PDA

Voir la version complète : La détresse d’une Algérienne vivant en Irak


morjane
06/09/2006, 15h01
C'est une histoire émouvante d'une femme algérienne et on comprend d'autant plus son désarroi quand on découvre que son mari est handicapé et son fils est aveugle et qu'ils sont restés en Irak. Son seul désir est de voir son mari et ses deux enfants auprès d'elle en sécurité en Algérie.

===

Il est parfois des situations ou des visages desquels vous ne pouvez détourner les yeux, ne laissant pas indifférent et finissant par vous ébranler. La détresse et la souffrance qui s’en dégagent vous forcent à dresser une oreille attentive... Il en est ainsi de cette femme à l’allure imposante, la cinquantaine à peine entamée, et dont le regard et le visage renseignent sur une épreuve difficile qu’on découvre au fil de la discussion. Une femme dont l’histoire finit par vous désarçonner.

Avec l’humilité et la fierté des gens simples, elle raconte son destin qui a fait qu’il croise celui d’un coopérant irakien enseignant l’Histoire et la Géographie à El-Kala, avec lequel elle se maria en 1978 pour s’établir définitivement, depuis cette date, dans le pays du Tigre et de l’Euphrate. Deux enfants naquirent de cette union. L’un, aujourd’hui âgé de 26 ans, est non-voyant depuis la naissance. L’autre n’a que 21 ans. Il est étudiant. Quant au mari, Abou Djaâfar, en retraite, il est handicapé depuis quelques années.

L’idée de quitter l’Irak en guerre remonte à l’année 2003, date à partir de laquelle elle n’eut de cesse de multiplier les démarches en vue de fuir un pays en proie au cycle de la violence qui n’est pas près de s’estomper. Sans ressources, elle prit attache, à plusieurs reprises, avec la représentation diplomatique algérienne basée à Baghdad, notamment les deux diplomates algériens assassinés qu’elle rencontra deux jours avant leur enlèvement, puis leur exécution par un groupe armé. Elle nous parlera ensuite de son quotidien à Mossoul, un quotidien empreint d’angoisse et de psychose où tout le monde vit avec la peur au ventre, dans un climat tendu où personne ne fait plus confiance en personne. La quiétude, le confort... font partie de l’histoire ancienne et chacun se contente du strict minimum pour assurer un semblant de survie dans un pays où tout est en sursis. Pour prolonger la validité de son passeport, elle dut vendre ses boucles d’oreilles pour payer les frais, nous dit-elle. Les rafles et les perquisitions, de jour comme de nuit, sont monnaie courante. Et toujours les sempiternelles questions: «Y a-t-il des armes dans la maison ?», «Y-a-t-il d’autres personnes qui vivent avec vous ?». C’est la mort dans l’âme qu’elle a dû décrocher les photos de ses parents et neveux vivant en Algérie. Son périple a été long et périlleux pour quitter Mossoul et rejoindre Baghdad par route, et rallier enfin l’aéroport de Damas. Au chauffeur de taxi qui l’interrogeait sur son identité, elle disait: «Je suis Irakienne». Mais à un barrage, un soldat américain, intrigué par son accent français, lui dit: «Vous n’êtes pas Irakienne !». «En effet, je suis d’origine algérienne», lui répondit-elle. Heureusement, il la laissa passer.

Arrivée depuis deux semaines en Algérie, l’infortunée n’a pas cessé de multiplier les démarches en vue d’obtenir une hypothétique aide pour acheter des billets d’avion à ses enfants et son mari qu’elle veut faire rentrer au pays. A cet effet, dit-elle, elle a pris contact avec le chef de cabinet du wali.

Le maire d’El-Kala, qui lui accorda une entrevue, nous a fait savoir que la dame est native d’El-Kala et si sa petite famille était avec elle, il aurait trouvé quelque chose. Ceci dit, le maire a pris attache avec le chef de daïra d’El-Kala pour exposer son cas. Enfin prise en charge par un parent à El-Kala, et sans ressources, la dame veut juste trouver le prix du voyage, qui est de 60.000 dinars pour chaque membre de sa famille laissée en Irak. Elle craint beaucoup pour ses enfants qu’elle veut coûte que coûte extirper de l’enfer qu’ils endurent depuis le début de la guerre en Irak.

Par le Quotidien d'Oran

Cookies