellement ouverte sur le sujet, on nous a même annoncé des enquêteurs hors pair, ceux du DRS aidés par tous les politiciens et algériens, se sentant trahis dans ce dossier.

On ne vous attend pas la dessus Mr le général, on n’attend pas un « Eliott Ness » à l’Algérienne, qui va couper certaines têtes de la pieuvre, pour que d’autre repoussent, tellement il est d’habitude dans ce pays d’entendre parler de corruption en période électorale. En France, on sort la sécurité et l’immigration à chaque campagne électorale, en Algérie, c’est la corruption qui nous est servie depuis Chadli, les 26 milliards et tutti quanti… et c'est rebelote à chaque fois. Nous attendons de vous un programme électoral détaillé, des mesures intelligibles, des priorités dans les 5 prochaines années, des promesses chiffrées, et les algériens vous diraient en 2019 si vous avez été à la hauteur. Car sur le diagnostic et les slogans politiques, votre poil à gratter a été bien plus éloquent que vous Mr le général, malgré un contexte politique bien plus délicat de l'homme du consensus, obligé d'être consensuel...

ott
22/05/2013, 12h30
Il semblerait que la rédaction de TSA, ou d'autres milieux n'aient pas apprécié cette contribution, au point de la supprimer des réactions que j'ai publié sur le site de TSA.

Drôles de méthodes, pour les chantres de la démocratie et de la liberté de la presse...

Bachi
22/05/2013, 13h27
Ott

ton dernier paragraphe est plein d'intelligence.
mais on n'est pas encore en campagne et les condamnations de la corruption, de l'incompétence et toutes autres médiocrités sont toujours bonnes. ca fait de la pression

ott
22/05/2013, 13h29
Salut Bachi, Merci.

Elle a bel et bien commencé, cette sortie en est une belle illustration...

ott
03/06/2013, 00h19
TSA - dimanche, 02 juin 2013 16:43
Entretien avec le général à la retraite Mohand-Tahar Yala : « Chaque jour qui passe nous rapproche du chaos »

Achira Mammeri


Le 20 mai, dans votre contribution publiée dans El Watan et TSA, vous vous êtes interrogé sur ce qui a pu paralyser les « personnalités patriotiques » de ce pays et la raison de leur mutisme au moment où l’Algérie « était mise à mort ». Qu’est-ce peut motiver un militaire, un général à la retraite, à briser le silence aujourd’hui ?
Ce n’est pas seulement aujourd’hui que j’ai brisé le silence, mais il y a plus de deux ans. Je me permets de vous lire quelques extraits d’une contribution que je n’avais pu faire paraître qu’après plus d’un mois d’efforts et de contacts :
« Il faut absolument que le peuple algérien s’implique et se mobilise comme il a su le faire par le passé pour sauver son pays d’un péril possible et peut-être planifié…
… Le peuple algérien dans toutes ses composantes doit se mobiliser dans un mouvement national de citoyenneté et agir de façon déterminée pour arracher pacifiquement sa souveraineté…
L’Algérie appartient à tous les Algériens ! Tous les Algériens, quelle que soit leur appartenance partisane, quels que soient leurs particularismes. C’est notre unique pays ! Nous n’en avons aucun de rechange ! Nous sommes condamnés à d’abord le sauver des périls qui le menacent et ensuite à le construire pour permettre enfin son émergence et lui donner la place qu’il mérite au plan international. »
J’ai rappelé cette difficulté que j’avais de médiatiser mes positions parce que, déjà à l’époque, elles portaient sur les vrais problèmes. D’ailleurs, jusqu’à présent, j’ai toujours des difficultés à publier mes contributions dans la presse nationale en arabe. L’appel du 17 octobre 2012 devait passer dans un titre en arabe la veille de sa diffusion par El Watan, mais il a été retiré « des rotatives » à la dernière minute, vers 22h.
D’aucuns avancent qu’il existe bel et bien une volonté délibérée de confiner les expressions médiatiques du Mouvement de citoyenneté dans des espaces francophones, pour nous taxer, bien évidemment faussement, de je ne sais quel quolibet. Le Mouvement de citoyenneté est ancré sur toute l’étendue du territoire national. Le moment venu, sa composante humaine sera communiquée et édifiera plus d'un.
Enfin, je me suis interrogé sur ce qui a pu paralyser les personnalités patriotiques, tout en comprenant que chacun a ses raisons : les échecs précédents, la méconnaissance des dossiers, l’ambiance « Titanic » généralisée, etc.
En réalité, tout cela est la conséquence du fait que nous n’avons pas un Etat fort dans le vrai sens du terme, c'est-à-dire « un pouvoir fort et responsable, avec une opposition forte et crédible et une société civile active et participative ».
Vous proposez de mettre un terme au mandat du président Abdelaziz Bouteflika. A qui cette demande est-elle adressée ?
Je n’ai en aucun cas formulé le souhait de destituer le Président au sens « putschiste » du terme. Cependant, j’ai invité les forces patriotiques et nationalistes de mon pays à s’unir avec clairvoyance et courage, à mettre un terme à la saignée économique, à la dérive politique, à la clochardisation des institutions et au démantèlement de ce qui a constitué jusqu’à présent le socle de notre défense nationale, à savoir la sécurité de toutes nos frontières. Jusqu’à quelle situation chaotique devons-nous arriver pour sortir de notre réserve de spectateur désengagé et de mettre fin à la situation de non-Etat ?
Pour ce qui est du 4e mandat, il va de soi que les arguments du Mouvement de citoyenneté, pour justifier le souhait de ne pas voir l’actuel Président le briguer, sont contenus dans son propre bilan répertorié dans les annales négatives de l’Algérie depuis l’accès à son indépendance.
Le Mouvement de citoyenneté prône une Algérie forte et s’oppose fortement à tout ce qui affaiblit notre pays.
Vous accusez le Président de « haute trahison ». Vous le citer comme responsable et complice dans les scandales de corruption qui gangrènent l’économie nationale. Certains ont conclu que nous sommes là devant un pur cas de règlement de compte personnel d’un général mis à la retraite par le président encore en fonction…
Ne pensez surtout pas que j’éprouve une quelconque animosité et qu’il s’agisse d’un règlement de compte personnel suite à ma mise à la retraite.
Toutefois, je vous remercie d’avoir posé cette question et de m’offrir par là une tribune pour couper court à toutes les supputations à caractère subjectif. J’ai effectivement été mis à la retraite en 2005, après avoir passé 37 ans dans les rangs de l’ANP et après avoir accédé à toutes les hautes fonctions et grades du commandement de notre Marine nationale.
Cette période de 37 ans est un temps largement suffisant pour laisser place à la relève. Je ne vais pas aujourd’hui, parce qu’il s’agit de ma personne, me contredire par rapport à l’Appel du 17 octobre 2012, où j’ai écrit qu’il fallait dans notre Etat de Citoyenneté consacrer l’alternance à tous les niveaux et sans exclusive parce qu'aujourd’hui, les pays les plus puissants, les plus dynamiques et les plus prospères sont ceux qui voient périodiquement renouveler leurs dirigeants dans la tranche d’âge située entre 40 et 60 ans.
Les charges et les missions exclusivement militaires qui étaient les miennes jusqu’à 2005, respect de la légalité oblige, m’interdisaient de m’immiscer dans la prospection ou la gestion des dossiers civils. C’est après ma démobilisation et l’écoulement de la période légale de réserve que je me suis attelé à entreprendre ce à quoi j’ai déjà répondu.
En somme, si aujourd’hui j’ai un conflit, c’est avec la situation chaotique dans laquelle se retrouve notre Algérie.
Au chapitre économique, l’Algérie, selon vous, n’a pas su bénéficier de l’importante manne pétrolière depuis l’arrivée du président Bouteflika au pouvoir. Mais pour certains, la crise est antérieure au régime Bouteflika ?
Bien sûr, la crise est antérieure à 1999. J’ai mentionné dans mes interventions antérieures la panne des années 80 lorsque le pays avait découvert que sa sécurité économique dépendait d’une seule ressource exportable, les hydrocarbures, dont les cours ont brutalement chuté. Cette spirale de dépendance a été combattue, certes, mais très mollement, parce que, parfois, il y avait un manque de volonté politique, parfois une mauvaise appréciation de la situation et une absence d’anticipation et souvent un manque de ressources financières.
La crise est antérieure à 1999 parce que nous n’avons fait que remplacer l’économie d’enclave de l’époque coloniale en économie de la rente. Nous avons consommé les richesses du sous-sol qui appartiennent à plusieurs générations futures sans les transformer en richesses du sol qui pourraient leur parvenir.
Cependant, après 2005, l’Algérie avait les moyens financiers pour transformer radicalement son économie, au lieu de cela, c’est ce que j’ai dénoncé et largement développé dans ma dernière contribution qui a prévalu.
Mais pour beaucoup, l’institution militaire a une part de responsabilité dans cette crise multidimensionnelle à laquelle fait face le pays. Quelle est votre lecture ?
L’institution militaire a une part de responsabilité à travers ce qui découle de son sens de responsabilité, sens hérité de notre glorieuse ALN. La clarification conceptuelle que je donne au vocable responsabilité n’induit pas à un quelconque état des lieux comptable.
Si vous vous référez à des situations qu’a connues l’Algérie à des périodes sensibles de son existence, je vous réponds d’emblée que l’ANP en tant qu’institution a assumé ses responsabilités, souvent à son corps défendant.
Quel est le profil du candidat le mieux placé pour diriger le pays en 2014, selon vous ?
Votre question me rappelle les équations à plusieurs inconnues avec des paramètres aléatoires.
S’agissant du référent temporel 2014, je me suis attelé et je persiste à dire que chaque jour qui passe nous rapproche du chaos. Si un élan patriotique incubateur d’un changement immédiat s’impose, pourquoi attendre 2014 ?
S’agissant du profil du candidat, au sens du Mouvement de citoyenneté, il revient tout naturellement au peuple algérien d’en dessiner les contours. Au-delà des limites légales (âge, nationalité…) et ce qui est universellement admis en termes de compétence, d’honnêteté et de patriotisme, seul le peuple est à même de répondre au mieux à ce qu’il considère être son intérêt, et au-delà, l’intérêt suprême de l’Algérie.

ott
03/06/2013, 00h20
Moins péromptoir et beaucoup plus prudent, pour ne pas dire fuyant...

Asnami94
03/06/2013, 07h16
Ce général à la retraite a tout à fait le droit de dire ce qui'il juge bon pour le pays.....:mrgreen:

Moi perso je l'encourage à dire plus.De même les médias doivent s'ouvrir à ce débat vital pour le présent et l'avenir du pays.
Chaque algérienne et algérien a le droit et je dirai même le devoir de s'impliquer dans cette guerre à la médiocrité, à la mauvaise gouvernance et à la corruption.
Evidement personne ne détient la science infuse et chacun est responsable de ses dires.Cependant il faut éviter de tirer sur tout contributeur et de tomber dans le jeu des criminels prédateurs qui cherchent à trouver une solution de bricolage qui leur permettrait de continuer à piller le pays....;)

Donc bravo aux courageux contributeurs et dénonciateurs de l'incurie et de l'incompétence . :D

ott
03/06/2013, 09h09
Il suffit de voir pourquoi il focalise sur sa mise en retraite en 2005, lors du tsunami, après les élections de 2004 et la défaite de Benflis, et connaitre un peu les clans qui forment cette oligarchie, sa proximoté de feu Lamari, pour comprendre ce que veut faire ce général à la retraite, comme d'autres généraux et d'autres colonels...

Etonnant de voir les plus irreductibles opposants trouver certaines vertus à certains généraux... N'est ce pas....

Pour ma part, j'ai validé à qui j'avais à faire, quand ma contribution a été censurée sur le site de TSA, en commentaire à la sortie de ce général... Ca n'a rien à voir avec la démocratie et le débat démocratique...

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