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Voir la version complète : Grève mardi des cliniques privées pour protester contre un plan d'économies


mohoo
18/09/2006, 21h23
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PARIS (AFP) - La Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) appelle mardi les 1.260 cliniques privées à une grève des soins, pour dénoncer la décision du gouvernement de baisser les tarifs qui leur sont remboursés par la Sécurité sociale afin de contenir le déficit de l'assurance maladie.

"90% des cliniques" de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), de soins de suite et les établissements psychiatriques "sont prêts à suivre le mouvement, notamment en Champagne-Ardennes, Lorraine, Languedoc-Roussillon et Nord-Pas-de-Calais", a affirmé lundi à l'AFP la FHP, qui représente la quasi-totalité du secteur.

La grève se traduira par un arrêt des activités, "hormis tout ce qui est vital", selon son président, Ken Danis.

A peine lancé, ce mouvement est toutefois déjà controversé.

La grève avait été annoncée le 7 septembre, au lendemain de l'annonce par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, d'un plan global de 350 millions d'économies pour la fin de l'année afin de réduire le déficit de l'assurance maladie, estimé à 6,3 mds d'EUR fin 2006.

L'effort demandé aux cliniques privées est de 60 millions d'euros. Il prévoit la baisse (sur les trois derniers mois de l'année) de près de trois points des tarifs des actes directement remboursés par la Sécurité sociale aux cliniques. La baisse de tarifs ne concerne pas les patients.

Au 1er janvier 2007, les tarifs reviendront à leur niveau actuel, a promis M. Bertrand.

Pour justifier sa décision, le ministre a indiqué que l'assurance maladie avait constaté dans ces établissements privés au cours des premiers mois de 2006 "un dépassement de 300 M d'EUR" par rapport aux objectifs de dépenses fixés par la loi de financement de la sécurité sociale.

Le 31 mai, le Comité d'alerte sur l'évolution des dépenses maladie, chargé de prévenir les pouvoirs publics dès que les dépenses dérapent, avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur les dépenses des cliniques.

Le président de la FHP estime que le gouvernement a pris cette décision sans concertation avec le secteur et sur la foi de "chiffres faux (...) qui ne sont que des extrapolations à partir de l'activité des quatre premiers mois de l'année".

Le Syndicat des cliniques spécialisées (SCS, minoritaire) appelle lui aussi à une journée de mobilisation, mais sans arrêt de l'activité.

La Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente les hôpitaux publics, a jugé les efforts financiers demandés aux cliniques "anormalement faibles" comparés à ceux imposés aux hôpitaux, touchés par le plan d'économies à hauteur de 115 M d'EUR.

"La place du secteur privé dans le système de soins français ne l'autorise pas à exercer aujourd'hui un chantage sur le gouvernement pour refuser les restrictions envisagées", a pour sa part affirmé la fédération Santé de la CGT.

"Le secteur privé de la santé est aujourd'hui tenu en partie par des groupes financiers côtés en bourse pour qui la santé n'a qu'une valeur marchande", a-t-elle ajouté.

FO et le syndicat des cadres CFDT ont aussi regretté que "l'hôpital public doive produire des efforts pour compenser un dépassement dû au secteur privé".

Le dernier mouvement de grève des cliniques privées remonte à 2001.

Les chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes exerçant en cliniques privées avaient déjà fait grève cet été pour dénoncer leurs primes d'assurance élevées. Ils ont aussi appelé en septembre la profession à des dépassements d'honoraires sauvages.