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ott
07/10/2013, 07h18
ALLIANCE FFS-PARTIS DU POUVOIR: pour la démocratie ? Autant croire au père Noël!


Algérie Express le dimanche 6 octobre 2013 18:44
Écrit par HASSAN TALBI


La présente chronique s’inscrit dans la suite de la précédente. Elle sera donc consacrée au rapprochement entre le FFS et le pouvoir. L’agitation qui a gagné le FFS ces derniers jours continue et ledit rapprochement s’apparente désormais à un début de concrétisation d’une œuvre commune. Cela mérite donc qu’on en reparle. Quitte à se voir accusé de se livrer à une opération-matraquage.

De semaine en semaine, voire de jour en jour, les responsables du FFS, bien que manifestement gênés de devoir assumer leurs nouvelles alliances peu recommandables pour qui se réclame de la démocratie, dévoilent leurs cartes, mettant progressivement à nu le chantier dans lequel le parti est engagé depuis des mois. Signe probant de cet engagement, aucun de ces responsables n’a osé opposer un démenti aux articles de presse faisant état de cette nouvelle lune de miel entre Bouteflika et le FFS. Il faut dire qu’après la publication de la lettre d’Amar Saadani à Hocine Aït Ahmed, un tel exercice n’aurait pas été aisé. Et puis comment auraient-ils pu s’avancer sur un sujet dont seul le zaïm connait les tenants et les aboutissants ? Le nouveau chef du FLN ne le sait que trop bien, lui qui a envoyé sa missive non pas au Premier secrétaire du FFS comme l’auraient voulu l’usage et les convenances, mais au « grand frère » qui n’est plus, pourtant, que président d’honneur du FFS.

Mais ce qui vaut pour le FLN vaut pour le FFS et Saïdani est bien placé pour le savoir mieux que quiconque: chez l’un comme chez l’autre, ce sont les présidents d’honneur qui détiennent le pouvoir, tout le pouvoir. Bouteflika, d’un côté et Aït Ahmed, de l’autre. Ce sont eux qui ont désigné ce qui tient lieu de structures dirigeantes pour les deux partis, selon un mode opératoire semblable. Il est vrai qu’au FFS, on a pensé à sauver les formes en tenant un congrès de…forme. Autant s’adresser donc à Dieu qu’à ses Saints et c’est ce qu’a fait Saïdani.

Pour les responsables du FFS, il ne reste plus qu’à « gérer l’embarras » né de cette connivence désormais avérée entre l’autocrate Bouteflika aux prétentions monarchistes et le « vieil opposant démocrate », Aït Ahmed. La gestion de l’embarras, c’est à cette seule mission que s’essaient présentement les Betatache et autre Mohand-Amokrane Cherifi. Et elle n’est pas aisée, non plus.

Ce samedi 5 octobre, le Premier secrétaire du FFS a donc fait mine de hausser le ton, histoire de se mettre en mode opposition, en mettant en avant une « exigence » de son parti : la réhabilitation des anciens militants du parti, arrêtés en 1963 puis libérés en 1965. ''Il faut leur reconnaitre un statut de militants de la démocratie'', a-t-il soutenu. Mais, craignant sans doute d’avoir trop forcé sur la dose et de mettre en péril le rapprochement engagé, il se rattrape vite en soulignant que cette revendication s’inscrit dans un « processus global de réconciliation nationale». Tout le monde est content. Et lorsqu’il rappelle « l’engagement du parti en faveur de la construction d’un Etat démocratique » et son attachement à « l’option d’un changement pacifique », il ne manque pas de préciser qu’il s’agit d’« épargner au pays les épreuves nées du printemps arabe».Première observation: la « revendication » du FFS n’a rien de structurant et n’engage à rien. Le pouvoir ne verrait donc aucun inconvénient à la satisfaire. Seconde observation : chacune des phrases de M. Betatache exprime un vœu pieux et vieux du FFS et un souhait vrai et nouveau du pouvoir en place. Facile, dès lors, de deviner qui, au bout, sortira politiquement gagnant de ce deal.

Si l’alliance en gestation entre les partis du pouvoir et le FFS pouvait avoir quelque chance d’engager un changement pacifique ou une transition vers un Etat démocratique, pourquoi le sieur Betatache et consorts prennent-ils autant de précautions dans leurs discours ?

Aidez-nous donc à vous croire, messieurs du FFS. Nous aider à vous croire, c’est répondre à quelques questions simples. Et d’abord à celle-ci : Comment s’allier à un FLN dont un Belayat avoue qu’il est envahi et soumis par l’argent sale et dont la moitié des députés ont monnayé leur siège à coups de millions de dinars et continuer à prétendre se battre pour la démocratie ? Il y aurait là de quoi regretter Sant’Egidio. Après tout, traiter avec un Mehri vaut infiniment mieux que faire équipe avec Saïdani, entouré de Ghoul et de Benyounes. Sans compter que dans la nouvelle alliance, il faut compter aussi le RND, ce pur produit de la contrefaçon politique.

A supposer que « le plus vieux parti d’opposition » en Algérie a été créé pour mener le combat de la démocratie et qu’il est encore mu par le même idéal, quel serait exactement l’apport du FLN-Saïdani, du RND, du TAJ et du MPA à un tel combat ? Qui plus est, sous les auspices de celui qui a réinventé la présidence à vie, la fermeture des champs politique et médiatique, la soumission de la Justice, l’exclusion sociale, le régionalisme assumé, la répression des libertés, et sous le règne duquel la corruption et l’impunité connaissent leur apogée !

Nul doute que les responsables du FFS n’ont pas de réponse à ces questions pourtant simples. C’est bien pour cela qu’ils abordent volontiers les questions marginales, superficielles ou symboliques, genre réhabilitation des anciens du parti et jamais les sujets de fond, les sujets qui fâchent, comme on dit. Ils ne sauront donc pas nous aider à les croire. Et nous ne croirons pas au père Noël. Du moins pas avant de l’avoir vu, en chair et en os. Pis, ces questions simples, M. Betatache et consorts ne se les posent pas. Pas plus qu’Aït Ahmed lui-même. C’est que le but du deal est ailleurs. Quand le successeur intronisé de Tabou affirme qu’il s’agit d’« épargner au pays les épreuves nées du printemps arabe», cela vaut une assurance-vie pour le pouvoir. Pour celui-ci, c’est du pain béni car cela revient exactement à le mettre à l’abri d’une révolte populaire dont il risquerait de faire les frais. Et, de fait, comme par hasard, le FFS prend désormais une part active, à coups de conférences à l’occasion de son cinquantenaire, à la diabolisation des révoltes qui ont fait tomber les Ben Ali et autre Moubarak.

Mais, comme le changement s’impose en Algérie, le FFS et les partis du pouvoir vont collaborer à concocter un scénario qui puisse faire illusion et faire office de printemps de l’Algérie. Et, à l’évidence, cela vaudra aussi assurance-vie pour le FFS. C’est seulement dans un tel chantier que chaque membre de l’attelage FFS-FLN-RND auquel se joindra sans doute le PT pourra assurer une contribution, le TAJ et le MPA pouvant alors être réduits à un rôle de figurants, juste bons pour étoffer l’arithmétique des sigles.

On le voit, la nouvelle alliance n’est pas outillée politiquement pour conduire le pays sur la voie de la démocratie. Elle est par contre culturellement et moralement capable de réaliser une restructuration pacifique du système au nom d’un « consensus national ». Sauf à croire au père Noël, c’est à cela que se résume le deal.

Hassan Talbi

ott
07/10/2013, 07h52
Il est surprenant d'entendre des démocrates auto proclamés disserter sur des faits politiques par supputation et théories fumeuses. Rien de nouveau à l’horizon, cette démarche est presque une marque de fabrique.

Ces démocrates auto proclamés enfermés dans des entrailles régionalistes qui fait parti de leur ADN politique, n'ont compris dans la démocratie et la politique que le discours retors et creux de celui qui se donne la posture de l'opposant tout en se concertant avec le tout puissant chef de la police politique sur les sujets chauds de l'actualité politique, comme l'avait rapporté Wikileaks, ce qui a poussé son président à une courte retraite qui n'a duré qu'un an et demi avant qu'il ne revienne sur la scène pour casser du FFS.

La politique et la démocratie se joue avec les forces politiques représentatives de ce pays. Difficile à concevoir pour celui qui s'est trompé de peuple, que le déficit de représentativité, issu d'un déficit de démocratie, ne pourra se résolvez avec le théâtre ambulant et ouvert du samedi, qui a valu à son leader le nom de chabat, mais avec d'abord un processus d'élections nationales et régionales transparent et incontestable, qui puisse donner à chaque force politique son véritable poids, qui contrairement à ce que pense le psy du samedi, ne se mesure pas à la virulence des propos, à l'outrance des analyses, et à la stérilité de son opposition, mais plutôt comme il se pratique partout dans les pays démocratiques, par la mesure des urnes.

Une fois ces mesures, loin des troublions politiques, des opérations de lynchage médiatiques, des opérations de redressement, il s'agira de fonder des alliances politiques pour mener à bien des réformes de tout ordre nécessaires à ce pays.

Cette manière pour les supports de la démocratie des salons de mettre la charrue avant les bœufs, de rêver d'un père noël issu de références culturelles et politiques externes aux fondements du FFS, est assez significative du ghetto politique dans lequel ceux qui se sont trompés de peuple se sont enfermés, et qui nous chantent à longueur de journée leur opposition "radicale" à tout et n'importe quoi sans aucune perspective politique, sauf à consolider un système aveuglés par leur ambition démesurée qui a aboutit à l'affaiblissant de l'opposition, exercice qu'ils continuent de pratiquer avec brio. La politique de salon se limite pour eux à des communiqués, dont celui là, qui excelle dans les supputations, et les interprétations tendancieuses, qui m'amènent, sympathisant du FFS et soutien à Hamrouche pour les élections d'avril 2014 à réagir.

Les échéances électorales avenirs sont connus de tous, le système institutionnel issu d'une constitution aux pouvoirs déséquilibrés aussi. A chacun de résoudre certaines équations pour faire avancer ce pays vers une nouvelle ère qui permettra de trouver un apaisement politique, et une cohésion nécessaire à tout projet économique et social, le véritable enjeux d'avenir. La politique n'étant qu'un moyen de parvenir à cette cohésion dans le bien d'une construction nationale éclairée et consensuelle.

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